[Keep comics alive] Fantastic Four et Captain America Heroes Reborn

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Après les débuts d’Image comics, voici le retour des Wonder Kids du dessin chez Marvel. Cette période a en général une très mauvaise réputation. Ayant acheté en occasion les revues françaises sur les Fantastic Four et Captain America puis les séries communes, j’ai voulu vérifier par moi-même. Enfin, parler de Rob Liefeld sur ce site était un challenge personnel…

Une petite présentation

Après le massif crossover Onslaught, les héros les plus anciens de Marvel se sont sacrifié. Tout le monde pensen qu’Iron Man, Captain America, les Avengers et les Fantastic Four sont morts mais ils vivent en fait dans une autre dimension.

Pendant douze épisodes, ils sont réinventés par les équipes créatives d’Image comics. La série Fantastic Four est réalisée par Jim Lee (WildCATSBatman Silence) qui est aidé de Brandon Choï (WildCATSGen13) pour le script. Scott Williams se charge de l’encrage. A partir du numéro sept, il est remplacé aux pinceaux par Brett Booth (TitansFlash) et Ron Lim (Le Gant de l’infiniSilver Surfer). La série Captain America est dessiné et scénarisé, si on veut, par Rob Liefeld (X-ForceYoungblood) avec l’aide de Jeph Loeb (Batman SilenceNova). Ayant été renvoyé d’Image Comics et donc de Marvel, il est remplacé à partir du numéro sept par James Robinson (La sorcière rougeStarman) au scénario et Joe Phillips (Mister MiracleAliens) aux dessins. Ces séries ont été publiées par Marvel aux États-Unis entre novembre 1996 à novembre 1997 et par Marvel France dans la revue Fantastic Four entre mars 1998 et février 1999.

Ce comics a-t-il le power ?

Fantastic Four

Dès la première case, je tombe à nouveau amoureux de Jim Lee. Des pages sont splendides – Namor sur son trône où l’artiste réussit à faire du roi à la fois un être impérial et triste de la mort de sa bien-aimée par le regard dur et la position avachie. Jim Lee est à l’époque un génial structurateur de planche. On peut le constater sur la page un de l’épisode quatre : sur une case on voit en haut le paysage puis le corps entier d’un soldat wakandais sur la longueur pour cacher l’environnement et enfin des gros plans sur l’attaque dont l’œil du soldat avec une tête de mort. Les couleurs sont toujours aussi superbes. J’ai adoré l’héliporteur avec un innovant cadrage d’en dessous. On retrouve le design de Lee – les combinaisons spatiales des Fantastic Four ressemblent à ceux des X-Men, les monstres sont proches de Divine Right. Comme dans Silence, je suis toujours aussi fan des clins d’œil visuels qu’apporte le dessinateur – Ben a une casquette Homage puis boit une bière Homage Brew, le studio de Jim Lee. A partir de l’épisode sept, Brett Booth le remplace. Son trait dynamique et vif lui permet de réaliser de belles planches de combat. Il réalise d’agréables designs et son cadrage est classique mais les visages manquent encore de nuances. Pour quelques épisodes, j’ai été heureux de retrouver Ron Limmême s’il n’est plus au summum. Son dessin est irrégulier et parfois plat : il est moins doué sur les plans larges avec beaucoup de monde ou de décor.

L’objectif de départ d’Heroes Reborn était de moderniser ces héros. Superficiellement, cela passe par un lifting chronologique. Ben est un vétéran de la guerre du Golfe. Plus profondément, le récit des origines est aussi modifié et rendu plus concret. La N.A.S.A. a repéré des fluctuations énergétiques dans l’espace et Red est chargé de construire un vaisseau pour les analyser. Ce n’est plus un projet familial. Lee et Choï cherchent à expliquer comment ce groupe s’est retrouvé ensemble dans une navette coûtant plusieurs milliards. Étrangement, on parle souvent d’argent. Red se plaint que le S.H.I.E.L.D. ait volé son invention des particules instables. Johnny veut profiter de son statut de super-héros pour se faire de l’argent. La base spatiale est dans le secteur 52 – allusion à l’Area 51, le site de Roswell. Red perd la direction du projet Excelsior – le slogan favori de Stan Lee – au profit de Wyatt Wingfoot agent spécial du S.H.I.E.L.D. qui fait même arrêter les quatre pour insubordination. Cette méfiance vis à vis de l’État n’existait pas dans le récit de départ en pleine Guerre froide mais me semble être apparu dans les comics après le Watergate. Wingfoot qui est un agent de Fatalis a tout manigancé pour s’emparer du projet. Les quatre prisonniers embarquent dans la navette secondaire pour empêcher Wingfoot de détruire l’anomalie. Ben est le pilote et Red le scientifique et ils ont besoin de Susan et Johnny pour rentrer le code de lancement. Le scénario explique aussi comment Red a pu oublier les rayons cosmiques car, l’Excelsior étant déjà parti, le groupe s’envole avec le prototype, moins protégé. Ce début m’a fait penser au film sur les FF. Il y a peu d’identités secrètes dans cette série. Non seulement pour les FF mais Reed connaît T’challa, Black Panther par des liens d’affaire et il va les aider en tant que Panthère noire. Le S.H.I.E.L.D. est plus présent dans cet univers. Fury avait sauvé Ben dans le Golfe et Red comprend que le directeur du S.H.I.E.L.D. veut les manipuler. Comme d’habitude, Fury en sait plus que les autres. Susan crée le symbole pour ne pas être confondu avec les uniformes des espions. Le S.H.I.E.L.D., bien plus puissant, inquiète Fatalis.

