[review] Black Magick tome 1

Voir associés sur une couverture les deux noms de Greg Rucka et Nicola Scott m’a forcément donné envie de lire Black Magick. Fan des histoires de sorcellerie, j’espérais un récit un tant soit peu original et je n’ai pas été déçue.

Un résumé pour la route

Black_Magick_1Black Magick est scénarisé par Greg Rucka et illustré par Nicola Scott. Il s’agit ici du premier tome reprend les épisodes 1 à 5 publiés aux Etats-Unis chez Image Comics et en France chez Glénat Comics en 2018. La traduction française est assurée par Alex Nikolavitch, un gage de qualité.

Rowan Black est une inspectrice de police un peu particulière. Si, en apparence, sa vie professionnelle ressemble à celles de ses collègues : stressante et décousue, Rowan a toutefois une autre particularité, c’est une sorcière. Elle se réunit avec ses semblables lors de cérémonies païennes sans que cela n’interfère avec sa vie de flic jusqu’à ce qu’un preneur d’otages un peu cinglé s’en prenne directement à elle…

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Bien, nous voici donc avec la promesse d’une histoire de sorcellerie. Le thème est déjà très exploité par la culture populaire, on a donc tous en tête une image associée à cette thématique : les soeurs Halliwell de la série Charmed, Willow dans Buffy contre les Vampires ou les sorcières de la troisième saison d’American Horror Story. Ici, Greg Rucka souhaite proposer autre chose : le personnage principal, Rowan Black, est bien ce qu’il convient d’appeler une sorcière mais elle vit une existence normale d’inspecteur de police, tout en se rendant à ses cérémonies cultuelles où elle retrouve ses sœurs. Cette petite assemblée est tellement en prise avec le monde réel que Rowan décroche même son téléphone portable en pleine cérémonie. Ses deux vies s’entremêlent toutefois de façon subtile : on remarque très vite que l’insigne de police de Rowan ressemble à un pentacle.

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Ici, ce qui est également intéressant est le type de religion pratiquée par Rowan et ses semblables : la Wicca ou le Wiccanisme qui repose sur le paganisme. Pas de magie noire donc. L’introduction de Jeanine Schaefer explicite un peu le concept et donne clairement envie d’en savoir plus sur le sujet qui nous ramène au début du XXe siècle dans l’entourage d’Aleister Crowley puis nous entraîne dans les milieux féministes des années 1970, symboles de la contre-culture américaine. Allez, je m’emballe mais Rowan Black est l’héritière de toute cette tradition, qu’il n’est pas inutile de réviser avant d’entamer la lecture car la connaissance de ce contexte la rendra plus riche.

En apparence, Rowan est une femme forte et déterminée. Lorsqu’un preneur d’otage exige sa présence en échange des otages, Rowan se présente à lui et fait preuve d’un grand sang froid. Le trait de Nicola Scott renforce cette impression, l’expression de Rowan reste calme, son regard est franc et profond. Nicola Scott sait donner à ses personnages un aspect noble et gracieux qu’on avait pu noter dans Wonder Woman rebirth et qu’on retrouve ici, notamment chez ses personnages féminins au charme desquels je suis particulièrement sensible. Rowan fait une apparition dénudée qui permet au lecteur d’admirer sa plastique mais également de constater la présence de tatouages symboliques sur sa poitrine et sur son bras.

Le preneur d’otage murmure à l’oreille de Rowan des informations qui la trouble et laisse un briquet orné d’un symbole qui ont l’air de perturber notre inspectrice. C’est l’un des mérites de l’ouvrage, à mes yeux, de parsemer les pages de références ésotériques qui donnent vraiment envie de creuser la question. L’écriture de Rucka est d’ailleurs subtile : le lecteur ne sait pas tout, loin de là. Rowan est aux prises avec un ou des adversaires qui nous sont inconnus, Rucka s’amuse à poser des pièges au long du récit et à faire avancer son lecteur dans l’obscurité presque complète. Rowan et ses consœurs sont préoccupées, redoutent quelque chose, mais impossible de savoir quoi ! Le scénariste développe des intrigues secondaires qui ont l’air toutefois d’avoir un lien avec les problèmes de Rowan, mais lequel ?

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Greg Rucka sait distiller une tension à son histoire, le mystère augmente petit à petit, le récit s’accélère tranquillement. L’ambiance de Black Magick est réellement étrange et c’est également dû au choix d’un récit entièrement en noir et blanc à quelques exceptions près que je vous laisse découvrir ! Nicola Scott insiste sur les émotions humaines avec de nombreux gros plans sur les visages des personnages. Lorsqu’elle restitue une action, son trait est d’une grande élégance et même les combats exhalent une forme de douceur.

Black Magick amorce une réflexion sur la religion ou les formes de religion et présente la sorcellerie comme une forme de spiritualité comme les autres même si elle attire quelques ennuis à ses adeptes sans que ces derniers semblent les chercher. Rucka glisse un savoureux débat entre un prêtre et une sorcière et parvient même à y faire un hommage à Bill Watterson, l’auteur de Calvin et Hobbes.

Alors, convaincus ?

Black Magic n’est pas un énième récit de sorcellerie. Certes, on retrouve tous les marqueurs du genre : pentacle, cérémoniel, rituels de protection, chat noir… Cependant, Greg Rucka et Nicola Scott forment un duo parfait pour ce titre qui mêle avec bonheur sorcellerie et thriller. Ils savent fort bien maintenir une tension permanente tout au long des pages et installent peu à peu leur intrigue sans que le lecteur ne sache trop vers quoi on va. Ce n’est aucunement déstabilisant, bien au contraire.

On retient son souffle, on admire les planches sobres et élégantes de Nicola Scott. On se prend d’amitié pour Rowan Black et son groupe de sorcières qui entendent vivre leur spiritualité sans publicité excessive mais dans sa plénitude. Black Magick semble être le reflet d’une certaine société. Malgré les précautions prises par les sorcières pour vivre leur foi païenne sans ostentation, leur existence même paraît poser problème. A qui et pourquoi ? Il faudra acheter la suite pour le savoir et on a hâte !

Sonia D.

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Ce comics a l’air tellement chouette, il est définitivement sur ma liste d’achats prochains 😉 Merci pour la superbe chronique !

    Aimé par 1 personne

    1. Sonia Smith dit :

      Merci à toi également, tu nous diras ce que tu en auras pensé 🙂

      Aimé par 1 personne

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