[review] Avant House of X, X-Men Extra n°1 à 5

Alors que la relance très attendue des mutants par Jonathan Hickman arrive bientôt en France, ComicsHaveThePower fait le point sur les changements récents de X-Men. Après un article sur les débuts de la revue X-Men puis sur sa fin, le dernier épisode traitera d’X-Men Extra.

Un résumé pour la route

XX_Men_Xtra_1Ces revues sont éditées en France par Panini comics entre mars et septembre 2019. Elles collectent les séries Astonishing X-Men 13 à 17, l’Annual 1 de septembre à novembre 2018 écrite par Matthew Rosenberg (The Punisher, La résurrection du Phénix), dessinée par Greg Land (Sojourn, Birds of Prey) Neil Edwards et Travel Foreman (Iron Fist, Animal Man). On trouve aussi Weapon X 20 à 24 de septembre 2018 à janvier 2019 scénarisé par Greg Pak (Mech Academy, Hercules) et Fred van Lente (Archer et Armstrong, Hercules), dessiné par Ricardo López Ortiz (Wolf, Hit-Girl), Yildiray Cinar (Captain America : Steve Rogers, Superman) et Luca Pizzari (Black Knight, Sons of Anarchy). Jean Grey 11 de mars 2018 est écrit par Dennis Hopeless (WWE, Cable & X-Force), dessiné par Victor Ibáñez (Storm, Extraordinary X-Men) et Alberto Alburquerque (Letter 44). Old Man Logan 36 à 42 de mai à novembre 2018 est écrit par Ed Brisson (Extermination, Prophet) et dessiné par Dalibor Talajić (Red Wolf, Dexter) puis Ibraim Roberson (New Mutants, Weapon X) et Francesco Manna. Elles ont été publiées en France entre mars et septembre 2019.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Jean Grey, un petit tour et puis s’en va

Dans ce dernier numéro de la série, Jean Grey continue à rencontrer les différents avatars de Phénix en voyageant dans le temps et dans l’espace : Illyana, une femme de la Préhistoire, la Rachel du futur et un Shi’Ar. Ce final est confus pour moi : calcinée au début de la série par l’animal, elle était dans son l’esprit du Phénix qui garde des traces de ses anciens hôtes. Elle marchande avec l’entité et ressuscite.

Astonishing X-Men : un bijou devenu charbon

J’avais un très bon a-priori sur la composition de l’équipe : Colossus est un de mes mutants préférés, j’ai une tendresse pour Dazzler et Havok qui me semblent être sous-utilisés et j’ai toujours trouvé Warpath intéressant. J’admire aussi le dessin hyper réaliste de Greg Land. Son style est très impressionnant comme le montre la pleine page d’Havok lançant une rafale sur un monstre gigantesque. Dans l’épisode 15, Neil Edwards a un style très proche mais moins subtil : Colossus a un torse trop massif.

Des différents personnages de l’équipe, Havok a sans doute connu les évolutions les plus chaotiques. Après Axis, il a eu la moitié du visage brûlé. Ses notions du bien et du mal inversée l’ont poussé à travailler pour le Club des Damnés. Il cherche à se racheter mais tout déraille dès le début. Il est ridiculisé dans les médias car il a détruit un immeuble pour arrêter un monstre alors que les Avengers avaient déjà tout réglé. On le croit professeur à l’Institut Xavier mais il vient recruter une équipe agressive chez des ados. Il est ridiculisé par le jeune Rockslide. Non seulement, aucune équipe d’X-Men ne veut de lui, mais il ne peut même pas utiliser le nom car Kitty a déposé la marque.

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Alex Summers est contraint de recruter des mutants que les autres équipes négligent. Le Fauve refuse de rejoindre une équipe car son statut de professeur de génétique à Harvard lui plait et son corps est fatigué par toutes les aventures. Tout ce statut bourgeois s’effondre avec l’attaque des Reavers dirigés par Donald Pierce. Le colonel Callahan les contrôle par télécommande. Les deux X-Men s’en sortent par l’arrivée du Hurleur télécommandé par le Fauve. Muet, il ressemble à un hippie zombie décati mais ne fait hélas qu’une apparition. Havok pense tenir un embryon d’équipe avec l’arrivée de Warpath. Il répond sèchement qu’il est son baby-sitter pour obéir à Kitty. Colossus déprime depuis l’annulation de son mariage et se saoule. Il accepte de rejoindre l’équipe pour frapper. Dazzler, star sur le disco démodée, fait une tournée anniversaire dans des clubs vides. Elle est brune en coulisse mais se doit d’être blonde pour être à la hauteur de sa gloire ancienne. Elle se fait désirer en niant l’échec de son retour dans la musique mais ils ne viennent même pas pour elle mais pour Forge, son scénographe qui a construit les robots sur scène qui refuse. J’avais bien aimé le look Emo de Dazzler et son poste d’agent secret au SHIELD était une piste intéressante. Mais elle reprend le look nineties pour plaire aux fans et le scénariste fait d’elle une héroïne pathétique. Une fois rassemblés, leur première action est réussie… sauf que leurs agresseurs étaient des agents fédéraux. De plus, les médias les présentent comme des terroristes. Le plus humiliant est qu’ils doivent se déplacer en bus municipal faute de financement.

