[review] Animosity tome 1

Un nouvel éditeur fait son apparition avec Snorgleux Comics en 2016. En septembre 2017, l’éditeur sort deux titres Aftershock. Ne connaissant pas du tout leur catalogue, je décide donc de me lancer dans l’achat du premier volume d’Animosity, encouragée en cela par la preview sortie au moment du FCBD.

Un résumé pour la route

Animosity_1Animosity est scénarisé par Maguerite Bennett. Les dessins sont confiés à Rafael De Latorre. Le titre est sorti aux Etats-Unis chez Aftershock en 2017 sous le titre Animosity, the Wake et en France la même année chez Snorgleux Comics.

Un beau jour, les animaux ont connu ce qu’on appelle « le réveil ». Ils se sont mis à parler et à exprimer leurs doutes, leurs convictions, bref, ils sont dotés d’une conscience. La plupart, évidemment, en veut aux êtres humains pour les souffrances qu’ils ont subies. Les animaux se révoltent et une guerre planétaire se déclenche. Au milieu de la tourmente, le chien Sandor et Jesse, une fillette de onze ans partent pour San Francisco pour rejoindre son frère.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Animosity propose une inversion des rôles en mettant les animaux sur le même plan que les humains : ils parlent, prennent des initiatives et s’emparent de la technologie pour arriver à leurs fins. Comme toute oppression, la domination humaine est remise en cause violemment et, comme souvent, une oppression en remplace une autre. Le point central du titre est, en effet, de savoir comment les anciennes victimes vont traiter ceux qui les ont exploitées et si elles vont se montrer meilleures que leurs bourreaux.

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Marguerite Bennett sait très bien s’éloigner du piège du manichéisme. Elle dépeint des animaux féroces, rendus fous de rage par leur captivité ou leurs souffrances, des animaux manipulateurs qui se servent de leurs semblables sans vergogne. Dans le même temps, elle montre des animaux qui réfléchissent avec acuité sur leur propre mode de vie : chacun étant plus ou moins le prédateur d’un autre. Avec le réveil, cette nouvelle question se pose pour les animaux : doivent-ils changer leur mode de consommation et comment faire ? Cette réflexion est assez profonde et amenée avec justesse sans vouloir faire de leçon à quiconque. Fort heureusement, les animaux ne sont pas tous dépeints comme des monstres fous ayant perdu la raison et l’être humain reste finalement le plus abject malgré tout.

A côté de ces animaux revendicatifs ou agressifs, on retrouve tout un panel d’êtres bons qui ne demandent qu’à cohabiter avec les autres espèces, y compris les humains, dans un respect mutuel. Comme d’habitude, les pacifistes ont bien du mal à faire entendre le son de leur voix. Au milieu de tout ce chaos, le sort de Jesse et du chien Sandor nous préoccupe particulièrement. Ce duo est extrêmement touchant grâce au lien fort qui unit ces deux êtres qui éprouvent une amitié forte l’un pour l’autre, qui dépasse la barrière des espèces. Les rôles sont d’ailleurs inversés : après le réveil, c’est Sandor qui protège la fillette et non l’inverse.

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L’ambiance d’Animosity rappelle beaucoup de titres post-apocalyptiques comme la Route mais on y retrouve aussi quelques similitudes avec Walking Dead par exemple. Graphiquement, le travail de Rafael De Latorre est superbe, les personnages animaux ou humains très expressifs même si les décors sont parfois minimalistes.

A ce stade de l’histoire, on aimerait en savoir plus sur les conditions du réveil de la conscience des animaux car cela reste encore très mystérieux. Comme presque à chaque fois, je regrette que l’histoire ne prenne pas assez son temps pour présenter la situation et les différents protagonistes mais les récits courts ont aussi leurs qualités en donnant du rythme et de l’intensité à la lecture.

Alors, convaincus ?

Totalement malgré le petit bémol indiqué ci-dessus. Animosity pose la question des rapports humains / animaux qui rappellent ceux des esclaves et de leurs maîtres. Pourtant Marguerite Bennett évite la caricature et le manichéisme en présentant des animaux dont les réactions rappellent un peu trop celles des humains. Au milieu de cet océan de fureur, on s’attache inévitablement au chien Sandor et à la petite Jesse qui semblent résister tant bien que mal à la fureur ambiante.

Animosity est un ouvrage attachant qui secoue un peu, c’est parfois difficile mais ça fait du bien de lire un récit abordant des sujets complexes qui nourrissent sa propre réflexion.

Sonia D.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Je l’ai lu en VO et c’est vrai que c’est un très bon titre. Le scénario est travaillé ainsi que les personnages qui sont également attachants. Et graphiquement ça envoi !

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