[review] Conan la guerre du serpent

Robert E. Howard ! A la simple évocation de ce nom me vient immédiatement à l’esprit un falzar en peau de bête contenant des protubérances testiculaires qui, bien que pesant chacune la livre, génèrent des effluves de mouffette faisandée ! Je vois un colosse avec cinq fois le niveau de testostérone de Dwayne Johnson et doté d’une hache à double tranchant capable de proposer des quintuples circoncisions simultanées ! Mais quelle erreur de ma part car M. Howard a produit bien d’autres types de récits avec bien d’autres personnages. Et c’est bien de ça dont il s’agit dans ce « Conan : la guerre du serpent ».

Bon comment que c’est foutu ?

Nous commençons par un récit sur le personnage de James Alisson sur son lit de mort d’où lui reviennent des visions de ses vies antérieures. Il y a des milliers d’années, alors que le monde baignait dans le barbarisme, il était Niord, le fléau du Ver. Le guerrier, pour venger le massacre des siens par un monstre surgi d’étranges ruines, l’empoisonna d’une flèche trempée dans le venin de Satha le cobra géant. Le grand ver fut mis hors d’état de nuire mais le guerrier y laissa la vie.

Les océans engloutirent l’Altlantide et les cités étincelantes puis il y eut l’avènement des fils d’Aryas  mais bien des peuples se souvenaient toujours des exploits du héros, connu sous bien des noms différents, qui avait vaincu le ver . Cependant, au travers du voile de la mort, James Alisson comprend que le combat n’est pas fini et une voix lui chuchote que le grand serpent Satha que d’aucuns appellent Set voulait sa revanche au travers des éons ! Alors le gisant va convoquer à lui des êtres qu’il fut jadis et même un qu’il n’a pas encore été. C’est ainsi que la guerrière Agnès la noire va être projetée de son XVIe siècle vers l’âge Hyborien où elle va rencontrer le barbare Conan. Quant à Solomon Kane le paladin puritain, il va se retrouver affublé de Moon Knight que le dieu lunaire Konshu a désigné pour combattre le serpent durant l’ère Elisabethaine.

Dès lors , les binômes vont se lancer, chacun à leur époque, dans une quête visant à contrecarrer les projets du dieu reptile qui mettent en jeu  rien de moins que notre réalité !

Qu’est-ce qu’on en pense sur comics have the Power ?

Au-delà de l’aspect mercantile que peuvent inspirer les crossovers de tous poils, nous sommes clairement face à un hommage et même un double.

Il y a d’une part , un énorme clin d’œil au grand Roy Thomas grand architecte de la fantasy dans le Marvel des années 1970-80. Le scénariste Jim Zub, qui est a une lettre de l’indécence phallique et à qui l’on doit déjà le très étrange « savage Avengers »,  commence son histoire par la reprise d’une adaptation d’une des nouvelles d’Howard par Thomas pour en faire le fil conducteur.

Mais il est clair que l’acte de déférence du scénariste concerne d’abord et avant tout le Texan père du plus fameux des cimmériens ! La rencontre que va organiser l’auteur entre ces divers personnages d’Howard est un magnifique prétexte aussi pour les amateurs de l’écrivain mais finalement ce n’est pas que du simple « fan service ». En effet , un lecteur qui ne connaîtrait rien à l’univers du maître et de ses créations va non seulement retomber aisément sur ses pieds mais va bénéficier du même coup de la possibilité de découvrir la farouche bretteuse Agnès la noire et le très puritain Solomon Kane. D’ailleurs je ne saurais que trop vous recommander de vous pencher sur les romans et nouvelles concernant ces personnages qui sont d’une richesse que l’on ne fait que survoler dans ce comic.

Mais l’hommage n’est pas garant de qualité et qu’en est-il ici ? Plein de bonnes choses tout à fait jouissives comme l’action non stop ou encore les références au monde de chaque protagoniste. On notera également que la forte influence de H.P Lovecraft dans les écrits d’Howard avec qui il entretenait une forte amitié est parfaitement respectée. Ainsi, nous retrouverons dans cette « guerre du serpent » des représentations très « Cthulhiennes » des diverses monstruosités auxquels nos héros vont être confrontés. D’un autre côté, nous ne sommes tout de même pas face à un chef-d’œuvre mais bien davantage à un divertissement bien conçu et qui nous maintient en haleine tout du long.

Les différents dessinateurs (Scott Eaton, Stephen Segovia, Luca Pizzari, Ig Guara et Vanessa Del Rey) font le job, c’est plutôt joli mais il n’y a rien de transcendant.

En synthèse, nous sommes face à une bonne petite histoire qui permet de découvrir autre chose que simplement du Conan et qui reste tout à fait plaisante à lire. Après moi, tant que j’ai mon slibar en peau de bête….

Dragnir

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s