[review] Les chroniques de Riverdale tome 1

A la suite de la confession sur ma passion pour Nightwing, je vous avoue ici une autre faiblesse : j’ai beaucoup aimé la série Riverdale. Alors quand j’ai vu qu’une version en BD de la série sortait, je me suis jeté dessus avec aussi la curiosité de lire la plus ancienne série de comics en cours et une crainte également : serait-ce seulement une adaptation ou une vraie œuvre originale ?

Attention pour ceux qui n’ont pas vu la première saison, il y aura quelques spoilers.

Un résumé pour la route

Chroniques_Riverdale_Glénat_1Riverdale est une petite ville du Middle-west des États-Unis. C’est une fin d’été insouciante pour plusieurs lycéens mais un meurtre va bouleverser chacune de leurs vies…

Chronique est un titre bien choisi car plutôt qu’une seule histoire, ce récit complet présente neuf chapitres autour des personnages principaux de la série. Pour chaque chapitre, on trouve un scénariste – James Dewille, Will Ewing, Michael Grassi, Daniel King, Britta Lundin, Greg Murray, Brian E. Paterson – et un dessinateur différent – Joe Eisma, Elliot Fernandez, Alitha Martinez, Thomas Pitilli, Jim Towe, Janice Chiang, Thomas Chu, Bob Smith, Andre Szymanowicz, Glenn Whitmore, et John Workman. Je dois avouer que je ne connaissais aucun de ces artistes mais l’ensemble est coordonné par le directeur artistique d’Archie comics et showrunner de Riverdale, Roberto Aguirre-Sacasa.

Les chroniques de Riverdale ont été publiées aux États-Unis par Archie Comics publication et en France par Glénat dans sa nouvelle collection Log-in en 2018.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

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Le premier effort du lecteur est de passer la couverture très laide qui cherche maladroitement à faire lien avec les acteurs. L’introduction insiste également sur ce lien. Chaque épisode débute avec une photo des acteurs près de la liste des créateurs de l’épisode. Mais, heureusement, Les Chroniques de Riverdale n’est pas juste une adaptation mercantile.  Archie comics est une très ancienne maison d’édition et  Archie est la série en activité parmi les plus anciennes. L’ensemble de la maison a été revitalisé par Roberto Aguirre-Sacasa depuis 2010 avec des enjeux plus modernes – l’amour « interracial », l’homosexualité, le harcèlement… On peut penser que Glénat commence par Les Chroniques de Riverdale plus liées à la série TV à succès afin de lancer Archie comics en France qui n’a jamais réellement bien fonctionné auparavant.

Dans les dessins, le lien avec l’image télévisée est heureusement moins net. Les dessins ont un style très proche malgré des changements à chaque épisode. Les dessinateurs ne cherchent pas le mimétisme avec les acteurs mais racontent une histoire par la BD ce qui est bien plus intéressant. On est dans une série d’adolescents et cela se sent par les thèmes – l’amitié d’Archie et Jughead – mais aussi par les images avec souvent d’agréables couleurs vives mais pas toujours. En effet, les scénarios évitent la niaiserie et cherchent plutôt à faire ressentir des sentiments variés en fonction des récits.

Certains épisodes sont un peu convenus car ils sont trop proches de la série – la nouvelle amitié de Betty et Veronica pour remplacer la sœur perdue, le seul épisode sur Cheryl, la vie dans le groupe de rock des Pussycats.

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Les meilleurs épisodes sont ceux qui apportent un nouvel éclairage sur des zones d’ombre. Dans le premier chapitre, Archie raconte rétrospectivement son été en voix off. Brian E. Paterson arrive à nous faire ressentir les émotions d’un ado qui attend un changement, qui cherche sa destinée. On a l’impression de lire une annexe très agréable de la série mais c’est tout. Madame Grundy, la professeure de musique avec qui il a une aventure, ressemble plus à une ado délurée qu’à une vamp. Betty, la meilleure amie d’Archie, est au centre du deuxième chapitre. On suit son stage de journaliste à L.A. Betty est une fille de la campagne qui découvre la grande ville et donc la liberté. Plus loin, James Dewille raconte l’été insouciant de Veronica avant que son monde s’effondre face au réel de la chute judiciaire de son père.

Les premiers épisodes sont comme un prequel de la série puis les épisodes se déroulent pendant la série. L’entrée d’Archie dans l’équipe de foot fait l’objet d’un épisode plus profond que prévu. Faut-il suivre les autres et intégrer le groupe des vainqueurs ou rester soi-même ?  On retrouve des questionnements que l’on a pu avoir adolescent. Un parallèle se crée alors avec la série suivante – les pom pom girls font aussi leur semaine de bizutage.

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La partie qui m’a le plus intéressée est la volonté explicite des auteurs ou du showrunner d’afficher ses influences et même de faire partager ses œuvres favorites. Le chapitre The Breakfast Club est une allusion au super film de John Hugues. Les premières cases reprennent même le schéma de départ ce film mythique : un groupe d’ados très différents se retrouvent collés ensemble par un prof sadique. Un personnage, Josie, explicite le lien avec The Breakfast club. C’est comme si le film permettait, dans la BD, la création de ce groupe d’amis. Ce passage est le plus long mais les citations sont constantes dans les dialogues ou les dessins –  l’auteure Toni Morrison, les films Ghost World ou Stand by Me. Certaines allusions sont surprenantes pour des lycéens – 1984, Les corrections de Jonathan Franzen, Le faucon maltais de John Houston – et même S.M. – Histoire d’O, Les Cent vingt journées de Sodome de Sade.

Glénat inclut tout un cahier de bonus à la fin. En plus de l’intégralité des couvertures alternatives, on trouve l’évolution graphique des quatre personnages principaux depuis soixante-quinze ans, un court mais passionnant historique de la série Archie. On découvre que les origines sont très inspirées d’un film, la méconnaissance en France et les évolutions tardives à partir de 2010.

Alors, convaincus ?

Même si ce n’est pas la bande dessinée du mois, j’ai passé un agréable moment régressif en lisant Les chroniques de Riverdale. Ce livre très dense pour un prix attractif est un bon lancement pour la nouvelle collection Log-In et pour les publications de cette maison d’édition mal connue en France. On trouve en effet les premières pages de la série Archie avec de super dialogues et personnages plus modernes que Riverdale par Mark Waid au scénario Fiona Staples (Saga) aux dessins.

Thomas S.

 

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