[Review] Legion of Super-Heroes (tome 2)

Fan du premier tome qui décrivait un futur positif et montrait que Bendis était loin d’avoir dit son dernier mot, j’ai logiquement pris la suite même si j’ai mis du temps à la lire car je craignais que, comme souvent, ce scénariste n’arrive pas à finir ses histoires.

Un résumé pour la route

Ce volume rassemble les épisodes 7 à 12 de la Legion of Super-Heroes publiés aux États-Unis par DC comics entre et en France en août 2021 par Urban comics. La série est toujours écrite par Brian Michael Bendis (Ultimate Spider-ManLeviathan) et dessinée par Ryan Sook (Futures EndThe spectre) aidé par Stephen Byrne (Wonder TwinsGreen Arrow) pour le 7. Seul l’épisode 8 et 9 sont dessinés par Evan « Doc » Shaner (The TerrificsStrange Adventures), Jeff Lemire (Green ArrowBloodshot Reborn), Dustin Nguyen (DescenderBatman), Joëlle Jones (Lady KillerWanda : La sorcière rouge), Michael Avon Oeming (Aleister & AdolfPowers), Liam Sharp (Green LanternX-Men), André Lima Araújo (Avengers A.I.Spider-Man), Sanford Greene (Power Man & Iron FistBitter Root), Cully Hamner (BatmanBlue Beetle), Yannick Paquette (LeviathanSwamp Thing), Dan Hipp (Teen Titans go !The amazing Joy Buzzards), David Mack (X-O ManowarAlias), Darick Robertson (BallisticDCeased), Dan Jurgens (ThorSuperman),Norm Rapmund (Booster GoldWolverine), Bilquis Evely (The DreamingDoc Savage), Fábio Moon (Wonder Woman, Daytripper), Michael Allred (Batman 66’Madman), Alex Maleev(Infamous Iron ManLando), John Timms (Harley QueenYoug Justice), Duncou Rouleau (SupermanX-Factor), David Marquez (Secret EmpireX-Men Gold), Joe Quinomes, Mike Grell (James BondGreen Arrow), Ivan Reis (The TerrificsSuperman), Joe Prado (SupermanJustice League), Nick Derington (Batman Future StateDoom Patrol), James Harren (RumbleB.P.R.D.),John Romita Jr (ThorSpider-Man), Klaus Janson (BatmanWolverine), Nicola Scott (Future StateBlack Magick), Arthur Adams (Wonder WomanLongshot), Jim Cheung (Marvel 2 in oneBlack Knight), Gary Frank (HulkSuperman), Tula Lotay (EverafterRebels), Riley Rossmo (Wonder WomanProof), Gene Luen Yang (Future StateSuperman écrase le Klan), Kevin Nowlan (Doctor StrangeGreen Lantern), Michael Fiffe (CopraPanorama),  Jenny Frison (Wonder WomanRevival), Emmanuella Lupacchino (Future StateGreen Lantern) et Mitch Gerads  (Mister MiracleThe Punisher).

Au XXXIe siècle, les différentes planètes s’unissent politiquement autour du conseil des planètes unies. La légion des super-héros rassemblant des héroïnes et des héros de chaque planète est le symbole de ce rassemblement. Mais, manquant d’expérience, Saturn Girl décide de faire venir Superboy pour les guider. Mais son arrivée est plus un problème qu’une réponse.

On en dit quoi sur Comics have the power ?

Ce dernier tome est la suite directe du volume précédent avec la même structure : chaque épisode débute par un personnage qui se présente et fait le résumé – s’il y arrive, car, comme beaucoup d’adolescents, il ou elle est autocentrée. L’épisode huit reprend aussi l’alternance entre les débuts de la légion et l’action récente. Quelques pistes sur le temps sont avancées. La mission de Superboy est en direction du futur – il veut découvrir l’avenir potentiel – et du passé – il doit transmettre sa perception de l’héroïsme. Une allusion est faite au passé de DC par un cours sur Kamandi et le téléport Siegel transportant jusqu’à Krypton.

