[review] Intégrale X-Factor 1987

J’avais bien aimé la première année de cette nouvelle équipe mutante autour des anciens X-Men. J’avais donc hâte de lire la suite surtout que l’on arrive à la partie passionnante construite par les époux Simonson. De plus, la sortie de cette intégrale me permet surtout de combler des manques datant de mon adolescence : comment Scott retrouve son fils ? Comment Angel devient Archangel ? etc.

Un résumé pour la route

Ce volume rassemble les épisodes 12 à 23 ainsi que l’Annual 2 de la série X-Factor publiée par Marvel aux États-Unis en 1987 et en France par Lug dans Spidey puis dans cette intégrale en juin 2020 par Panini comics. L’ensemble est scénarisé par Louise Simonson (New MutantsSuperman) et dessiné par son mari Walter (ThorOrion) pour la plus grande partie des épisodes mais aussi par Marc Silvestri (DarknessCyberforce), Sal Buscema (Spider-ManNew Mutants), David Mazzuchelli (DaredevilBatman Year One), June Brigman (Puissance 4Supergirl). L’Annual est écrit par Jo Duffy (Fallen AngelsPower Man & Iron Fist) et dessiné par Tom Grindberg (WarlockElvira’s House of Mystery).

Jean Grey a ressuscité (enfin pas tout à fait). Revenue dans le monde, elle est choquée par la situation dramatique des mutants et le découragement de ses coéquipiers (Scott Summers, Hank McCoy, Bobby Drake et Warren Worthington). Elle les pousse à reprendre l’idéal de Xavier. Angel trouve un moyen original de le faire : il fonde X-Factor une entreprise qui se propose de résoudre les « problèmes mutants » alors que les anciens X-Men, les X-Terminator, iront en secret aider ces victimes. Ce beau projet de départ se dégrade car le financement par Warren est révélé aux médias. De plus, le double rôle entre X-Terminator et X-Factor est source de confusion. Cette période est aussi dure pour les héros : pendant le crossover Mutant Massacre qui a vu se produire le génocide des Morlocks, Warren est si gravement blessé qu’un médecin annonce à Jean et Scott qu’il faut lui couper les ailes.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Un petit point édition. Ayant lu juste certains des épisodes dans la revue Spidey, il est amusant de faire la comparaison. Une page de l’épisode treize avait disparu à l’époque : on y voit un rayon brûlant des humains jusqu’aux os. Est-ce une censure pour ces publications destinées à la jeunesse ? C’est possible mais à l’époque, il était aussi fréquent de faire des coupes pour respecter la taille du magazine.

Ce volume amplifie le travail de déconstruction du projet de départ. On perd en originalité mais on gagne tellement en humanité. Les époux Simonson changent même le logo de la série. L’idée des chasseurs de mutants ne marchait pas. A l’extérieur, le secret est de moins en moins bien gardé car la journaliste Trish Tillby voit Iceberg utiliser son pouvoir. A l’intérieur, Louise introduit un traître qui avait tout planifié. Cela n’a certes rien d’original mais, comme elle prend le temps, case par case, de le faire émerger, j’y crois. Cameron Hodge, ami d’enfance de Warren, veut que chacun des premiers X-Men s’effondre. Hodge utilise en plus de ses fonctions de responsable des relations publiques d’X-Factor des discussions avec les mutants et des hologrammes pour manipuler Scott. Même découvert, Hodge continue à les mener en bateau et justifie sa politique : se sentant diminué par l’émergence des mutants, il veut rester dans l’élite par l’argent. On pense à Trump aujourd’hui qui refuse d’admettre sa défaite. Hodge est très retors. Alors que Scott va révéler aux médias la vérité, il lance une fausse attaque de mutant sur la base. Ce moment de révélation se transforme en une bataille de factions mutantes. L’effondrement du projet de départ suit l’effondrement d’Angel. Warren subit non seulement une amputation mais aussi scandale médiatique et une accusation de fraude par son financement d’X-Factor.