Les personnages sont aussi modifiés. Dans une case, Lee suggère une relation sexuelle entre Reed et Susan. Traumatisé par la guerre, il a hésité à rejoindre le projet et n’a pu être pilote à cause d’une blessure. Le personnage qui est le plus transformé est Susan. Elle n’est plus une potiche mais dirige une fondation qui cofinance le projet avec l’État pendant que son frère dirige un casino à Vegas. Ensuite, Susan est chargée de l’entraînement de l’équipe. Hélas, cette vision plus féministe est gâchée en une idée. Elle a créé sa société pour compenser son infertilité. Elle ne semble être forte que pour compenser l’absence d’enfant. Ce n’est que face au danger que le pouvoir de Susan se révèle et encore partiellement. On a l’impression que le pouvoir d’une femme doit encore être timide dans les années 90. Enfin, elle paraît totalement coincée et froide (frigide) lors d’une cérémonie au musée américain d’histoire naturelle. On sent que le scénario hésite entre faire d’elle une femme indépendante ou une mère en manque d’enfant. Hélas, les deux en même temps, cela fonctionnement mal. Dans l’épisode trois, Alicia Masters, sculptrice de renommée mondiale est une femme de pouvoir et non pas seulement une victime à sauver. La recherche de Ben pour la retrouver est assez touchante. Des blagues sont plus adultes. Selon un tabloïd, on aurait offert un million à Reed pour qu’il tourne dans un porno. On retrouve des réflexes scénaristiques lus dans les X-Men puis les WildC.A.T.S. avec l’intervention d’une journaliste – Colleen Chang d’American Tabloïd – pour apporter des précisions. Hélas cette réinvention n’apporte aucune idée profondément neuve et le principal problème ce sont les dialogues convenus et répétitifs – Namor dit trois fois que Giganto est né de déchets toxiques. La réinvention la plus pertinente est l’idée que non seulement Ben, Red et Fatalis étaient ensemble à l’université mais aussi Stark, Banner, Rebel O’Reilly et Hank Pym. Ils forment les chevaliers atomiques de la table ronde que l’on retrouve au centre du crossover Révolution industriellecoordonné par Scott Lobdell mais les enjeux sont trop faibles – faut-il tant de héros pour empêcher un réacteur gamma d’exploser ?

Des éléments clés de l’univers des Fantastic Four sont présents. La réaction aux nouveaux pouvoirs varie selon la personnalité des héros : Johnny est fier et s’en amuse, Reed cherche à analyser froidement par la science ce fait nouveau. Ben en souffre physiquement d’abord puis psychologiquement. Visionnaire mais assez froid, Red veut partir dans l’espace malgré son renvoi et son emprisonnement. Il s’affirme rapidement comme le stratège et forme ainsi une équipe. Il est aussi le tampon entre Ben et Johnny. Cette tension correspond à l’opposition entre le pouvoir terrestre de la Chose et plus aérien de la Torche. Ben reste l’homme le plus terre-à-terre du groupe alors que Johnny est un ado attardé superficiel : il conduit une Lamborghini Diablo noire et largue froidement une fille en arrivant à la base. Johnny et Crystal tombent amoureux en un épisode et doivent se séparer quelques cases après. Fatalis reste persuadé de tout maîtriser malgré l’accident qui l’a défiguré. Il réalise son rêve en faisant de Red son assistant pour éviter l’explosion du Surfer.