Astonishing X-Men est une série d’action avec les multiples attaques. Rosenberg ajoute hélas beaucoup trop d’ironie : Colossus devenu pathétique pour faire rire le public alors qu’il a le cœur brisé. On aurait pu faire bien plus avec ce héros sensible toujours malheureux en amour. La série devient plus touchante quand Havok révèle le but véritable de l’équipe : pendant leur brève alliance, Bastion a implanté quelque chose à Alex et ses amis doivent le protéger. Cette série semble faite pour expliquer ses progrès. Alors qu’une partie de son groupe est capturée, Havok fait tout pour ses amis et s’allie aux Reavers qui enlèvent ce qu’il a dans le cerveau. Il en devient égoïste en reniant ses principes car sans surprise ses alliés se retournent contre eux. Heureusement, le scénariste réussit à bien terminer son arc. Alex devient responsable en faisant un marché avec l’armée : il sera emprisonné si on lève les charges sur ses coéquipiers.

L’Annual commence par les retrouvailles des premiers X-Men survivants dans le restaurant où ils ont célébré leur première victoire. Jean fait le bilan. Elle est morte deux fois. Le Fauve a le plus sacrifié physiquement. Angel insouciant doit désormais tout contrôler pour ne pas faire sortir Archangel. Bobby est le plus épanoui. Le nouveau Xavier arrive par surprise voulant racheter les sacrifices qu’il a imposés à ses élèves. Il les emmène dans une petite ville idyllique : des habitants polis et tolérants envers les mutants. Les X-Men doivent faire face à Lucifer, un extraterrestre qui cherche à se répandre comme un virus en contrôlant les esprits (encore). Cet épisode permet de montrer un Xavier jeune mais surtout manipulateur et prêt à tuer. J’ai du mal à accepter ce changement même si j’admets que sortir du père de substitution en fauteuil est intéressant. Le dessin de Travel Foreman réussit enfin à représenter le Fauve comme un monstre par ses griffes allongées et son visage. Le dessinateur rend très bien la peur que suscite l’arrivée d’Archangel. La colorisation très fine de Jim Charalampidis joue sur les matières et les contraste pour créer du volume.

Weapon X, des griffes émoussées

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J’avais laissé cette équipe de griffus en Russie dans un article précédent. On suit la suite de leur séjour explosif en Russie. Les griffus attaquent le SICKLE, une copie russe du SHIELD et leur héliporteur. Le scénario sans aucune originalité est une excuse pour des scènes de combat. On retrouve le thème classique de l’État soviétique (oups pardon russe) qui exploite les mutants à son profit tout en stimulant la haine contre eux pour garder le pouvoir. Le général du SICKLE affirme : « ma vie est inestimable pour le parti » bien que ces idées ne soient plus du tout à l’ordre du jour chez Poutine. Des aspects anachroniques surprennent : le costume de général ressemble à un uniforme russe du XIXe siècle. Le dessinateur Ricardo López Ortiz est très doué pour les scènes d’action – les traits de vitesse, la déformation des corps et le jeu des matières – mais le style trop cartoony et les couleurs vives de Frank d’Armata ne correspondent pas du tout à l’esprit de la série : Omega Red un vampire psychique dans X-Men est ici câliné par des bébé tigre.  La caractérisation des personnages est aussi trop cartoon alors que c’est censé être un groupe d’attaque. Domino hystérique ne prend rien au sérieux. On retrouve heureusement ensuite Yildiray Cinar, pour une relance. Omega Red est intégré et l’équipe travaille comme mercenaires pour Mystique. Pourtant, ils vont aider Monet, l’ex de Dents de Sabre en intervenant dans une congrégation religieuse. Gérée comme une entreprise, cette secte est en secret dirigée par Mentallo et William Stryker. Dans cette relance le pouvoir de Domino est bien utilisé : elle attaque tête baissée sans aucune organisation et tire au hasard mais grâce à sa chance, elle n’est jamais blessée et réussit à faire exploser des cuves de gaz où seuls ses alliés s’en sortent. Yildiray Cinar est doué pour l’action : Mystique qui prend la forme de son adversaire tout en avançant. Hélas, Deadpool intervient et avec lui l’ennuyeuse ironie. La résolution est trop rapide et convenue : sous l’emprise mentale de Mentalo, Monet retrouve ses esprits en une case et Weapon X lutte dans une arène de gladiateurs contre des mauvais mutants de seconde zone manipulés.

