[Dossier Jean Grey] X-Men #8 novembre 1964 Unus, The Untouchable !

Après une série d’épisodes consacrée à des méchants récurrents tels que Magnéto et sa confrérie ou au Colosse, les X-Men se voient ici confrontés à un adversaire inédit qui va leur donner un peu de fil à retordre : Unus l’Intouchable. Dans ce numéro, comme dans le précédent, les jeunes mutants sont livrés à eux-mêmes, le professeur Xavier étant parti.

Ce huitième numéro est scénarisé par Stan Lee. On retrouve Jack Kirby au dessin tandis que l’encrage est confié à Chic Stone. Ce numéro est sorti plusieurs fois en France, dans Strange, Spidey et dans l’intégrale X-Men 1963-64 sortie chez Panini.

En l’absence de leur mentor, les X-Men se retrouvent sous la direction de Cyclope. Ils s’entrainent dur pour pouvoir parer à toute éventualité. Après une séance de salle des dangers éprouvante, Cyclope donne un peu de congés à ses camarades mais Hank et Bobby se font agresser par des passants après avoir sauvé un petit garçon. Le Fauve décide alors de quitter l’équipe. Pourtant, il sauvera ses amis d’un terrible mutant, Unus l’Intouchable.

Le contexte

L’année 1964 est importante aux Etats-Unis pour les droits des Afro-américains avec l’adoption du Civil Rights Act qui abolit les lois Jim Crow et la ségrégation raciale dans l’espace public après un très long chemin pour la reconnaissance des droits civiques. Cette lutte passe, en 1963, par la campagne de Birmingham, violemment réprimée, notamment par le gouverneur Wallace et par les combats de Martin Luther King qui fait l’apologie de la non violence dans un contexte marqué par les attentats sanglants perpétrés par le Klan. Si l’égalité des droits civiques est prononcée, une partie de la société reste hostile et empreinte de racisme.

C’est l’allégorie du combat des Noirs pour l’égalité et les réactions violentes qu’elles suscitent que veut représenter cet épisode du lynchage du Fauve et d’Iceman qui rappelle ceux des afro-américains encore hélas trop présents y compris jusqu’aux années 1980. C’est, à mon sens, le moment fort de l’épisode, bien plus que la rencontre avec Unus. Hank sauve un enfant en danger de mort mais doit pour cela faire état de ses pouvoirs de mutant. Au lieu de le remercier, la foule prend peur, poursuit Hank et Bobby qui échappent de peu au lynchage. On voit éclater toute la colère du Fauve qui refuse de se battre plus avant pour des humains qui le haissent et qui décide de quitter les X-Men. La haine appelle la haine et transforme un homme bon en homme frustré et acrimonieux. Cet épisode fait plus pour la compréhension de l’âme humaine que de longs discours et montre combien la confrontation à l’autre peut être source de déconvenues et entrainer parfois des catastrophes. Fort heureusement, ce n’est pas le cas ici et le Fauve finit par retourner chez les X-Men mais cet épisode est charnière pour comprendre l’identification des minorités au sort des mutants.

Le combat contre Unus l’Intouchable – le caractère intouchable du personnage peut, lui aussi être entendu sur un plan allégorique – n’est donc pas le centre du propos de Stan Lee et Jack Kirby ici, démontrant, s’il en était besoin, que le monde des comics est perméable aux débats de son temps.

Jean Grey dans l’épisode

La pleine page qui sert toujours d’introduction aux épisodes des X-Men reprend, comme celle de l’épisode six un bon vieux cliché. En salle de danger, Jean Grey est occupée à faire de la télékinésie… avec une pelotte de laine et un canevas. Cyclope se montre content de son travail et exprime en pensée ses sentiments amoureux de manière explicite. Lorsque la séance d’entrainement cesse, Cyclope donne un peu de congés aux autres mais refuse de se joindre à eux, malgré la sollicitation de Jean Grey.

Au cours du combat contre Unus, Jean Grey se montre efficace, usant de son pouvoir télékinésique plus facilement et avec aisance. Toutefois, tous les X-Men se montrent impuissants : comment lutter contre un adversaire qu’on ne peut pas toucher. Jean Grey se montre, comme ses camarades, très sceptique face à la méthode du Fauve qui consiste, à l’aide d’une machine, à amplifier les pouvoirs d’Unus. Elle est accusatrice envers son ami et parle même de trahison tandis que Cyclope se montre plus confiant envers Hank. Jean Grey lui reconnait alors son rôle de leader, ce qui clôt un épisode riche en émotions.

Sonia Dollinger

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