Plus qu’une réinvention, Choï et Lee rendent hommage en imitant le style de Stan Lee qui intègre en guest-star d’autres héros, mélange les scènes d’action et d’introspection. Le scénario cherche à relier les différentes créations d’origine. Dès le premier épisode, la navette s’écrase sur une île du triangle des Bermudes, celle de l’homme-taupe qui est un des deux points terrestres lié à l’anomalie. L’homme-taupe veut détruire une métropole en l’honneur de l’être suprême. Si on est fan de Marvel, on devine déjà que c’est Galactus. On retrouvera plus tard le Silver Surfer dont Fatalis siphonne l’énergie puis un skrull devenant Super en pompant l’énergie du Surfer. S’inspirant des quatre premiers épisodes des FF et de l’Annual, les artistes m’ont fait voyager dans les lieux imaginaires de Lee et Kirby : l’île de l’homme-taupe, le Wakanda, la Latvérie, Attilan mais parfois on n’a pas envie d’être si guidé : L’homme taupe explique trop que ses pouvoirs viennent de Galactus. Des scènes semblent reprises des pages des années soixante. Johnny entoure Namor de flammes mais ce dernier se place à côté d’une borne incendie ce qui éteint la flamme de la Torche. J’ai bien aimé l’idée de limiter les intervenants dans ce nouvel univers mais le scénario va très vite et il bâcle parfois la résolution : comme dans les années 60 ? Namor se rallie du côté de la paix et abandonne sa conquête mais sans n’avoir rien obtenu. L’hommage est aussi visuel : on revoit des planches avec Giganto et dans un coin de case, on peut lire After JK (Après Jack Kirby).

Des liens apparaissent aussi entre les séries de Reborn. Les Avengers interviennent dans l’épisode trois. Dans le premier crossover, Onslaught réapparaît dans une case. Red met en évidence l’existence de la zone négative où le Gardien les sauve d’une attaque de Blastaar puis les projette individuellement dans leur véritable passé. Chaque héros visite une saga majeure des FF – Red contre les X-Men, Johnny a son mariage avec Alicia, Sue dans un moment tendre avec son fils. On commence à voir des fils narratifs autour du passé universitaire des héros et de Galactus. Le Grand Dévoreur a détruit la planète mère des Skrulls et sachant que Galactus voulait se nourrir de la Terre, ils sont venus pour récupérer l’énergie cosmique du Surfer. Les Inhumains sont créés par Galactus et non par les krees. Le frère fou de Flèche noire, Maximus, a utilisé la brume territogène pour atteindre un niveau supérieur d’évolution et donc être digne de la venue du géant. Les graines génétiques que Galactus a plantées sont mûres et la Terre n’est qu’un champ pour le nourrir. J’ai bien aimé cette nouvelle vision du personnage. Ce géant a plusieurs hérauts en même temps – et pas successivement : Firelord, Terrax, Plasma, le Surfer d’argent et Air-Walker. Firelord inspecte des bornes catalyseurs installées par Galactus qui sont des engrais pour faire pousser plus vite la vie. Le Surfer d’argent est plongé dans un questionnement métaphysique par ses contacts avec les humains. Les liens entre les deux mondes se renforcent alors que Galactus se rapproche. Fatalis de l’autre monde vient rencontrer son homologue. Trop rapidement, la question de la réintégration des héros dans leur univers se pose.

Je suis loin d’être un dieu du Bescherelle mais j’ai été assez surpris de lire de graves fautes d’orthographe : la guerre du Golf. On a même l’impression qu’à l’époque Panini traduit en italien puis en français – le maggiore Ben Grimm. Les prénoms des héros changent : Jane retrouve son prénom américain Susan à partir de l’épisode quatre.

Captain America

Comme Ben Grimm, Steve Rogers rêve qu’il est Captain America alors qu’il vit une vie banale de père de famille avec Peggy et Rick à Philadelphie. Cependant, la réalité semble plus complexe. Un collègue de Steve fait au téléphone un rapport sur ce rêve. Comme dans les FF, le S.H.I.E.L.D. – dont le nom vient du bouclier de Cap – a un grand rôle. Inspiré par Total Recall, toute la vie de Steve est fausse – Peggy et Rick sont des robots. La manipulation puis le contrôle la vie de Steve ont été décidés par le président Truman et Nick Fury. Captain America avait refusé d’approuver le bombardement d’Hiroshima devant le congrès en invoquant lourdement la liberté de pensée. Le service d’espionnage utilise une technique nazie pour rendre régulièrement Cap amnésique. C’est déjà absurde mais en plus Steve accepte en une case de rejoindre le S.H.I.E.L.D. Le premier épisode de cinquante pages se lit en cinq minutes. On retrouve des personnages majeurs de l’entourage de Captain America : Crâne rouge et le mercenaire Crossbones. Mais le récit est tellement vide que l’on voit toutes les incohérences : Crossbones met à terre Steve en cinq cases !!!