Old Man Logan, du polar griffu

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On sait qu’il ne va pas rester mais j’aime le personnage de Logan plus faible par un facteur auto-guérisseur est affaibli par l’âge. Ed Brisson campe bien l’ambiance polar du premier récit. Après l’élection du Caïd à la mairie de New-York, son chauffeur propose à Logan des infos pour faire tomber son patron. Mais dès le premier épisode, il se fait abattre dans un métro bondé par une scène d’action assez bien rendue. Machiavélique, le Caïd utilise les images de vidéosurveillance pour booster sa popularité tout en engageant Bullseye pour récupérer ces informations. Logan va chercher Sarah Dewey, la biographe de Fisk pour diffuser l’information grâce à son savoir et ses talents littéraires. Pauvre et risquant de perdre la garde de ses enfants, elle pensait que l’argent de Fisk changerait tout mais elle a repris l’alcool et laissé ses enfants à son ex-mari. Elle s’en veut d’avoir humanisé Fisk et peut-être ainsi lui avoir permis d’être maire. Ces regrets de Sarah font écho à la mélancolie de Logan sur son passé et donne une belle profondeur à ce récit policier. Le scénariste a imaginé toutes les armes possibles pour Bullseye dans un buffet – un cocktail de piment et de soda pour bloquer les sens de Logan, les bouchons en métal de bouteille et les piques apéro comme projectiles. J’adore l’idée que Bullseye n’utilise que des objets de la vie quotidienne. Cela rend le réel dangereux même si hélas il se révèle assez pitoyable face à Logan. Fisk, génie de la manipulation a perdu mais il propose à Logan de laisser tomber la mort du chauffeur et en échange il laisse la biographe vivre.

Logan revient à l’institut pour une visite médicale et aide des jeunes élèves dans un rôle assez classique pour lui. Il est souvent le tuteur des plus jeunes – Kitty, Jubilé et même directeur de l’école. Glob dont la peau est une gélatine translucide rose, a un rencard grâce à un site pour mutants. C’est un piège de fanatiques anti-mutants, les Purificateurs. La tristesse de Glob dont le premier amour n’était qu’un mensonge est touchante. La dernière aventure est encore une course-poursuite hélas peu intéressant Kraven a l’esprit de compétition et a toujours voulu chasser Logan. Le chasseur ultime veut se mesurer au prédateur ultime mais il n’a jamais eu le temps (sic). Le sachant affaibli, il décide mettre fin à son calvaire comme on tuerait un lion blessé.

Le dessinateur change hélas à chaque récit. Dalibor Talajić m’a convaincu par sa mise en page déstructurée avec des petites cases autour d’une grande, tout en gardant une lecture facile. Il tente de jouer sur la lumière mais cela fait inachevé. A partir du numéro 39, Ibraim Roberson est le nouveau dessinateur très réaliste mais sans génie. Francesco Manna reprend les pinceaux dans un style classique renforcé par des couleurs vives. On dirait un titre des années 1980 mais plus gore.

Alors, convaincus ?

Astonishing X-Men démarre sur un pitch intéressant – un groupe de loosers qui cherche à se racheter une réputation. Matthew Rosenberg veut créer un blockbuster d’action mais l’effet ne dure qu’une poignée d’épisodes par manque de rythme. Weapon X est décevant. Très centré sur le combat, le fond est très faible et les personnages n’ont absolument pas changé à la fin de la série. Old Man Logan est certes très irrégulier mais il offre tout de même un bon récit de polar avec Bullseye et le Caïd. Comme vous l’aurez compris cette revue fourre-tout ne m’a pas convaincu si bien que je n’ai pas acheté le dernier numéro.

Thomas Savidan

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