[review] Avant House of X, X-Men n°1 à 7

La reprise en main des X-Men par Jonathan Hickman arrive bientôt en France et ComicsHaveThePower vous aide à faire le point sur les mutants à travers trois chroniques sur les séries récentes sorties en France. Que s’est-il passé chez les X-Men ?

Un résumé pour la route

XMen_1Ces revues X-Men publiées par Panini comics entre février et août 2019 rassemblent les numéros 1 à 11 d’X-Men Red sortis entre avril 2018 et février 2019 aux États-Unis chez Marvel. L’ensemble de la série est scénarisé par Tom Taylor (All-New Wolverine, DCeased), les dessins sont de Mahmud Asrar (The Unworty Thor and The Mighty Thor, Supergirl) puis Carmen Carnero (Batman, Shadowman), Rogê Antônio (Batman, Nightwing). L’Annual est dessiné par Pascal Alixe (1602, La résurrection du Phénix).

On trouve aussi les numéros 26 d’avril 2018 à 36 de septembre 2019 d’X-Men Gold. Ils sont scénarisés par Mark Guggenheim (The Flash, Société de Justice d’Amérique) ainsi que quelques pages par Chris Claremont (New Mutants, Iron Fist) dans X-Men Wedding Spécial 1 de juillet 2018. Les dessinateurs sont très nombreux : Michele Bandini (Secret Empire, Spider-Man), David Marquez (Secret Empire, Ultimate Spider-Man), Geraldo Borges (Aquaman, Green Lantern), Pere Pérez (Archer et Armstrong, Malicia et Gambit), Simone Buonfantino (Captain Marvel) et Giovanni Valletta. L’Annual 1 de mars 2018 est écrit par Monty Nero et dessiné par Djibril Morissette-Phan. Dans X-Men Holiday Spécial en février 2019, Chris Claremont écrit une histoire. Enfin, les X-Men Blue 26 de juin 2018 à 36 à novembre 2018 sont écrits par Cullen Bunn (Bone Parish, Avengers). Les dessinateurs sont R.B. Silva, Marcus To (Nightwing, Red Robin), Nathan Stockman (Ghost rider cosmique, Iceman), Jorge Molina (A-Force, Spider-geddon), Andres Genolet.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

X-Men Red, le retour de qui vous savez…

XMen_2

Les X-Men Red sont l’équipe la plus récente qui se forme autour de Jean Grey, chouchou du site. Le lancement de la série m’a rappelé Dieu crée l’homme détruit : une jeune fille endormie est poursuivie par un groupe armé. Mais Tom Taylor pousse la situation au maximum quand la mère de la mutante choisit de lui tirer dessus. Ensuite, dans une série de flashback, on comprend le lien avec cette nouvelle équipe. Red est la série la plus idéaliste des X-Men. Revenue de la mort, Jean trouve le monde plus divisé que jamais et se donne la mission de le guérir. Pour cela, elle emprunte de leur plein gré l’esprit des plus grands penseurs. J’ai trouvé cet emprunt psychique assez douteux : pourquoi ne pas rassembler ces personnes et les faire librement travailler ensemble ? Jean Grey fait un discours émouvant devant l’O.N.U. pour exposer son projet. Elle demande à être reconnue comme une nation avec le soutien d’Atlantis et du Wakanda. Cassandra Nova, la jumelle de Xavier, gâche tout en faisant exploser la tête d’une opposante au projet. Ce personnage est complexe par son origine comme le montrent les images fortes de Xavier tentant de l’étrangler in utero car elle est une mummudrai, une puissante entité parasite alien. Son objectif est de discréditer les mutants par un virus informatique, les sentinites qui met en avant les articles anti-mutants et offre à chaque lecteur une décharge de dopamine. Le scénariste réussit à en faire un ennemi redoutable, le plus dangereux de toutes les séries. Elle s’infiltre aussi dans les milieux politiques en utilisant son invention car les sentinites permettent aux leaders de se débarrasser des mutants de leur entourage. J’ai été surpris de retrouve les mêmes typologies que dans Camelot 3000 pourtant bien plus ancien : une femme présidente en Asie et un général dictateur en Afrique.

