[Review] Bloodshot (tome 2)

Le premier tome m’avait surtout séduit par le dessinateur Brett Booth. Étant toujours à l’affiche de ce volume, j’ai poursuivi les aventures du héros albinos dans ce deuxième tome en espérant en espérant une montée en puissance de cette relance d’une série phare de Valiant.

Un résumé pour la route

On retrouve la même équipe créative pour la série avec Tim Seeley (NightwingG.I. Joe) au scénario et Brett Booth (Fantastic FourTitans) aux dessins pour les épisodes 4 à 6 de la série Bloodshot publiés entre décembre 2019 et février 2020 aux États-Unis par Valiant. L’épisode bonus, Bloodshot Dayoff 1, publié en juillet 2017 est écrit par Eliot Rahal (Divinity IIIQuantum & Woody) et dessiné par Khari Evans (Imperium, Archer & Armstrong). Ce volume a été publié en juillet 2020 par Bliss éditions.

Bloodshot a fait le choix de se séparer de sa famille le temps de remplir ses missions. Dans le tome précédent, confronté à deux groupes secrets Black Bar et les Brûlés, il a fait le choix de se ranger du côté de ces anciens agents secrets.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Dès la première page, la série poursuit sa mutation du personnage tourmenté vers un héros d’action pure. En effet, Bloodshot est partie prenante d’une attaque ferroviaire où l’équipe doit résister à des fauves génétiquement améliorés. En Chine, les Brûlés ont décidé de s’attaquer à l’Armée de libération populaire car elle pratique des manipulations génétiques pour créer des soldats plus puissants. Ce groupe mineur révèle au héros l’importance de sa mission pour lutter contre les dérives technologiques de Black Bar. Même si le récit est assez simple, la situation se complique quand, dans l’épisode trois, un autre groupe apparaît : la Dernière chair. Pour ces fanatiques religieux, la science est leur foi et leur chef la Cybergothi Friday Dusk. Cette femme cyborg était déjà présente lors de la première attaque de Bloodshot des années 1990 et, devant l’imminence de la défaite, elle s’était cachée. Cette révélation est l’occasion de revenir pour la troisième fois sur ce moment décisif. 

Le scénariste cherche aussi à créer un récit respectant les codes locaux avec les superstitions japonaises. Il en profite pour faire un clin d’œil à l’influence japonaise du design de Bloodshot. Tim Seeley s’empare aussi de Bloodshot car il a acquis de nouveaux pouvoirs par l’intégration de la technologie des Brûlés à ses nanites. Il peut hypnotiser par ondes sonores. Il peut aussi se rendre invisible même doit s’entraîner à maîtriser cette technologie de camouflage. Bien que très amusant, je ne vois pas encore l’intérêt de ce changement. Le scénariste change aussi le ton de la série en intégrant de l’humour. Bloodshot se rend au Scare Con, un festival de fans d’horreur à Miami. Bien que ces rassemblements existent, cela ne semble pas se passer à Miami.

Cependant, même s’il s’agit d’une nouvelle série, tout ne repart pas du néant. On retrouve des thèmes classiques comme la dénonciation des dérives de la science quand elle est au service du complexe militaro-industriel. Dans le train, un mutant obèse dont le corps produit ces fauves est affalé autour des tuyaux qui plongent dans son corps. Brett Booth, souvent plus tourné vers l’action, rend cette case répugnante. Il réalise aussi des images gores à l’instar de celle où Eidolon stimule les nanites de Bloodshot au point de provoquer un geyser de sang. Découvert dans les années 1990 par Wildstorm, le dessinateur semble avoir été ici choisi pour produire une série venue des années 1990 : l’action ne cesse jamais mais aussi la représentation des femmes pose problème. Eidolon fait du yoga européen qui se pratique nu sans que l’on sache pourquoi. 

On retrouve le remord moral du héros. Il veut en priorité aider Eidolon car c’est lui qui l’a livré enfant à Black Bar. Le chef des brûlés sait que Bloodshot a l’habitude d’être manipulé. Mais, le héros a changé et ne se laisse plus faire. Le chef des Brûlés propose donc à Bloodshot de décider de ses propres actions. Cela me paraît trop beau pour être vrai : par l’Armée de libération populaire, il lui fournit une cible parfaite lui rappelant son passé d’outil militaire. J’ai le sentiment d’une manipulation, simplement plus subtile qu’avant car elle utilise la volonté de justice héros. Mais, je n’en suis pas encore sûr car c’est un peu lent à venir. Bien que les pages se tournent agréablement, je ne peux m’empêcher de penser que le récit n’a aucune originalité surtout en comparaison à ma lecture de l’intégrale Bloodshot Reborn de cet été.

On change complètement de récit avec Blooshots Dayoff où j’ai retrouvé avec plaisir les Bloodshot du passé de l’intégrale Reborn et Salvation. Le ton est totalement différent avec un humour mis en avant. Lorsqu’un agent leur annonce que deux Bloodshot, Tank man et Viet man, ont fait 20 000 heures de service ininterrompu, ils reçoivent une permission… mais d’une seule journée et dans une chambre commune. Cette permission est l’occasion d’en apprendre plus sur eux car chacun va profiter de ce moment de liberté pour retrouver ses racines. Tank man est juif et, comme Steve Rogers, il a du mal à vivre dans le présent – il loue une voiture de son époque d’origine pour retourner vers sa synagogue. Lui aussi a abandonné la femme qu’il aime. J’ai compris alors que son passé explique aussi son patriotisme – il s’est engagé pour lutter contre l’antisémitisme et assurer la survie de son peuple. Viet Man va à aussi dans un lieu religieux – l’église à Harlem de son père pasteur – mais le rapport à l’armée a changé. Son père voulait l’aider à fuir la conscription mais Dell a, dans un geste viril, voulu être un homme en étant courageux. Il a été utilisé par l’armée puis par le Projet Rising Spirit. Ce sont donc deux soldats qui reviennent au pays et se réconcilient avec leur passé. En bonus, on retrouve classiquement l’ensemble des couvertures et plusieurs croquis de Booth en bonus.

Alors, convaincus ?

Comme dans le tome précédent, on prend plaisir à la lecture grâce au talent de Booth pour l’action dans chaque case et la mise en page hystérique, même si le récit est encore un peu léger. Blooshots Dayoff n’apporte certes pas de révélation déterminante mais c’est le meilleur épisode du volume car il a une densité psychologique et narrative plus grande.

Thomas Savidan

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