[review] Avant House of X, X-Men n°8 à 11

ComicsHaveThePower continue à vous raconter l’évolution des séries et des personnages mutants avant le grand chambardement d’House of X. Dans un article précédent, je vous avais parlé des séries Red, Gold et Blue jusqu’à leurs derniers numéros mais que donne la suite ?

Un résumé pour la route

xmen_1Le numéro 8 sorti en France de septembre à décembre 2019 par Panini comics rassemble Extermination, une mini-série en cinq épisodes sortis par Marvel entre octobre 2018 et février 2019. Elle est écrite par Ed Brisson (Old Man Logan, Prophet) et dessinée par Pépé Larraz (Power Man, Uncanny Avengers). Il est aidé par Ario Anindito (Sword Master, Atlantis Attack). La revue 9 commence par une postface d’Extermination : A Hope Summers & Jean Grey story. X-Men : The exterminated de février 2019 écrit par Zac Thompson (Cable, Relay), Lonnie Nadler (The Marvelous X-Men, Yondu) et dessiné par Neil Edwards (X-Factor, Assassin’s Creed) puis A Cyclops & Corsair Story. X-Men : The exterminated de février 2019 est écrit par Chris Claremont (New Mutants, Iron Fist) et dessiné de Ramon Rosanas (Ant-Man, La résurrection du Phénix).

Dans les numéros suivants, la saga X-Men Disassembled apparaît dans Uncanny X-Men 1 à 10 de janvier à mars 2019 devenue hebdomadaire, elle est écrite par Ed Brisson, Matthew Rosenberg (The Punisher, La résurrection du Phénix), Kelly Thompson (Jessica Jones, Malicia et Gambit) et dessinée par Mahmud Asrar (The Unworty Thor and The Mighty Thor, Supergirl), R.B. Silva (Superboy, Red Hood & The Outlaws), Pere Pérez (Archer et Armstrong, Malicia et Gambit) et Yildiray Cinar (Captain America : Steve Rogers, Teen Titans).

On trouve aussi Uncanny X-Men : What tomorrow brings une série de courts épisodes sur des personnages : Bishop (écrit par Matthew Rosenberg et dessiné Mirko Kolak), Jean Grey (par Kelly Thompson et Ibraim Roberson), Armor & Anole (par Ed Brisson, Mark Bagley & Andrew Hennessy). Le dernier volume se clôt avec The Return of Cyclops. Uncanny X-Men Annual 1 de mars 2019 écrit par Ed Brisson et illustré par Carlos Gomez.

Magnéto a vu le futur et cela s’annonce à nouveau très mal pour tous les mutants. La seule solution pour sauver l’avenir est de faire revenir les premiers X-Men exactement au moment de leur départ. Mais est-ce possible alors que ces cinq héros ont chacun changé physiquement ou psychologiquement ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Le début est assez classique pour qui connaît Days of the Future Past par exemple. Dans le futur, un homme en capuche parcourt l’Institut Xavier en ruines traversant les corps des X-Men tombés au sol. Constatant que rien ne va, il se téléporte en promettant de tout arranger. Contrairement à la plupart des séries précédentes, Ed Brisson lance très vite une intrigue mystérieuse puis on bascule dans le film d’action :  Cyclope et Bloodstorm, Tornade vampire d’une autre dimension, sont attaqués par Ahab et ses limiers. Ce chasseur de mutants vient du futur et c’est lui qui a dressé Rachel pour pister les mutants. Le combat se termine par la mort de Bloodstorm. Brisson respecte Bloodstorm en prenant le temps de faire émerger l’émotion par le contraste entre l’insouciance du début de l’épisode et le corps transpercé ensuite. Quelques cases plus loin, Cable est abattu par un homme à capuche qui critique son travail. Le cliffhanger de la fin d’épisode ne m’a laissé aucun autre choix que de lire la suite : le tueur est un Cable jeune qui veut enlever les jeunes X-Men.

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Ahab veut tuer un jeune X-Men pour ruiner le futur pendant que les héros veulent sauvegarder la jeunesse pour espérer un futur possible. Ahab contrôlant les esprits, il les transforme en animaux avec une chaîne et une laisse qui répètent une phrase unique : « tuer les mutants. » Les mutants au contraire libèrent l’esprit critique de chacun… enfin pas si sûr. Pour sauver la situation, les premiers X-Men doivent rentrer tout de suite et ne pas chercher à être des héros. Est-ce à dire que les enfants doivent revenir à leur place de bons élèves pour sauver le futur ? Cable est le plus radical de ces héros car il connaît le futur sombre et fera tout pour l’empêcher. Mon autre bémol est qu’après Mesmero et Cassandra, Ahab contrôle encore certains X-Men provoquant une bataille entre eux mais Brisson est clairement le meilleur car le déroulement est rapide et donc imprévisible.

