[Review] La Vision

Parmi les nouvelles séries sorties chez Panini dans la collection 100 % Marvel, le titre consacré à la Vision m’intriguait particulièrement. Voici un personnage avec lequel j’ai toujours eu du mal, je le trouve froid voire glacial et je n’ai jamais bien compris l’attirance de la Sorcière rouge pour le synthézoïde même si j’adhère totalement au propos sous-jacent qui montre qu’on peut s’aimer par delà les différences.

Bref, tout ça pour vous dire que j’abordais cette nouvelle série avec suspicion : toute une famille de Vision, mazette, c’est pas un peu beaucoup ? Et pour quoi faire ? Tom King apporte une réponse surprenante à ces questions et il faut bien reconnaître que j’ai été surprise.

Un résumé pour la route

vision_1La Vision est un titre scénarisé par Tom King et illustré par Gabriel Hernandez Walta tandis que la couleur est confiée à Jordie Bellaire. Aux Etats-Unis, The Vision sort en 2016 chez Marvel. En France, La Vision sort chez Panini Comics en novembre 2016 dans la collection 100 % Marvel.

Après avoir effacé de son cerveau tout ce qui se rapportait à ses émotions, Vision décide de créer sa propre famille à son image et de s’intégrer dans une quartier tranquille, Cherrydale, à 20 km de Washington DC. C’est donc Vision, sa femme Virginia, sa fille Viv et son fils Vin qui s’installent au milieu de familles perplexes qui voient débarquer cette famille d’androïdes avec beaucoup de curiosité et un peu d’appréhension. Vision insiste pour que ses enfants mènent une vie proche de celles des jeunes humains en les envoyant à l’époque. Tout semble fonctionner jusqu’à une visite impromptue à laquelle Virginia réagit de manière plutôt vive provoquant une réaction en chaîne qui sera le fil rouge de toute l’aventure.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Ce premier tome de La Vision débute de manière très banale, on se croirait presque dans Desperate Housewives. Comme à l’arrivée de toute les familles américaines, les Vision sont accueillis par des voisins curieux qui leur offrent des cookies et leur posent des questions plus naïves qu’indiscrètes. L’attitude du couple de voisins est caractéristique : George est soupçonneux : ces nouveaux voisins sont plus qu’étranges, pire encore, ils sont différents et forcément dangereux.

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C’est évidemment là que le propos de Tom King dépasse les aventures d’un membre des Avengers. Ce titre est une réflexion sur la différence, la tolérance et l’ouverture à l’autre. Dans le quartier, on est bien plus attentifs aux faits et gestes de cette famille qu’on considère comme intruse et qu’on ne comprend pas. Des graffitis racistes apparaissent sur les murs : plaisanteries d’enfants sans conséquence ou reflet d’une société intolérante ?

A l’école, les deux enfants Vision sont observés avec attention. Si certains adolescents intègrent parfaitement les petits nouveaux, faisant fi des préjugés, le monde des adultes est, au contraire, bien plus dur avec les synthézoïdes. Une bagarre met aux prises Vin et un camarade de classe ? Le proviseur ne propose qu’une seule solution : l’exclusion de Vin qualifié de danger plutôt que le pardon. Les parents supporteront-ils que leurs enfants fréquentent des robots aussi humanoïdes soient-ils ?

On peut aussi voir dans ce Vision une référence appuyée à Philip K. Dick ou Assimov et une proposition sur ce que serait un monde dans lequel les robots éprouveraient le besoin de s’intégrer en menant une vie calquée sur celles des humains et où la logique implacable de l’intelligence artificielle cède devant des imprévus et devient perméable aux émotions et à l’irrationnel. Le scénariste choisit d’ailleurs de donner à ses synthézoïdes l’aspect d’une famille traditionnelle : un père qui pourvoit aux besoins des siens et qui est parfois trop absent, une mère au foyer qui se morfond dans ses tâches quotidiennes, des ados plutôt sages qui se chamaillent entre frère et sœur. Comme toute famille, les Vision cherchent le bonheur et comme tout le monde, ils ont bien du mal à le trouver.

vision_2Tous les événements qui s’enchaînent empirent une situation qui se complexifie au fur et à mesure du récit. C’est le manque de confiance qui provoque les drames qui vont parsemer le récit. Il est évidemment hors de question d’en dire plus au risque de trop en dévoiler mais je peux vous dire que le cliffhanger m’a vraiment donné envie de poursuivre l’aventure alors que je n’étais pas spécialement convaincue au début de ma lecture.

Graphiquement, le dessin de Gabriel Hernandez Walta est efficace, son trait met en scène des personnages aux visages taillés à la serpe mais dont il sait transmettre l’émotion, ce qui est d’autant plus remarquable que les « héros » sont des androïdes qui sont en théorie dénués d’émotion.

Alors, convaincus ?

Si le début de la lecture laisse présager un comic-book ennuyeux et banal, on change très vite d’avis au fur et à mesure des pages. La tension monte peu à peu jusqu’au cliffhanger inattendu qui présage un deuxième volume plutôt musclé. Tom King réussit à faire aimer cette famille d’androïdes à ses lecteurs : alors qu’on s’attend à des personnages froids et sans âme, on est vite surpris. Mais après tout, n’est-ce pas normal, cela ne nous montre-t-il pas que nous sommes aussi victimes de préjugés y compris dans nos lectures ?

Ce titre rappelle également les comics qu’on aime, ceux qui évoquent par delà des aventures super-héroïques les questions d’intégration, du vivre ensemble et des partis pris. En cela, ils sont le reflet de notre société et c’est aussi pour cela que j’ai totalement adhéré à ce premier volume de La Vision.

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. wildstorm dit :

    Je ne sais pas si je sauterai le pas malgré les bonnes critiques. En plus, moi qui suis en adoration devant la sorcière rouge, j’ai toujours été trop jaloux pour aimer ce perso 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Sonia Smith dit :

      Je suis dans le même cas !! Avec Jean Grey, Wanda reste un de mes persos favoris et je me suis toujours demandée ce qu’elle fichait avec la Vision…

      J'aime

  2. thomascrayon dit :

    Pareil, j’en ai entendu parler dans un podcast (After Hate je crois) y’a quelques temps, ils tressaient des louanges à Tom King mais ce concept là me laissait vraiment perplexe… à voir.

    Aimé par 1 personne

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