C’est aussi un tome de construction car Simonson change complètement Apocalypse dont la menace grandit. Il continue à recruter ses cavaliers après avoir trouvé Guerre et Pestilence dans le tome précédent. Famine est une ado anorexique dont les parents bourgeois ont honte de son pouvoir. Dans sa version précédente, Apocalypse était un chef de gang mais devient ici un suprématiste : la survie du plus fort et la mort des plus faibles.

On suit au moins autant les enfants que les premiers X-Men dans chaque épisode. En effet, reprenant le principe de Claremont dans les New Mutants, le couple Simonson crée une école (avec les mutants secourus et les Morlocks survivants) : la vie de l’école, les tension entre les adultes et l’aventure des mutants. En effet, Louise, ancienne rédactrice de la série principale, a plus d’expérience avec les concepts que le scénariste précédent. Ces jeunes mutants sont souvent très pauvres. Elle s’intéresse plus que Claremont au traumatisme de l’enfance et aux tourments adolescents. Skids ne peut baisser son écran psy – sa défense – car son père intégriste religieux la battait ainsi que sa mère. Il lui reprochait son émancipation. Quand son pouvoir est apparu elle le voit comme un miracle car cela a fait fuir son père. Cependant sa mère meurt en même temps des suites des coups. Son champ de force est à la fois un miracle et une punition. Rusty perd le contrôle quand il veut embrasser Skids. La situation du couple est aussi en lien avec le sexe (le feu du sexe naissant pour Rusty et un amour tragique qui ne peut se toucher pour Skids). Dans l’épisode dix-sept, on découvre le mutant Rictor aux pouvoirs sismiques. Venu du Mexique, il apporte une diversité dans le groupe très blanc des jeunes mutants même si la vision de ce pays est insistante et caricaturale. De plus, la couleur rose de sa peau pour montrer qu’il est métisse me semble inadaptée. Son pouvoir se déclenche en voyant Hodge. En effet, sa voix lui fait penser au chef des Justes. Dans les New Mutants, ce n’était pas forcément mon personnage préféré. Je me suis progressivement attaché à lui lors de son retour dans X-Force puis j’ai été conquis lors du fantastique run de Peter David sur X-Factor. Ces jeunes sont encore en construction : Rictor puis Big bang se reprochent leur lâcheté. Il devient courageux pour des raisons égoïstes – ne plus souffrir – puis pour sauver Big Bang. Désespéré au départ, il a appris les vertus de l’espoir. Un simple détail peut faire sens en revenant au cours de plusieurs épisodes. Lors d’une partie d’échecs, Hank montre l’importance de la réflexion personnelle. On voit l’échiquier à terre lors de l’attaque des Justes puis le souvenir de la partie motive les jeunes à lancer la lutte.

La scénariste reprend aussi le thème du racisme contre les mutants. Les funérailles de Warren deviennent un moment de protestation entre pro et anti-mutants. Cette haine pousse les humains à des actions violentes comme une bombe détruisant la maison de la sœur de Jean. Les mutants sont rejetés. Cette situation intrafamiliale a poussé Famine à l’anorexie. Les mutants se posent alors la question de leur place dans le monde. Pour l’aider, le médecin veut rendre Angel « normal ». Il devient touchant dans son refus de la norme, quitte à en mourir. On voit apparaître pour la première fois les Justes, une milice armée de raciste. En anglais, ils se nomment The right, qui veut bien dire les Justes, mais aussi la droite en politique. Ce groupe est une parabole pour dénoncer le danger des groupes néo-conservateurs. Discrètement, X-Factor est une bd progressiste. Deux grandes menaces contre les mutants s’expriment : Les Justes, un groupe d’humains intégristes qui se sentent affaiblis et effrayés par l’arrivée des mutants apeurés et Apocalypse qui croit à la loi du plus fort. Ces deux groupes ont en commun la volonté de maintenir une hiérarchie, des relations inégalitaires alors que X-Factor croit en la solidarité communautaire. Alors qu’X-Factor veut dire la vérité à ses élèves puis au monde extérieur, ces deux groupes pratiquent la manipulation – médiatique pour Hodge et par la drogue pour Apocalypse pour manipuler ses cavaliers. Deux visions de l’éducation s’opposent. Un musée de l’espace cache la base des Justes qui y attirent des groupes scolaires pour tester les enfants puis kidnappent ceux qui se révèlent être des mutants. Ils les torturent et les forcent à coopérer en pratiquant le lavage de cerveau. Ils prônent une éducation militaire : Hodge est le commandant et se croit en guerre contre les mutants. A l’inverse, X-Factor est à l’écoute des enfants en mettant en avant la solidarité et le respect. La religion est présente. Autant, l’intégrisme, par le père de Skids, est dénoncé, mais le rachat de ses fautes imprègne les actions de Rusty. Dans le premier tome, il se laissait arrêter par la Freedom force et ici il veut sauver la prostituée qu’il a brûlée. Dans ce but, il fait un pacte avec un diable – le Morlock Masque devenu un fou vivant dans les tunnels. La prostituée devenue très croyante tient une bible. Tel Méphisto, Masque se joue des bons car il rend sa beauté à la prostituée puis la reprend. Elle y voit un acte de Dieu pour montrer la vanité de la beauté terrestre et décide d’évangéliser les morlocks. 

