[Review] Nailbiter

Nailbiter : voici une sortie que j’attendais avec une impatiente curiosité. Lorsqu’on est amateur de thriller aussi bien en littérature qu’au cinéma, on est forcément intrigué quand une quatrième de couverture vous promet un ouvrage « mêlant le mystère de Twin Peaks à l’horreur de SEVEN« . Avec ce titre, Glénat comics nous propose donc d’explorer l’univers des tueurs en série d’une façon plutôt originale, mêlant l’horreur, le cynisme et un humour rouge sang.

Un résumé pour la route

NailbiterLa ville de Buckaroo dans l’Oregon a le triste privilège d’être le lieu de naissance de seize des tueurs en série les plus effrayants des Etats-Unis. L’inspecteur Warren est littéralement hanté par cette question depuis que « Edward Nailbiter », un serial killer qui ronge les ongles de ses victimes, a été acquitté des meurtres qu’il a commis. Il entraîne dans sa quête son collègue Nicholas Finch, un flic au bord du suicide. Buckaroo n’a pas fini de livrer ses secrets les plus gores !

Nailbiter est l’oeuvre du scénariste Joshua Williamson, du dessinateur Mike Henderson et du coloriste Adam Guzowski. La série est parue aux Etats-Unis chez Image Comics et en France chez Glénat Comics en 2016.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Aux côtés des mythes fantastiques que sont ceux des vampires ou des sorcières, des peurs modernes que sont les complots en tous genres ou les invasions extra-terrestres, Glénat Comics choisit de mettre à l’honneur une autre des grandes peurs contemporaines : les tueurs en série. Ce thème qui fascine écrivains et cinéastes entre également dans le monde des comics. Nailbiter est un bon exemple de ce type de récit même s’il est à la fois un modèle du genre et une parodie d’un cynisme subtil.

Joshua Williamson se joue avec brio des codes du genre. Il choisit de placer l’action dans l’Etat de l’Oregon où il réside lui-même et qui vit passer des serial killers comme le terrifiant Ted Bundy, Randall Woodfield surnommé « le tueur de l’autoroute »ou encore the lust Killer, Jerry Brudos. Voilà de quoi développer l’imagination et trouver de l’inspiration.

Nailbiter_1
se ronger les ongles, c’est mal !

Evidemment, on retrouve dans Nailbiter les ingrédients qui font les bons thrillers : des tueurs en série qui, pour certains, sont loin d’être des brutes épaisses. Ils sont intelligents, jouent avec les autorités, font parfois de bonnes actions ou restent attachés à certaines personnes…mais jusqu’à quand et pourquoi ? Il y a des relents du Silence des Agneaux ou de Dexter dans Nailbiter dont certains passages me rappellent aussi la récente série Hannibal où on ne sait jamais trop ce qu’on mange. La référence à Hannibal Lecter est explicite puisqu’on voit apparaître le fameux masque sur une des couvertures alternatives. Le tueur en série qui donne son nom au titre est, comme beaucoup, charmeur, agaçant et terrorisant et on ne sait bien sûr quoi penser de son attitude à la fois conciliante et provocatrice envers les forces de l’ordre.

Ce titre met en scène des tueurs qui ont fait l’objet de traumatismes, thème classique du genre que Joshua Williamson pousse jusqu’à l’absurde en invoquant des figures aussi étranges que « le tueur du cinéma muet » ou le « brûleur de livres » démontrant que la moindre contrariété peut pousser un esprit faible ou dérangé à commettre l’irréparable. Tortures et cannibalisme sont également au rendez-vous, de quoi mettre allègrement mal à l’aise car Nailbiter est cru, le sang gicle, les membres se tordent, les hurlements déchirent la nuit.

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ça crame pour toi !

Pourtant, Nailbiter n’est pas dépourvu d’humour, celui-ci réside dans l’accumulation des tueurs les plus surprenants et dans l’exploitation commerciale que la ville de Buckaroo fait de son étrange spécialité. Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir donné naissance à autant de monstres. Quel genre de touristes peut bien être attiré par la boutique de souvenirs : « the murder store »? Mais finalement, n’est-on pas dans une société qui fait commerce de tout ?

Graphiquement, je dois dire que j’ai eu un peu de mal à me faire au style très carré de Mike Henderson mais plus on avance dans le récit et plus ce trait puissant ajoute de la pesanteur à une ambiance déjà fort lourde, ce qui ajoute au malaise général que le lecteur ressent à la lecture.

Enfin, l’éditeur remplit encore parfaitement son rôle en offrant un ouvrage soigné avec, en fin d’ouvrage, une galerie de couvertures toutes plus sanguinolentes les unes que les autres.

Alors, convaincus ?

Nailbiter_3Nailbiter est un titre qui réussit pleinement son pari : jouer avec tous les codes du genre en les rassemblant dans une même histoire et en un même lieu : une ville qui a donné naissance à 16 tueurs en série, c’est plutôt inhabituel ! Si on sourit parfois, on frémit réellement et ce comic-book remplit parfaitement sa mission : l’échine du lecteur est parcourue de frissons du début à la fin.

Vous cherchez de quoi vous faire peur avec un peu de subtilité et d’humour malsain ? Nailbiter est fait pour vous, ne passez pas à côté de ce titre.

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