[review] Nightwing Rebirth tome 1

En utilisant le prétexte d’un relaunch publié chez Urban comics, cet article est un bon moyen d’écrire sur un héros qui me touche énormément – Nightwing.

Un résumé pour la route

Nightwing_1Dick Grayson a perdu ses parents acrobates dans un accident. Adopté par Bruce Wayne, Dick devient alors l’acolyte Robin quand il découvre que Bruce est en fait Batman. Au fil des années, il s’émancipe peu à peu de l’ombre paternelle en devenant Nightwing. Dans les épisodes précédents, le Syndicat du crime a révélé l’identité secrète de Nightwing. Ce dernier se fait passer pour mort afin de détruire une organisation internationale, Spyral. Après avoir réussi, il reprend son identité civile et secrète.

Ce numéro rassemble les épisodes Nightwing Rebirth 1, Nightwing 1 à 4 et 7 à 8. Le numéro 6 est intégré dans le crossover La nuit des monstres. L’ensemble est écrit par Tim Seeley (Batman Eternal) et dessiné par Yanick Paquette (Wonder Woman Terre-Un) puis Javier Fernandez (Magneto, Red Hood).

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Très cher Dick,

Je me permets de t’adresser cette lettre car je suis trop fan de toi. Pour certains lecteurs, tu peux apparaître comme un boy scout, le BG du lycée à qui tout réussit, mais, selon moi, tu es bien plus intéressant. Tu incarnes l’idéal lumineux dans le Bat universe. Les premières pages l’explicitent d’ailleurs par une réinterprétation de ton pseudonyme. Par ton passé de fils de super-héros qui a grandi entouré de super-héros, je me sens relié à toi car j’ai également grandi avec les comics de super-héros. Tu n’es pas un surhomme avec des pouvoirs exceptionnels mais on suit tes combats plus « réalistes ». Tu es un acrobate qui danse tout autant qu’il combat. Tes méthodes de combat et tes armes te rapprochent de Daredevil, un autre personnage qui me tient à cœur depuis l’adolescence. Avec des artistes talentueux, cela donne des images de combat superbes sans mettre en avant les muscles, les armes ou le sang. Ta ville ressemble alors à une jungle mais aussi à un terrain de jeux. Tout comme Daredevil mais sans la fatalité et le destin cruel, tu représentes un Tarzan urbain chargé de faire respecter la justice. Hélas, dans ce volume, tu parcours le monde comme Grayson et tu n’es plus le justicier attitré de Bludhaven, une banlieue de Gotham. Enfin, j’ai beaucoup moins lu de DC que de Marvel et il me semble qu’il y a eu peu d’épisodes traduits en France. Tu restes donc un héros mystérieux. Quoi de plus irrésistible que de se dire que l’on va encore découvrir plein de belles aventures ? Enfin, on ne peut nier que tu as certains atouts bien mis en évidence dans cet article de Fanny.

Nightwing_2

Ce préambule était nécessaire pour juger de mon absolue objectivité en commençant ce volume du retour tant espéré de Nightwing. On est heureux de voir se finir la période Grayson et de voir Dick se reconnecter avec la famille Wayne. On apprécie en particulier les moments intimes où Dick est dans son rôle de grand frère avec Damian. Cet aspect familial ou soap opera manquait à Grayson. Dès le début, on retrouve également la relation avec Batman et Damian ce qui est un vrai plaisir. Globalement, le récit est peu relié aux séries Batman sauf pour le retour de Damian et l’évolution très violente du Chevalier noir. Ce Rebirth, plus qu’une renaissance, marque une nouvelle prise d’indépendance de Dick vis-à-vis de son père adoptif. Il fait ses propres choix et a un nouveau partenariat avec Raptor. Ce personnage assez simple au début devient plus complexe et apparaît comme une version sombre de Nightwing. On comprend cependant mal ses motivations car il retourne sa veste trop souvent et sans motif clair avant les deux derniers épisodes.

L’objectif affiché est clairement de relier la période New 52 avec la continuité ancienne. Il y a de nombreuses allusions au passé Grayson mais cela peut parfois compliquer la lecture. Le lien au passé est fait aussi par des allusions ironiques aux aventures amoureuses de Dick avec la Chasseresse et Batgirl. Cela commence aussi par le retour de son nom et du costume. Seeley intègre aussi des touches d’humour amusantes sur ce costume, la place des sidekicks et donc sur le rôle de la continuité dans les comics. Plus loin, Seeley se moque aussi de la manie de faire combattre les héros entre eux. On retrouve avec amusement quelques pages sur Midnighter, créé dans Planetary et qui apparaissait déjà dans Grayson. Seeley reprend aussi les basiques de la série Grayson. Nightwing doit encore être infiltré mais cette fois-ci un lien avec La cour des hiboux. Cette histoire dans la série Nightwing est-elle un moyen de clôturer l’arc de Snyder commencé dans Batman ? Seeley se questionne sur la limite morale quand on est infiltré. Ce travail d’espion international est justifié par le passé de Dick dans un cirque. Dick est montré comme une personne ne pouvant rester en place. On est dans une ambiance d’espionnage proche de James Bond mais sans grand relief. Les complots sont bien plus drôles chez Archer et Armstrong.

Nightwing_3

Une partie importante de l’histoire est racontée par une insertion de texte comme une voix off. Cela rend l’histoire parfois un peu trop explicite sauf si on aime entendre Nightwing dans sa tête. Tout bascule dans les deux derniers épisodes qui apportent enfin un peu de subtilité par des découvertes sur le passé de Dick avec Raptor. C’est certes convenu mais agréable. Seeley inverse la relation de Dick avec Bruce : c’est l’enfant qui a sauvé le père de la noirceur de son passé. Seeley montre une fibre sociale en évoquant les inégalités sociales, l’exclusion des gitans et le piège anticapitalisme pour Bruce est assez amusant.

Les dessins de Yanick Paquette sont efficaces mais je ne suis pas totalement convaincu par son style. Dès le deuxième épisode, on trouve un nouveau dessinateur – Javier Fernandez. Il a une mise en page dynamique qui permet une lecture très agréable. On peut regretter le manque de régularité car, après de belles cases, on trouve en fin d’épisode d’autres bien plus simples. Le visage de Dick change aussi sans arrêt. Est-ce lié à la difficulté d’un débutant pour tenir les délais ? Les dessins deviennent en effet plus réguliers dans les deux derniers épisodes.

Un élément visuel est intéressant à observer c’est le rôle des coloristes car, à partir du deuxième épisode, en passant de Nathan Fairbairn à Chris Sotomayor, les couleurs sont plus modernes car elles allient un noir profond et des couleurs vives dans la même case.

Alors, convaincus ?

En fermant ce nouveau recueil, on a lu une agréable série B. Je ne pense pas que cela restera dans ma mémoire mais comment être objectif quand on est fan ? Pour certaines, cela peut-être une Amazone ou une télépathe rousse. Pour moi, ma faiblesse c’est Nightwing. Pourtant, le livre est sauvé par les deux derniers épisodes. Evidemment, cela pousse le fan à acheter la suite…

Thomas S.

Publicités

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. KJALDCI dit :

    Ah vraiment cool ce site ! Et encore plus la forme de ce blog post, sérieusement ça en jette ! Mention spéciale à la lettre =)

    J'aime

    1. Sonia Smith dit :

      Merci pour ces compliments, ça fait plaisir 🙂

      J'aime

  2. Thomassavidan dit :

    Merci également pour tous ces compliments.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s