Dans cette série, Cable redevient un personnage important des mutants. Même si je n’aime pas trop l’idée de plusieurs Cable, la version jeune est intéressante grâce au contraste entre cette nouvelle jeunesse et ses idées. Sans ménagement, il enlève les ailes de feu d’Angel pour lui remettre les originales. Il a de nouveau un ordinateur sans corps qui le conseille. Dans Extermination : A Hope Summers & Jean Grey story. X-Men : The exterminated, on croise Deadpool, des amis de Cable et ses ennemis. Hope fait un hommage à son père. Cable vivait uniquement dans le présent et des situations désespérées car il ne pouvait jamais se laisser aller sinon le virus techno-organique l’aurait tué. On retrouve aussi X-Force venue venger son mentor. En tant que fan, j’ai été très content de ce retour notamment de l’humour désabusé de Big Bang.

Brisson est très doué pour le cliffhanger : dans la dernière case de l’épisode quatre, j’ai pendant un instant cru que tout était perdu… Les jeunes X-Men acceptent de revenir dans leur passé mais tous leurs souvenirs ne sont pas perdus car ils s’intègrent à l’esprit de leur version plus âgée. Entre son passé, celui différent de celle qui a voyagé dans le temps et les souvenirs de Madelyne Prior, l’esprit de Jean Grey doit devenir un sacré bordel. La mini-série se termine par la surprise du retour de Cyclope dans la base du jeune Cable. Scott Summers est en fait mort deux fois : une fois à cause des brumes tératogènes sur l’île de Muir puis ressuscité par la force du Phénix pour convaincre Jean de la rejoindre, il choisit de mourir à nouveau. Cable a utilisé son pouvoir temporel et ses connaissances du passé pour le sauver mais pas à n’importe quel prix dans l’esprit de ce nouveau personnage. Pour savoir si Summers peut se racheter, il lui offre un test : être certain de sauver un humain qui l’a aidé ou le laisser mourir pour tenter d’aider tous les mutants. Cette résurrection est alambiquée et le retour à la normal assez ridicule.

Le titre de la suite dans Uncanny X-Men – X-Men Disassembled – fait référence au run de Bendis sur les Avengers et comme dans ce run de référence, l’objectif est de repartir à zéro. Un groupe de jeunes X-Men accompagne Kitty pour lutter contre le Front de libération mutant qui attaque un centre de recherche. Ce groupe terroriste voulait empêcher le labo de continuer ses recherches sur un vaccin supprimant le gêne X chez les enfants. Parallèlement, Jean Grey devait parler devant le Sénat mais une marée d’hommes-multiples fout le bordel. Ils disent venir sauver le sénateur Ashton Allen mais sont incohérents. Ailleurs, dans le monde, de nombreux mystères apparaissent : un lac apparaît au milieu du désert du Kalahari et Tornade ne peut y empêcher la pluie, une attaque de monstres – dont des dinosaures – et une marée de Madrox capables de copier les différents pouvoirs envahit le centre des États-Unis. Les X-Men adultes partent sur ces différents lieux de tensions mais les jeunes X-Men – Glob, Pixie, Armore et Rockslide – sont mis de côté et certains en sont frustrés. Mais, alors qu’ils sont seuls dans l’Institut, Légion, le fils de Charles Xavier arrive et semble sain d’esprit. Même si je ne suis pas forcément fan de ce vilain trop souvent réduit à un schizophrène, les scénaristes le rendent machiavélique : c’est lui qui a traumatisé l’homme-multiple. Il a emprisonné Jamie Madrox et le force à se dédoubler à l’infini pour attribuer un corps à chacun de ses personnalités.

Mais ce n’est pas le principal danger et on le comprend grâce à l’arrivée des cavaliers dans des tenues d’heroic fantaisy. Ces chevaliers d’une apocalypse du bien sont assez surprenants car ils symbolisent le contraire de leur nature même s’ils ne sont pas vraiment identifiés : Magneto sans doute la paix, Colosse l’abondance, Oméga Red la vie, Angel le bien-être. L’épisode quatre révèle l’ennemi principal : X-Man, Nate Grey, a été génétiquement créé dans l’Age d’Apocalypse à partir de l’ADN de Cyclope et de Jean Grey. Après Cyclope extrémiste puis Cable dans Extermination, la famille Summers est donc un problème constant pour les mutants. A l’opposé d’Apocalypse il est un prophète du bien. Il est la seconde venue et veut façonner le monde à son image en sept jours. En attendant d’éliminer la haine entre les Hommes, il demande à Magnéto et Angel d’arrêter les conflits par la force. Ils partent enlever les armes aux militaires. Les X-Men viennent aider les civils qui veulent continuer à se tuer mais le discours de Tornade sur le port d’arme est étrange. La menace des armes empêche les civils de s’entretuer et, pour arrêter la guerre, il faut leur faire peur. Le colosse et Oméga Red doivent résoudre les attaques contre Mère la terre. Tel Jésus, il porte une toge blanche, une barbe et des cheveux longs. Ce messie arrogant se construit son temple en mélangeant les lieux sacrés des religions. Cependant, X-Man expérimente sans certitude et forme un conseil en kidnappant un sénateur antimutant, Pryde et Apocalypse pour lui fournir des propositions. Nate veut sauver le monde car il se meurt. Nate est en fait un prophète désabusé : « la vie n’a aucun sens.» En arrivant sur cette Terre, il pensait que c’était un paradis sans violence ni haine mais il découvre que « ce n’était qu’un enfer plus subtil. » X-Man est un faux prophète et multiplie les paroles creuses d’un leader de secte. Hélas cet aspect rend cet ennemi idiot. De plus, X-Man est trop puissant pour être crédible.