On retrouve également la ficelle du journaliste à la télé pour présenter le contexte, ici politique. En effet, Liefeld choisit de faire un récit engagé. Captain America va lutter contre le parti mondial. Master Man dirige ce groupe depuis une église abandonnée. Il arbore des signes nazis et dénonce les mensonges du système qui trompe le peuple en donnant le travail, l’argent et le rêve aux immigrés. Il a été créé pendant le IIIe Reich par un sérum qui l’empêche de vieillir. En secret, il veut récupérer un bouclier détenu par un Afro-américain. Le siège du Parti mondial est installé à Philadelphie, étymologiquement l’amitié fraternelle, qui est aussi le lieu du début de la révolution américaine. On s’oriente donc sur un récit classique de Steve défenseur de la liberté face au fascisme mais tout est tellement lourd que le message en devient confus. Comment un parti mondial peut-il être nationaliste ? Est-ce que Liefeld se méfie de la mondialisation et préfère un retour aux valeurs nationales, réactionnaires ? Quand Steve rêve, le texte est nationaliste. Il n’a pas de personnalité car il sort trois phrases au maximum par bulle et le plus souvent stéréotypées : « je dis toujours qu’un homme peut faire la différence pour se lever quand les autres sont à genoux… » et après une simple rixe de rue : « l’Amérique a retrouvé le symbole de l’espoir ». Dans l’épisode cinq, on trouve une des images les plus ridicules que j’ai lue : le Faucon et Steve envoient un uppercut final en proclamant « God bless America. » Cette analyse politique digne d’un collégien est tellement caricaturale quand on a lu ce qu’a fait Nick Spencer sur Steve Rogers et Sam Wilson. On croirait lire un mauvais comics des années 50 quand Crâne rouge veut déclencher un holocauste pour changer le monde. La vision des États-Unis n’était pas si sombre dans les FF ce qui montre une absence de coordination entre les séries. Fury est un salaud ici qui fait des remarques misogynes et nationalistes sans être dénoncé alors qu’il est juste un agent zélé du régime chez les FF.

Liefeld piétine toute la continuité de Steve et de ses proches. Un clochard Abraham « Abe » Wilson reconnaît Steve et lui révèle son origine en lui montrant le bouclier qu’il a simplement volé après la guerre. Des soldats du parti mondial font exploser la cave secrète d’Abe. Seul Steve se relève sans blessure et, tout de suite, il écrase la dizaine d’hommes sans jamais se poser de question sur sa force. Sam Wilson est un pilote d’élite dans la marine du S.H.I.E.L.D. et Abe était son père. Sam est sauvé par le sang vert de Steve ! Sharon Carter est une poupée insipide. Les premiers mots qu’elle dit à Steve sont : « La colonel disait que vous étiez mignon. Pour une fois il ne mentait pas. » Le choix d’une sidekick cherche à moderniser le modèle mais elle ressemble beaucoup au Robin de Dark Knight Returns. Danseuse classique, Rikki Barnes a raté le concours d’entrée à la Julliard School. Son frère skinhead du Parti mondial estime qu’elle a échoué à cause des quotas ethniques. Dans l’épisode six, j’ai eu l’impression d’avoir manqué plusieurs épisodes car le scénario n’explique absolument pas comment Rikki a rejoint Captain America avec un uniforme, comment Cable est apparu et pourquoi il lutte avec Steve contre l’A.I.M. Dans le crossover Révolution industrielle, le scénario est si vulgaire qu’il devient drôle – Iron Man arrête La Chose par le caleçon. Ado, j’étais fan du dessin de Liefeld mais j’ai été très déçu de ces épisodes. Le visage de Steve est très carré avec une mâchoire rectangulaire. Les soldats du parti mondial ont une tête de mouche avec leurs yeux ovales démesurés. Les cases sont très simplifiées et souvent sans décor. Le dessin est un peu meilleur dans les scènes de combat.