Tom Taylor fait de Jean Grey un personnage déterminant pour l’avenir des mutants. Elle fait la paix avec les Inhumains en discutant avec Flèche noire et utilise la compassion pour éviter un massacre car elle relie l’esprit des soldats aux mutants apeurés. Le dialogue apporte la conciliation : « nous allons faire de la vérité une arme. » Jean fait passer la vérité non par la pensée mais par tous les appareils numériques. Son empathie est une force, non une faiblesse. Devenu un personnage public, Jean Grey subit des fake news créés par Cassandra. Jean se révèle une brillante stratège en trompant Cassandra. Seule, la jumelle de Xavier est moins forte que les X-Men qui agissent en équipe. Elle veut aussi la contrer politiquement : ce n’est pas une lutte entre humains et mutants car les X-Men sont soutenus par une nation, Atlantis, et les Avengers. Pour Taylor, le Phénix n’a pas accru son pouvoir mais il le bridait pour mieux la contrôler. Cependant, cela ne correspond pas à la continuité car en théorie elle n’a jamais été le Phénix. Grey va parfois trop loin : elle utilise Gaby qui ne ressent pas la douleur. Son cerveau peut se détruire et se régénérer sans perturbation pour ses coéquipiers. Mais j’ai été dérangé car Gabriel est une enfant.

Jean crée une équipe pour l’aider à réaliser son utopie – elle a, par exemple, besoin de Namor pour accéder à l’O.N.U. La composition de l’équipe est assez étrange avec la nouvelle Wolverine (dont Taylor écrivait la série) et sa sœur Gabriel, Diablo, Namor et deux nouveaux personnages intéressants : Doux et Trinary. Plus Doux grandit et plus il souffre. Cette difficulté vient de son enfance. Il est mutant et le fils bâtard d’un père étranger, deux raisons d’être rejeté pour sa mère. Elle lui interdit de montrer ses pouvoirs même pour la protéger des violences de son mari. Trinary est une technopathe indienne qui agit pour la justice sociale. Face aux inégalités de salaire dans son pays, elle a reversé 25% de salaires aux femmes, somme prélevée sur les plus riches. Taylor sort ainsi des stéréotypes sur l’Inde. Depuis l’apparition de son pouvoir, Trinary est connectée au réseau mondial. Elle a absorbé tous les messages négatifs pour se protéger. Avec cette équipe réduite, Taylor restreint les personnages mais agrandit les adversaires et l’enjeu. Au milieu de la série, des grosses pointures arrivent dans l’équipe :  Gambit après avoir échoué à sauver une mutante en Louisiane, Tornade droguée par Cassandra qui s’oppose à l’équipe de Jean.

Taylor reprend des techniques de Claremont comme ce polémiste raciste à la télévision. Il propose des tests in utero pour vérifier si le fœtus est mutant. Le débat avec une journaliste progressiste montre la montée des tensions entre humains et mutants suite à l’incident à l’ONU. Plus loin, la copresentatrice remet vertement à sa place son collègue et fait ce qu’on a toujours rêvé de faire. On retrouve le thème classique des X-Men : la lutte contre la haine. Des indices me laissent penser que Tom Taylor s’attaque en particulier à l’homophobie. Dans l’Annual, un anti-mutant a honte de ce qu’il est. Il se hait lui-même et donc les autres. Dans l’épisode cinq, une loi en Pologne interdit les mutants. Hélas, dans le monde réel, des lois contre la propagande gay existent dans ce pays. Le scénariste montre ici sa connaissance de l’UE car un texte sur la télé explique que l’Europe est divisée sur la réponse. Mais lorsque la police attaque sur les côtés des mutants qui fuient, ces exclus sont des migrants. Red est la série la plus connectée au monde contemporain. Pour innocenter Jean, Trinary utilise un serveur russe qui espionnait la ministre britannique. Cassandra infiltre la psyché des Terriens par des messages haineux diffusés par des sentinites sur les réseaux sociaux. Ce virus est une dénonciation des réseaux sociaux qui rendent addict et donnent un plaisir immédiat et factice. C’est Trinary qui trouve la solution. Elle décharge toute la haine d’internet quelle que soit la cause (misogynie, racisme, jalousie, homophobie…) pour saturer les sentinites. Le grandiose combat final est retransmis en direct par Cassandra. Grey utilise les sentinites dans le corps de Cassandra pour lui apprendre l’empathie puis termine la série par un vibrant discours d’unité à l’ONU.