Commençons par les défauts. On peut trouver les péripéties certes très convenues : le procès de la Legion est confus et ridicule. J’ai même eu peur que Brian Michael Bendis ne réussisse pas à boucler toutes les pistes lancées dans le premier tome mais il y arrive et plutôt bien. Cependant, l’intérêt de la série ne vient pas de l’action mais des personnages et des thèmes qu’ils portent. En effet, Bendis est extrêmement fort pour nous transmettre les tourments et l’enthousiasme adolescents. C’est l’âge des contraires poussés au maximum. Les héros et héroïnes réagissent avant de réfléchir mais, simultanément, chaque action suscite des débats constants entre eux. Il faut dire que chacun est très attaché à l’image qu’il ou elle donne. L’adolescent se révèle tout en dissimulant ses failles. Vivant en groupe, les relations entre eux sont au centre car, en fait, ils se connaissent mal. Ils ne savent pas que l’un d’entre eux est père de trois enfants. Lors des combats, chacun attaque à son tour sans organisation. Les difficultés de la vie en groupe et de se conformer aux règles sont d’autant plus grandes qu’ils manquent d’expérience. Cela se voit lors de la nouvelle élection d’un chef par un vote anarchique et trop rapide. Cosmic Boy, déçu d’avoir perdu, se sent rejeté et appelle son père pour dit qu’il quitte le groupe. Gold Lantern demande au Gardien de valider son action. En effet, ces adolescents restent encore très liés à leurs parents même si la relation est parfois très tendue : les tensions entre Ultra Boy – et donc la légion – et son père, le roi de Rimbor. Ces relations sont aussi collectives entre l’équipe et le conseil des planètes unies. Ces relations sont dialectiques entre la volonté d’autonomie du groupe et la nécessaire soumission aux planètes unies qui les a rassemblées.

Je pense que cette série n’est pas un travail comme les autres pour Bendis. Père adoptif de deux enfants, Elle est un véhicule parfait pour y transférer des éléments de sa vie et sa vision du monde. La Legion of Super-Heroes porte des valeurs positives et progressistes. La fille Saturn Girl fait une leçon de masculinité et de force au garçon Cosmic Boy. Le volume débute par le discours de Cosmic Boy, un hymne à la tolérance et à la coexistence multiculturelle. Il y a d’ailleurs une vraie réflexion sur l’altérité. Le terme extraterrestre est insultant car, centré sur un lieu, il ne représente pas le collectif. On découvre encore plus la diversité de l’équipe : jusqu’à son entrée dans la Légion, Saturn Girl est asexuelle. Ce groupe est une expérience pour obtenir la paix et la sécurité dans la fédération interplanétaire. S’ils s’entendent alors c’est la preuve que l’univers peut cohabiter pacifiquement. Bendis n’est pour autant pas naïf car des incompréhensions culturelles existent entre les légionnaires. Colossal Boy ne grandit pas pour devenir un géant mais il l’est de naissance et rapetisse pour vivre avec la légion. En raison de sa différence, Invisible Kid a du mal à interagir avec les autres qui ne le voient pas. Plus amusant, ces malentendus culturels passent aussi par l’alimentation. L’entente dans le groupe fonctionne grâce à la communication et l’entraide. Les héros et héroïnes prônent toujours le partage et l’ouverture. Mais, en même temps, l’échec est possible. Les ténèbres progressent, la jeunesse peut provoquer la chute… ou sauver le futur si la Légion est libre d’agir. La jeunesse prend le relai car un légionnaire révèle qu’il est père et un autre assume des responsabilités politiques plus tôt que prévu.

Je suis toujours autant fan de Ryan Sook même si son dessin est plus plat en duo avec Stephen Byrne. J’ai beaucoup de difficultés à expliquer pourquoi j’adore ce dessinateur. Au premier abord, le style est assez impersonnel et old school. On peut le rapprocher du réalisme de George Pérez en particulier les double-page et même parfois du Edgar P. Jacobs des derniers albums. Mais les visages sont superbes, les expressions fines et la mise en page est toujours juste. Je pense que c’est ce côté rayonnant des couleurs et la beauté des êtres qui est parfaitement raccord avec l’optimisme du récit. Le classicisme sert également le propos positif. L’attaque d’un dragon sur la nouvelle Krypton est incroyable. De plus, Sook réussit à rendre chaque légionnaire reconnaissable au premier coup d’œil ce qui est une gageure. Il donne tout dans le final dantesque de ce tome. Le récit du passé arrive au recrutement des membres ce qui est l’occasion de donner une page par artiste. La diversité est très amusante et conforme au thème. Mais, pour le lecteur, il est dur de se faire une idée du style sur une page. Les ruptures brutales entre deux pages interrompent la lecture. L’ouverture du scénario se retrouve dans le choix de dessinateurs très divers issus de l’indé. Est-ce une sélection personnelle de Bendis ?

Alors, convaincus ?

Legion of super-heroes est unique dans le contexte de la sinistrose actuelle. Si le ton général des autres comics étaient plus joyeux, les défauts seraient peut-être plus saillants mais j’adore cet hymne à la tolérance et au vivre-ensemble. Je suis toujours aussi ravi par les pages de Ryan Sook. Alors que la filiation était au centre du tome précédent – faut-il suivre ses parents ? – ce sont les relations entre adolescents qui prennent le devant de la scène ici. Pour une fois, Bendis construit une fin logique car une page tirée des débuts de la Legion sert de preuve lors du procès de la fin.

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