Lors du changement complet d’équipe, James Robinson tente de sauver les meubles. Bill Clinton veut connaître la vérité sur Captain America. Le S.H.I.E.L.D. a ressorti Steve régulièrement pour en faire un héros de guerre en Corée puis au Vietnam mais, face à des injustices, le héros rejette à chaque fois la programmation. Captain enlève l’aigle du S.H.I.E.L.D. sur son front pour montrer sa prise d’indépendance. Après tant d’années passées dans des zones de combat à l’étranger, il parcourt les routes de son pays pour vérifier si l’esprit de l’Amérique existe encore. Le récit est encore très maladroit. Comme par hasard, Cap débarque au milieu d’une prise d’otage d’une milice d’extrême-droite, les Fils du serpent. Un ancien militaire noir va être exécuté mais espère que son fils n’aura pas de haine.  Hollywood est « un sale commerce » selon Steve et les Serpents veulent tuer des producteurs juifs devant le monument d’Hollywood. Cette série secondaire est une leçon pesante de tolérance. Cap parle derrière un drapeau ce qui montre que le message passe avant le personnage. Le dessin de Joe Benett un peu cartoon et manga n’aide pas : Cap gagne en une page face à une armada de soucoupes volantes.

Le ralliement des héros

Avec quatre épisodes doubles, les scénaristes rassemblent les héros face à Galactus pour les derniers épisodes. Les FF sont au centre de l’univers Reborn. Les victimes sont très nombreuses. Centré sur l’action, c’est un épisode de fin du monde réussi. Bret Booth et Ron Lim s’en sortent très bien dans Fantastic Four par rapport aux autres dessinateurs médiocres. Dans AvengersWalter Simonson réalise un scénario assez malin en reprenant le récit des FF mais Fatalis est revenu du futur. Faire de Fatalis un sauveur est bien vu. Il coordonne en secret les attaques pour sauver la Terre. C’est une bonne idée car, comme on sait que l’échec est possible, l’intérêt est relancé… mais peu de temps. Dans Iron Man 12, Fatalis aide cette fois sans arrière-pensée puis, dans Captain America 12, à force d’erreurs le plan se met en place : éliminer les trois hérauts puis provoquer une indigestion de Galactus en le gavant d’énergie.

Heroes return 

Cette mini-série en quatre épisodes – avec Peter David au scénario et Salvator Larroca aux dessins – va ramener les héros dans le monde de Marvel et clarifier ce qu’est Reborn par rapport à l’univers Marvel. Le scénario bien plus dense et ambitieux. D’une manière touchante, ce n’est pas un monde parallèle mais Franklin Richards a créé un mini-univers pour sauver sa famille sous l’aspect d’une balle entre ses mains. On baigne dans une ambiance mystique à la Jim Starlin. Les Céleste veulent éduquer Franklin, surpuissant par son pouvoir de modifier la réalité. Il est le résultat final de leurs expériences sur les humains. Ashema, celle qui entend, vient de l’espace pour parler à l’orphelin. Pour finaliser l’expérience, Franklin doit détruire un monde. Il ne veut pas détruire la Terre et doit donc détruire Heroes Reborn mais refuse de choisir. David met aussi Hulk au centre. Présent dans les deux mondes, les deux souffrent d’être incomplets. Ashema devient sensible en ressuscitant Franklin et accepte de sauver certains héros. David fait le job mais je n’arrive pas à croire qu’une élite de super-héros accepte de fuir sans chercher à sauver tout le monde. Le dessin de Larroca mélangeant manga et comics avec beaucoup de jaune n’a semblé daté. 

World War Three

Alors que je pensais que tout était fini, j’ai trouvé ce volume compilant les treizièmes épisodes de chaque série. Voulue par Jim Lee, il relie le monde de Reborn avec Wildstorm. C’est un chapitre inutile qui apporte seulement de la confusion : les États-Unis partent à la conquête du monde par une armada de soldats et de héros dirigés par Captain America pour lutter contre les daemonites, les skrulls et Fatalis en Europe.

Alors, verdict ?

Dans tous ces épisodes, le scénario est certes très léger mais j’ai apprécié le voyage dans l’univers des Fantastic Four de Kirby et Lee. Les dessins de Jim Lee puis Brett Booth sont splendides. Cependant, cette série est également exemplaire de l’échec de Reborn. Les scénaristes manquant de liberté n’ont pas pu créer un univers parallèle contrairement à Ultimatesou 2099. Par esprit de contradiction, j’aurais tellement voulu dire du bien de Rob Liefeld mais face à une telle indigence ce n’est vraiment pas possible. Le scénario qui se veut engagé, devient une ode aux valeurs traditionnalistes. Mais qu’a fait Jeph Loeb dans cette galère ?

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