J’ai eu un peu de mal au début avec la forme un peu carrée des visages par Mahmud Asrar mais je m’y suis habitué grâce à un style épuré très impressionniste et une mise en page juste et variée. J’ai apprécié sa très belle case de Namor sur son trône et la double page avec Jean Grey qui fouille l’esprit du chef d’une brigade anti-mutante. Son trait épuré contraste avec un encrage très présent. J’ai été content de voir enfin un dessin original. J’ai aussi adoré les couvertures de Travis Charest découvert dans WildCATS. Carmen Carnero puis Rogê Antônio le remplacent sur certains épisodes. J’ai trouvé leur style plus brut et banal. Dans l’Annual, le dessin de Pascal Alixe se veut très réaliste mais les corps et les visages sont laids et les corps déformés.

Des X-Men Gold, classiques sauvés par les personnages

XMen_3

Mark Guggenheim poursuit son récit en faisant coïncider la chasse des X-Men contre Mesmero et la préparation du mariage de Kitty et Peter. Mesmero travaille pour Lydia Nance, une activiste humaine anti-mutante. Cette dernière a réuni un think tank de riches milliardaires qui lui a apporté des milliards pour construire une base en Terre sauvage. On voit ainsi le racisme des élites mais aussi leurs intérêts de classe : elle travaille avec une intelligence artificielle et ils veulent en profiter. Lors de l’enterrement de vie de garçon, Colossus est enlevé par une sentinelle en nanotechnologie découverte dans les épisodes précédents. La trame générale est identique à la série X-Men Red. Une Anti-mutante crée un virus technologique pour cibler les mutants. Ici, Nance utilise le sang de Peter qui a des résidus de Legacy. L’ennemie est si arrogante qu’elle déblatère comme dans Totaly Spies. Bien entendu, les X-Men sauvent Colossus dans une fin pleine d’action mais sans originalité. On suit aussi une trame dans le futur avec un monde ravagé. Le futur de Days of Future Past a été adapté aux évolutions des séries avec la présence des Jeunes X-Men, Diablo en couple avec Rachel. Je trouve cependant qu’en raison d’un mauvais rythme, le cliffhanger est raté. Un dernier épisode clôt tout l’arc : une médecin présente dans la foule haineuse contre Kitty au premier épisode choisit désormais d’opérer un mutant très dangereux.

Cependant, comme je l’ai déjà dit dans un article précédent c’est plus une série centrée sur les personnages que sur des thèmes. Plus encore que Tom Taylor, Mark Guggenheim joue avec le passé des mutants, ce que montre la dédicace de la série à Chris Claremont. Il est très doué avec la continuité ce qui plaît au fan mais hélas ce run n’apporte rien de marquant comme le montre l’exemple de Tornade. J’aime bien son look en déesse asgardienne du tonnerre. Le marteau Stormcatcher de Tornade a été appelé par la prêtresse de son village africain pour venir les sauver du néfaste dieu Uovu. L’objet magique rejoint Tornade et l’aide à sortir de prison. Tornade apprend la situation dans son village par l’ambassade du Wakanda car elle a été mariée à Black Panther. Dans un récit sur l’Afrique avec un village de cases, Tornade lutte contre un faux dieu qui tient son pouvoir de ses fidèles. Uovu peut faire revenir les morts dont le parents d’Ororo. C’est agréable mais Tom Taylor a su donner une image plus moderne de l’étranger. Stormcatcher tombe en poussière une fois tout son pouvoir utilisé contre Uovu et sa mission remplie. Tornade retourne hélas au point de départ. Des points communs entre les personnages apparaissent : Tornade et Rachel ont des pouvoirs amplifiés mais alors que Tornade veut s’en débarrasser, Rachel, Prestige, est dans le déni. Rachel Summers, manipulée par Mesmero, croit être dans le futur et blesse toute l’équipe mais Cyclope, son père ici ado, l’aide à reprendre contrôle. J’aime bien ce personnage mais, manipulé par Mesmero dans Gold puis Cassandra dans Red, il y a un manque d’originalité surtout que ces traumatismes ne changent rien pour elle. En couple avec Diablo, elle préfère rompre car elle a besoin d’espace pour elle. On a vu plus original.

