[Review] The Empty Man

Celles et ceux qui suivent régulièrement le blog ont déjà entendu parler de Cullen Bunn pour son scénario de Harrow County dont les deux premiers tomes sont parus chez Glénat Comics. Puisque j’en ai apprécié l’écriture, j’ai donc été tentée par The Empty Man également signé par Cullen Bunn.

The Empty Man n’est pas très dépaysant pour les familiers de ce scénariste puisqu’il aborde la question du fanatisme religieux et de ses débordements à travers un récit fantastique voire horrifique. Amateurs de récits cartésiens, abstenez-vous, nous voici dans un monde effrayant dans lequel vous pourriez bien rencontrer dieu…mais lequel ?

Un résumé pour la route

empty_1The Empty Man est un titre scénarisé par Cullen Bunn et dessiné par Vanesa R. Del Rey. Aux Etats-Unis, The Empty Man est publié chez Boom Studio. En France, Glénat Comics publie le titre en 2016.

Dans une petite ville de l’Arkansas, un pasteur prêche à un petit groupe de fidèle dans une station service transformée en église. A la fin de l’office, il remarque une étrange jeune femme dont le visage est couvert de cicatrices. Elle lui demande de l’aide, non pas pour elle mais pour son frère. Cinq ans plus tard, à Atlanta, alors que le pasteur Abram anime désormais une émission dans laquelle il prêche l’Evangile, un homme pris de folie se mutile et tue sa femme. Les incidents se multiplient à travers le pays, se répandant comme une épidémie. On appelle ce phénomène le virus de « l’homme vide ». Comment se répand-il ? Peut-on l’éradiquer ? Qui tire profit de la terreur de la population ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

The Empty Man démarre très fort après une courte introduction présentant l’un des personnages principaux de manière elliptique. Le lecteur est ensuite plongé en pleine apocalypse avec des gens qui deviennent fous, se défenestrent, se suicident ou massacrent leurs voisins. On n’a pas affaire ici à une histoire de zombies puisque les victimes meurent sans revenir vous courir après par la suite.

Le mal frappe aléatoirement et selon un mode opératoire qui diffère d’une victime à l’autre. C’est en cela que le scénario est un peu étrange : comment détermine-t-on qu’on a affaire à une seule infection et pourquoi l’appeler « l’homme vide »? Deux inspecteurs vont s’atteler à l’enquête, une enquête qui s’avère complexe : comment lutter contre une épidémie avec des méthodes policières ? Mais, est-ce vraiment une épidémie ? Quelqu’un est-il à l’origine du problème ?

empty_2

Le propos central de cet ouvrage est la manipulation de l’opinion par des dignitaires religieux sans scrupules qui voient dans la peur de la mort un moyen de contrôler les populations effrayées par des phénomènes qu’elles ne s’expliquent pas. Ainsi, le petit pasteur Abram, devenu un télévangéliste riche et influent tire parti des désordres et de l’effroi nés de l’apparition du symptôme de l’homme vide. Ce personnage principal est clairement odieux et ne s’oppose à lui que les deux enquêteurs qui sont emplis de doutes et de faiblesses mais qui vont au bout de leurs convictions, un peu seuls contre tous.

Cullen Bunn dénonce, comme dans Harrow County, le fanatisme qui pousse à la domination voire au meurtre.  Le scénariste montre également le foisonnement des sectes millénaristes qui se nourrissent de ces phénomènes inexpliqués et laissent un couloir d’expression aux désequilibrés qui se pensent envoyés de Dieu.

Graphiquement, Vanesa R. Del Rey donne naissance à un univers sombre et sanglant où les personnages se tordent et dont les visages émaciés reflètent la crainte ou la colère. La galerie de couvertures glissée en fin d’ouvrage par Glénat Comics offre un bel aperçu des talents de cette dessinatrice qui sauve le titre par son talent. Je vous conseille d’ailleurs de lire Hit 1955, sorti chez Urban Comics dessiné par la même Vanesa R. Del Rey.

Alors, convaincus ?

empty_3The Empty Man aborde un sujet délicat – la manipulation religieuse des peurs primitives. Le propos est appuyé, parfois un peu trop et on a un peu de mal à éprouver de l’empathie pour les personnages des deux agents de police qui luttent presque seuls contre « l’homme vide ». Le principal souci de ce titre est un scénario trop rapide qui ne fait qu’effleurer les pistes qu’il ouvre et une fin qui laisse le lecteur carrément sur sa faim, donnant l’impression que le scénariste avait bien du mal à conclure.

Dans la même veine et du même scénariste, je préfère largement Harrow County qui va plus loin dans l’exploration des personnages et la construction d’un univers inquiétant mais plus complet.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s