Dans la lignée de Claremont, il me semble, la scénariste arrive très bien à alterner action et sentiment créant une sitcom d’action par plusieurs lignes narratives. Dans l’épisode vingt, on retrouve par exemple des épisodes de transition qui permettent de se concentrer sur les personnages. Dans la base, les jeunes attendent le retour d’X-Factor en préparant à manger puis ils les aident après le combat. 

Même si elle reprend des thèmes et des techniques de ClaremontLouise y insère ses idées. Plus que dans New Mutants, les jeunes s’entraident pour le contrôle de leurs pouvoirs. Elle se permet même de réécrire l’histoire des X-Men. Quand Rusty avoue qu’il aime Skids, Scott lui apprend que Xavier aurait détesté et que les premiers X-Men étaient obnubilés par leur croisade. La scénariste justifie donc le manque de vie personnelle dans la première série. Le meilleur exemple de son talent, ce sont les superbes épisodes treize et quatorze. Cyclope retourne en Alaska pour chercher sa femme et son fils disparus mais il devra aussi affronter le Moule initial, un robot géant. Il y a une vraie tension par l’attaque prochaine du Moule initial et surtout la perte progressive par Scott de ses repères. Le scénario fait un parallèle entre le Moule initial dont le corps est brisé et Scott brisé par ses peines de cœur et la disparition de sa famille. En effet, toutes les preuves de l’existence de sa femme et son enfant ont disparu : sa maison tout comme la compagnie aérienne où elle travaillait sont mis en vente, les collègues de travail ont déménagés ou sont morts, le certificat de naissance et le dossier médical de l’accouchement sont disparu. Scott a des visions de Jean, Phénix, Maddie et s’en débarrasse par un rayon optique détruisant par la même occasion sa maison. Il faudra la découverte du hochet de son fils derrière un radiateur – prouvant son existence – pour que Cyclope ne sombre pas totalement. Dans une interview, Louise explique que l’épisode suivant parle de programmation. On commence par pénétrer le cerveau de la machine qui pensait être son créateur mais décide suivre seulement son programme : éliminer les douze mutants qui fédèrent les autres. Elle se radicalise car, tous les humains étant potentiellement des mutants, ils doivent être exterminés. Scott rejette aussi son programme – l’idéal de Xavier – car, en allant rejoindre X-Factor, il a perdu sa famille. Le Moule et Scott règlent leur compte avec leur père. Enfin, le policier suit sa mission défendre et faire respecter la loi mais y déroge en libérant Scott.