Il y a cependant trop de personnages et donc certains font figuration. Fleur bleu, j’aime les épisodes sur le mariage. Dans X-Men Wedding Spécial, Kitty se fait maquiller par les trois femmes qui l’ont élevée. Sa mère, Stevie Hunter la prof de danse et Tornade.  L’épisode X-Men Gold 28 fait culminer une intrigue vieille de plusieurs numéros même si le final m’a déçu. Kitty renonce au mariage car son passé tourmenté avec Peter est une mauvaise fondation. Je trouve que ce choix idiot conforte une vision romantique d’un seul amour. Selon moi, seul le temps prouve la force de l’amour. De plus, Kitty n’est censée épouser qu’un homme. Je trouve cela dépassé. Kitty affirme même après le mariage qu’elle tient à Peter mais alors pourquoi s’être forcée à se marier ? Cependant, ce refus est visuellement très bien fait. Lorsque Colossus doit passer l’anneau au doigt de Kitty, elle phase et l’anneau traverse la main dans un bel effet de peinture. Heureusement le mariage de Malicia et Gambit sauve un peu l’épisode et montre que le passé et les difficultés ne sont pas un problème. Le mariage est le début d’une histoire. Hélas Colossus est tout de même largué et mon petit cœur de fan saigne.

Le scénariste se veut moderne mais se rate souvent. Par exemple, Iceberg a un coup d’un soir avec Pyro. Cela montre une vision libre de la sexualité mais quand ils sortent de la chambre, le dessin de Pere Pérez montre deux clones comme si les gays cherchaient forcément leur double. Le grand souci de cette série est le dessin. Non seulement les dessinateurs changent quasiment à chaque numéro mais ils manquent d’originalité. L’Annual est assez touchant par une parabole du lecteur qui apprend le courage et la tolérance par les comics.

X-Men Blue, quel est le but ?

XMen_4

Dans les épisodes précédents, les premiers X-Men et Venom ont fait équipe pour lutter contre des symbiotes sur leur planète d’origine. Ils ont été coincés dans l’espace lors du voyage retour sur terre. L’ambiance est encore plus pesante car Jean Grey est morte. Pendant ce temps, sur Terre, le virus mothervine a été créé par un nouveau Club des Damnés. Il provoque l’apparition de mutants ou des mutations secondaires chez les mutants existants mais ces nouveaux pouvoirs sont instables. Miss Sinistre a inclus un élément dans le virus qui lui permet de contrôler ces nouveaux mutants. Cullen Bunn vise très large avec une attaque virale mondiale qui serait adaptée pour un crossover de plusieurs séries et donc sur un grand nombre de pages mais l’histoire devient trop resserrée sur une seule série.

Magneto rassemble alors une nouvelle équipe autour de sa fille Lorna, Dakken, Jimmy Hudson le fils de Wolverine et d’Heather Hudson dans Ultimate, une Tornade vampire d’une autre dimension, des mutants de Madripoor et Xorn. A mes yeux, mis à part Lorna, on peut difficilement faire moins intéressant. Les ennemis du Club des damnés ne sont pas plus intéressants : la Reine blanche, Miss Sinistre de l’univers Ultimate, Havok et Bastion. On ne croit pas une seconde à cette alliance. La Reine blanche y est la voix de la raison. Emma se révolte et libère Jimmy et Tornade. Quand on sait qu’elle est en partie responsable de la mort de Cyclope, on croit rêver – même Miss Sinistre s’en moque ! Ces membres sont aidés par des seconds couteaux du Front de libération mutant et des maraudeurs de l’univers Ultimate. Le retour au statu quo d’Havok est artificiel. Emma le guérit de son inversion mentale puis Polaris fait soigner son visage par Elixir.