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Grâce au pouvoir de Légion, les quatre jeunes mutants et X-Man se retrouvent dans le monde d’Apocalypse. Mais, ils sont en fait dans la tête de Légion où Nate est emprisonné. C’est un échec et cette expérience rend X-Man encore plus négatif : on ne peut sauver le monde. Il vaut mieux le détruire. Tous les héros passés par les X-Men combattent le corps de Nate pendant que tous les télépathes rentrent dans son esprit. De plus, X-Man manipule à nouveau les héros – Angel puis Tornade pour aboutir à beaucoup de longues bagarres sans issue alors qu’à part Magnéto les chevaliers ne sont guère impressionnants. Le dénouement dépendra d’un débat mental entre Nate et sa mère Jean.

On retrouve le sentiment d’urgence d’Extermination mais hélas en plus erratique. Est-ce lié au fait que trois scénaristes se partagent les épisodes ? Alors que le début est bluffant, le soufflé retombe après l’épisode quatre. Les mutants et leurs ennemis parlent d’une apocalypse mondiale mais aucune case ne le montre. J’ai cessé d’y croire quand Apocalypse se range aux côtés des X-Men. Le dialogue entre Nate et Jean est ridicule. Nate refuse d’écouter Jean et tue tous les X-Men. La fin est profondément pessimiste car le monde revient à la normale comme si de rien n’était et Anole, des jeunes X-Men a livré un vaccin pour offrir aux enfants la possibilité d’éviter la mutation. J’ai l’impression de manquer des épisodes pour comprendre par exemple comment les cavaliers ont été recrutés. Alors que je pensais bien suivre les évolutions des mutants, j’ai découvert une Psylocke blanche armée de nouvelles armes télékinésiques. Le fan que je suis est aussi ravi de revoir Vega et l’homme-multiple censé être mort mais je déteste ce que les trois scénaristes font de lui : un lâche qui a laissé son double et a préféré fuir. J’ai aussi eu l’impression que certaines parties étaient des demandes d’Hickman comme les changements d’Apocalypse, la graine de vie… Le cliffhanger laisse une place totalement nette pour la suite. C’est extrêmement rare et donc j’ai donc encore plus d’attente.

Ce qui frappe les yeux en lisant Extermination c’est la splendeur du dessin de Pépé Larraz. Son style ressemble fortement à celui de Stuart Immonen dans All New Captain America. Grâce à son talent, la violence des combats ne ressemble pas à un jeu. La mort de Bloodstorm est un choc visuel et ailleurs Larraz réussit à suggérer la violence : quand Cable arrache les ailes d’Angel, le sang gicle mais il est seulement suggéré par l’ombre sur un mur. Ses grandes cases sont toutes superbes, très précises mais sans surcharge. La position des corps est épique : Diablo arrive de téléportation comme un tigre qui rugit. Le design des décors est aussi très travaillé : la base d’Ahab est un croiseur de la Seconde Guerre mondiale volant et se pilote avec une roue. Les couleurs de Marte Gracia et Erick Arciniega sont très juste dans une tonalité sombre mais avec de grandes nuances. Dans A Cyclops & Corsair Story. X-Men : The exterminated j’ai découvert Ramon Rosanas avec un dessin réaliste tout en rondeur rehaussé par un encrage fin. Pour Uncanny X-Men, les dessinateurs changeant entre chaque épisode, il est parfois difficile de les distinguer. Dans l’ensemble, le travail est très soigné sans que cela soit renversant.

Alors, convaincus ?

Extermination est un grand moment des mutants, une histoire trépidante et visuellement magnifique… La suite est nettement moins indispensable sauf si on aime les batailles rangées avec de multiples héros. J’ai cependant été très impressionné par la fin. Les scénaristes déroulent le tapis rouge avant l’arrivée de la grande star Hickman et terminent par une table rase absolue dont beaucoup de scénaristes rêveraient pour démarrer un nouveau cycle.

Thomas Savidan

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