Plus encore que dans le premier volume, la série s’intéresse à la famille mais dans une définition ouverte. Il y a en effet plusieurs cellules : les premiers X-Men se connaissent depuis si longtemps qu’ils sont comme frères et soeurs et même orphelins de leur père spirituel, Xavier, supposément mort. Jean veut renouer avec sa famille dont sa sœur Sara qui est devenue porte-parole « pro-mutant ». Scott a perdu sa famille nucléaire et il ne se rend pas compte qu’avec X-Factor, il est en train d’en créer une élargie avec les rescapés Morlock. Ces invités – en particulier Goudron et Singe qui prend la forme d’une desserte de cuisine – apportent une drôlerie mais cet accueil ne va pas sans tensions dans la coloc’. Masque et Caliban désirant plus d’autonomie décident de rentrer dans les tunnels avec la plupart de Morlocks. Cependant, la famille peut être un mauvais exemple : Skids n’ose pas se mettre avec Rusty car elle voit l’échec de Scott et Jean. Il y a aussi des enfants perdus qui m’ont fait penser à Charles Dickens : comme Oliver Twist, Big Bang a fugué et vit avec Vanisher qui forme des voleurs. Pour moi, elle est aussi une version moderne de Kitty. Plus peste, elle a été rejetée de l’institut des X-Men et ne cesse de jouer avec son pouvoir – créer des petites bombes d’énergie à retardement. Iceberg le dit bien : « elle contrôle ses pouvoirs mais pas ses impulsions. » Big Bang utilise ses bombes quand on ne l’écoute pas. Dans l’épisode douze, elle forme un duo très drôle avec Vanisher. La course-poursuite pour échapper à Iceberg et Le Fauve est aussi drôle que la tradition du cinéma muet burlesque. Il se termine par la révélation qu’elle est une enfant fragile : elle fuit son père violent qui l’a rejetée.

Simonson maîtrise de mieux en mieux les personnages. Une interview dans Spidey 100 est assez éclairante sur sa vision. Le Fauve apporte une touche d’humour – il fait des crêpes avec ses pieds. Il est la force d’équilibre de l’équipe car il se révèle un meneur d’homme et le gestionnaire des personnes hébergées. Hank devient plus fort suite au toucher de Pestilence mais il perd en intelligence quand il utilise sa force.

Les auteurs ont encore du mal à s’emparer d’Iceberg. Transformé par son aventure avec Thor, son pouvoir s’est accru. Il peut geler tout un immeuble mais il a des difficultés ensuite à abaisser sa température sans l’aide de Rusty. Pour les Simonson, ce jeune adulte de vingt ans est un esprit manichéen qui est persuadé d’avoir raison et n’écoute pas les autres. Passionné, il s’énerve aussi vite qu’il se calme. Cette naïveté devient une force car il a une intuition redoutable. Le premier, il ne croit pas au suicide de Warren et déteste Hodge. Par un discours et son pouvoir, il réduit à néant sa machination. Bobby est le premier à vouloir sortir de l’hypocrisie de l’entreprise. Sa candeur en fait une force car il exprime brutalement les problèmes : X-Factor passe son temps à combattre les groupes mutants plutôt qu’à aider les individus.

Angel, personnage secondaire des X-Men, devient enfin un personnage important dans ce tome. Warren Worthington a longtemps été un personnage gâté par la vie mais le playboy multimilliardaire descend très bas. Ses ailes brisées risquent même de le tuer. Leur amputation éviterait la gangrène mais Warren préfère mourir. La scénariste cherche à être réaliste car il est opéré après une décision du tribunal le déclarant irresponsable. Sa colère après la perte de ses ailes en fait un personnage passionnant. Warren est très seul à la fin : sa compagne Candy n’est pas venue le voir à l’hôpital. Même sa beauté devient un fardeau. Warren veut voler une dernière fois puis fait exploser son avion.

Jean paraît très autocentrée : à l’hôpital, elle se plaint de ses peines de cœur devant Angel qui risque de mourir et qui, de plus, est amoureux d’elle. Elle pousse Scott à revenir pour Warren sans se préoccuper de l’enterrement de Mady. Louise a été très critiquée pour avoir fait de Jean une garce mais elle le ferait pour la rendre intéressante. Il me semble que c’est parfois maladroit alors que c’est peut-être la période la plus forte de Cyclope. Touchant par ses peines de cœur, il est tiraillé entre deux rousses : celle qu’il a épousée et celle qu’il a toujours aimée. Il prononce des morts empreints d’égoïsme sur la tombe de Mady : « toi morte tout devient plus facile. » Cependant, il pense être destiné à la solitude depuis la disparition très jeune de ses parents. Son moteur est et reste la culpabilité mais cela le rend plus aigri : il en veut même aux X-Men de ne pas être venus à l’enterrement de Warren alors que Jean leur cherche des excuses. Cette colère se transforme en une dispute – qui couvait depuis longtemps – entre Jean et Scott. Ces mutants ne se jettent pas des assiettes mais détruisent la base avec leurs pouvoirs. La raison invoquée est que Cyclope pense que Jean cache sa vraie nature : elle serait le Phénix dès qu’elle utilise tout son pouvoir. Il craint une femme forte – cela explique qu’il ait choisi une version effacée avec Maddy. A l’opposé, Depuis son retour, Jean a le sentiment d’être une contrefaçon et une copie amoindrie du Phénix. Elle pense que Scott ne veut pas d’elle mais a préféré la majesté du Phénix. Jean refuse à la fois d’être une faible femme et le Phénix « ni pour lui, ni pour personne ». La découverte d’un ennemi commun, Hodge les rassemble. Ils se prennent dans les mains mais le malentendu n’est pas réglé.