Jimmy Hudson a été contaminé par un symbiote mais, contrôlant mal sa transformation, sa violence incontrôlable est présentée sans originalité comme une addiction. Daken arrive pour le tuer au nom de Magnéto. Jimmy part avec l’assentiment de Jean pour régler seul ses problèmes. Le scénariste ne résout rien. C’est la série qui brasse le plus de personnages – Exodus et Elixir aident à guérir les humains de Mothervine – mais Magnéto est au centre. Contraint de tuer des mutants manipulés par les maraudeurs, il en reste choqué et s’enfuit dans le futur. En touchant l’esprit de Magnus, Jean plus âgée revit son traumatisme : tout vient de la Shoah qu’il continue chaque jour à revivre. La vraie nature mauvaise de Magnéto revient toujours selon son moi enfant et sa rédemption est impossible. Pourtant, dans ce futur, il a tué tous les mutants infectés par le virus Reaver qui, alimenté par la haine, transforme les mutants en Cyborg. Des mutants le voient comme un sauveur et un messie. Ils sont marqués d’un M sur l’œil comme les déportés et disent amen à chaque parole de Magnus. On sent le crossover arriver car on retrouve dans Gold et Blue la même structure de fin d’épisode. Revenu dans le présent et dans le camp du mal, Magneto détruit le centre de recherche qui a créé ce virus pour empêcher ce futur d’advenir. Puis, pour se venger des organisateurs du Mothervine, il a pris de l’hormone de croissance mutante. Il redevient violent en faisant exploser leur manoir du Club des Damnés. Il rassemble tous les nouveaux mutants sur l’astéroïde M et ses différents coéquipiers depuis ses débuts pour créer sa nouvelle confrérie :  Crapaud, Exodus, Marrow, Amelia Voght, Elixir.

Les jeunes X-Men sont l’autre pôle de la série. Ils parlent de plus en plus du retour. Dans l’épisode 35, par une construction assez originale, chacun des jeunes X-Men discute avec son moi du futur et parle du retour. Pour Jean Grey cela signifie faire disparaître la personne qu’ils sont devenus. On voit en parallèle une page sur les conséquences catastrophiques dans leur futur. Le dernier épisode est un bilan qui revient sur tous les arcs. On revient au point de départ quand Jean et Scott se remettent ensemble.

Sans être renversants, les artistes de cette série sont très agréables. Le dessin de R.B. Silva a des formes précises. Marcus To réalise des visages bien faits et variés – la jeunesse des premiers X-Men et Magnéto plus âgé – et des proportions irréprochables. La mise en page est variée mais encore une fois sans originalité. Jorge Molina est un dessinateur nettement meilleur avec un cadrage plus original. Sa ligne est précise et réaliste pour les visages. Son jeu sur les lumières sont bien plus intéressants. Molina n’hésite pas à montrer des images plus crues du Club des damnés avec des femmes presque nues dans des cages suspendues en l’air.

Alors, convaincus ?

Bien entendu avec une revue compilant plusieurs séries, tout n’est pas du même niveau. X-Men Red est une série engagée, positive et drôle. Tom Taylor sait écrire par épisode avec un début et une fin prenante : lorsque Jean doit combattre sa fille à Genosha, c’est bien plus impressionnant et haletant que dans Gold. Cette série en phase avec le monde avec des thèmes très actuels.

X-Men Gold est une série très fidèle à l’esprit de Claremont par son intérêt pour les personnages et la continuité. Malheureusement, les enjeux sont très faibles et je me suis souvent ennuyé. La valse des dessinateurs n’aide pas à s’attacher à la série.

X-Men Blue est sans doute la moins bonne des séries. Malgré des dessins agréables, je ne vois toujours pas l’intérêt des jeunes X-Men ou des ennemis.

Des thèmes parcourent les différentes séries – des complots dans les médias – comme s’ils résonnaient avec le monde contemporain. Dans les trois séries, un virus est la principale menace. Il est informatique dans Red et Gold et génétique dans Blue. On voit les sentinelles arriver que l’on retrouve dans Astonishing et l’ennemi principal de Red et Gold est un télépathe. Cependant, il manque aussi un projet global entre les séries qui ne serait pas juste un épisodique crossover. Certes, une trame autour d’un futur menaçant et du retour des premiers X-Men s’affirmera dans les numéros suivants, mais j’ai perçu un manque de cohérence éditoriale : dans X-Men Gold, Tornade est présentée comme une autre Thor mais elle ne l’est plus dans Red. Diablo est sérieux chez Jean Grey alors qu’il reste le farfadet qui déride les autres avec Kitty. C’est aussi le problème de Panini qui n’a pas coordonné les séries – Gold a plusieurs mois de retard. Alors qu’avec Claremont l’univers mutant s’enrichissait par la présence de plusieurs séries, ici il se copie et s’appauvrit.

Thomas Savidan

7 commentaires Ajoutez le vôtre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s