[Review] Radiant Black (tome 1)

La lecture de cette semaine est issue d’une double inspiration : les conseils de SN Parod et la découverte du concept de la série. Cependant, faire du Power Rangers de contrebande avec Radiant Black est-il un moyen de dépasser la série originelle ?

Un résumé pour la route

Ce volume contient les épisodes un à six de la série Radiant Black publiés aux Etats-Unis par Image comics entre février et juillet 2021 puis en France chez Delcourt le 18 mai 2022.

Ces épisodes sont scénarisés par Kyle Higgins (MagnusPower Rangers) sauf le dernier par Cherish Chen, dessinés et colorisés par Marcelo Costa (FireflyZombie Tramp) puis Eduardo Ferigato (The Last PhantomSelf/Made) et David Lafuente (Flash InfiniteUltimate Spider-Man).

Le trentenaire Nathan Burnett fait le point sur sa vie et ce n’est pas beau. A cause de ses dettes, il cumule deux emplois et doit malgré tout vivre chez ses parents. Cependant, tout change quand il découvre le Radiant. Cet artefact lui donne accès au pouvoir cosmique mais rien n’est jamais aussi facile, non ?

On en dit quoi sur Comics have the power ?

Dès les premières annonces aux Etats-Unis, j’ai été très intrigué par le concept de la série. Le scénariste Kyle Higgins était frustré par le manque de liberté sur les Power Rangers et décide de créer sa propre version des sentai. Il commence par Radiant Black et, grâce au succès, il a multiplié les spin-off colorés aux Etats-Unis. Sa frustration apparaît ironiquement dans une case quand Marshall cherche un pseudo car le nom de Power Rangers est barré pour éviter un procès. Dans la série, j’ai ressenti une envie de liberté mais, heureusement, elle se passe de davantage de violence pour s’inscrire dans la société. Nathan pleure dans sa voiture quand il apprend que la banque refuse son prêt mais il ne peut se laisser aller car un client arrive : il est un chauffeur Drivr (qui rime avec…) à Los Angeles et doit enchaîner les courses. Ce boulot lui permet plus tard d’enquêter. Il y a aussi une allusion à la légalisation du cannabis.

La faiblesse de Nathan me parle en tant qu’adulte même si je n’ai pas la même vie. Il a l’impression d’être un looser car il n’arrive pas à réaliser ses rêves et retourner chez ses parents est un échec. Il a honte de ses dettes qu’il cache à tous sauf à son meilleur ami, Marshall. Nathan est aussi un romancier de polar qui galère à finir son premier livre et doit faire des boulots alimentaires pour survivre. Écrire est un besoin vital pour lui. Il doit d’ailleurs subir une discussion tendue avec son père sur la nécessité d’avoir un boulot alimentaire. On découvre le quotidien d’un écrivain. Il se lève tôt et on a des extraits de son projet mais il ne cesse de ruminer chaque page, chaque virgule au point d’être bloqué. Je trouve l’idée d’en faire un romancier originale et sans doute personnelle pour Higgins. Le scénariste situe également l’action à Lockport dans Illinois, une petite ville près de Chicago et il est né juste à côté dans une ville similaire. Comme Higgins, Nathan est blanc et roux.

A l’image d’Invincible, j’ai aussi aimé retrouver des codes du super-héros dans un cadre différent. Ses pouvoirs sont assez classiques pour l’instant. Nathan peut voler et faire léviter, projeter les objets et expulser des rayons d’énergie. Plusieurs éléments m’ont fait penser à Spider-Man. Nathan est heureux d’avoir ce pouvoir, cette opportunité de tout changer mais pour les autres il ne cherche pas de boulot. Il est pauvre mais honnête. C’est un héros du quartier, du quotidien et, lors de ses premiers combats, il est maladroit et blague. Mais le lien avec le Radiant évoque également le symbiote Venom. Marshall est l’acolyte classique du héros. Il représente la caution humoristique. Il se charge de l’entraînement de Nathan mais son expertise semble reposer sur les films car il est un vendeur malin mais arrogant dans un vidéo-club (cela existe encore ???). En effet, il a un caractère très différent : extraverti, positif et plus libéral sur la morale. Il est plus entreprenant commercialement. S’il paraît moins porté sur la réflexion, il cerne très bien les gens. Les deux sont considérés comme des loosers qui rêvent leur vie plutôt que de la vivre. Leur amitié commune m’a touchée.

Radiant Black est avant tout une série d’action avec un rythme rapide : Nathan trouve l’artefact au bout de huit pages. Il aide la police mais deux agents découvrent tout de suite sa nouvelle identité et viennent le solliciter car il a une responsabilité vis-à-vis de la communauté. Kyle Higgins écrit pour ceux qui connaissent les codes mais en voulant aussi les surprendre. Il installe très vite un univers plus complexe qu’un justicier redresseur de torts. Le radiant parle à Nathan mais pour détruire toute autre occupation – il critique ses tentatives littéraires – et lui fait parler une langue inconnue. Nathan découvre un autre univers (l’Existence). Kyle Higgins sait structurer par épisode : dans la dernière page du premier épisode, on découvre un autre héros portant le même costume mais ayant choisi le crime. Dans l’épisode cinq, le retournement complet est très réussi et montre que le scénariste ose aller très loin.

Le dessin de Marcelo Costa n’est pas catastrophique mais il est très simple et manque d’originalité. Je m’y suis pourtant habitué par plusieurs passages réussis : la transformation de Nathan en Radiant Black et les scènes d’action. La bd a également une « touche française » car le casque du costume est pour moi inspiré de celui d’un Daft PunkEduardo Ferigato qui dessine l’épisode cinq ne paraît pas plus doué mais il donne de l’ampleur au duel entre le Radiant Black et le rouge. J’ai, par contre, apprécié l’épisode dessiné par David Lafuente. Ses couleurs pastel et ses formes rondes sans être cartoony créent un style très intéressant pour un épisode plus intime mais l’encrage est encore brouillon.

Alors, convaincus ?

J’ai adoré le lancement de Radiant Black. Kyle Higgins imprime un rythme très rapide mais sans jamais sacrifier les personnages plus originaux que les Power Rangers. Nathan est très touchant par ses hésitations et tout un groupe se forme en fin de tome. Certes, le dessin manque de relief au sens littéral et second mais il est tout de même très efficace. Pour une fois, le bandeau sur Invincible n’est pas usurpé. L’édition est aussi très agréable. En dernière page, Delcourt ajoute un alphabet du Radiant mais, venant de le découvrir, je vous laisse car je pars chercher les indices.

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