De nouveaux personnages secondaires sont très intéressants. La journaliste Trish Tilby, conduite par sa passion va jusque dans la chambre de Warren pour obtenir une interview. Cependant, elle s’humanise car, plutôt que le scandale, elle recherche avant tout la vérité. Le morlock Caliban prend une place croissante. Même s’il possède le pouvoir de repérer des mutants, il se plaint du manque de force physique mais reçoit l’uniforme de l’équipe.

Marc Silvestri bien meilleur que dans le premier tome. Il a trouvé son style par des formes moins classiques mais adopte un trait plus vif et laisse des coups de crayons apparents. Il est aussi plus fin sur les expressions des visages et n’hésite pas aller vers les grimaces et l’humour. L’image très forte de Warren en pleurs avec ses ailes bandées hurlant son refus est proche de celle d’un martyr chrétien. Le style vif et iconique de Walter Simonson peut sembler inachevé à certains mais j’adore son mélange d’épure et de précision. Il fait le choix de petites cases à l’arrière-plan épuré qui pousse le lecteur à se concentrer sur des éléments essentiels bourrés de détails. Le design des soldats en armure des Justes est par contre très étrange : le visage d’un smiley sur une armure robotique. J’ai parfois retrouvé avec plaisir des cases épique comme dans Thor lorsque lors de la chute du Moule initial, des débris de rochers explosent partout sur la page. Par rapport à Thor, les décors sont réduits au minimum – le récit se déroulant à New-York, il n’a pas besoin d’évoquer un monde exotique comme Asgard. En se concentrant sur l’essentiel, l’effet ainsi provoqué est celui d’un plus grand dynamisme tout en restant très beau comme les reflets dans les cheveux de Jean. Par la belle pleine page de Jean et Bobby sur les canapés endormis d’avoir veillé tard sur Warren, il montre qu’X-Factor est aussi un beau récit d’amitié. Sa mise en page crée des liens sans avoir le soutien du texte : on voit en haut l’enterrement de Warren puis en-dessous, l’arrivée dans le noir du dernier cavalier d’Apocalypse. On comprend que ce nouvel équipier est Angel. Dans l’épisode 22, Sal Buscema s’en sort très bien par sa proximité graphique avec Simonson. Ses cases sont dynamiques et précises. L’image des Justes en armure avec un smiley qui détruisent tout en proférant des insultes racistes est très forte. Contrairement à Daredevil, David Mazzucchelli adopte un trait bien plus simple et banal tout comme June Brigman. Dans l’Annual, le style agréable de Tom Grindberg ressemble à Neal Adams par son réalisme détaillé mais sans l’originalité.

Alors, convaincus ?

Le premier tome avait lancé la série malgré des maladresses mais le véritable décollage se passe ici. Cette période est une des apogées du titre. Louise prend le temps de déconstruire le projet de départ et cela rend crédibles les changements. Les personnages ont une profondeur plus grande en dévoilant leurs fêlures et leurs opposants sont enfin majeurs. On sent que la suite va être passionnante car les époux Simonson ont déjà prévu le lien de Mr. Sinistre avec Scott. Le dernier épisode se termine sur la téléportation d’X-Factor par Apocalypse et donc forcément, j’achèterai la suite.

Thomas Savidan

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s