[review] Tellos

Depuis plusieurs mois, ce titre était une rumeur qui circulait sur un groupe Facebook : l’histoire d’un très bon titre au dénouement original mais hélas méconnu. Adorant découvrir des chefs-d’œuvre cachés et ne connaissant rien de ces artistes, j’ai voulu en savoir plus…

Un résumé pour la route

Cette série en dix épisodes est écrite par Todd Dezago (Spider-Man), dessinée par Mike Wieringo (Spider-ManFantastic Four) et colorisée par Paul Mounts. Elle a été publiée aux États-Unis par Image comics entre avril 1999 et novembre 2000. Profitant d’une occasion, je me suis procuré les trois volumes sortis chez Semic Books entre 2000 et 2002. 

Dans la ville de Jeffsport, Kaj, un homme-tigre et le jeune humain Jarek fuient des grenouilles en armure. Elles veulent récupérer l’amulette que le duo a volé au seigneur maléfique Malesur. Dans leur fuite, ils croisent la pirate Serra, puis Jarek découvre en touchant l’artefact dérobé qu’il est un des deux élus pouvant débarrasser le monde de Tellos du néfaste Malesur. 

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

L’action démarre de suite par la course poursuite. Ce rythme trépidant permet de rentrer très vite dans ce récit et se maintient sur l’ensemble des épisodes. Le seigneur Malesur veut récupérer son amulette volée qui enferme un djinn, un génie oriental mais aussi enlever Jarek qui peut l’invoquer. L’être magique est le dernier héros de la lumière qui lutte depuis des siècles contre les ténèbres. Koj homme-tigre, Jarek son ami et Serra une pirate se retrouvent associés par hasard. Ils sont rejoints par le magicien Tom qui a détecté l’apparition du génie. On suit ensuite l’elfe Hawke et Rikke un homme-Renard qui viennent aussi de réaliser un vol mais vont bientôt aider le reste du groupe. Ces héros ne sont pas invincibles. Jarek perd un œil. Koj est le dernier homme-tigre de Tellos car Malesur a massacré ce peuple d’esclaves. Il est tué avant d’être sauvé par deux guérisseurs. Jarek, Koj et Serra ne battent les mercenaires de Malesur que grâce à l’arrivée surprise des voleurs puis d’un dragon. On est surpris de ce balancement entre faiblesse des héros et résurrection toujours possible. Le timide Jarek accepte progressivement son rôle de héros. 

Todd Dezago semble se lâcher complètement dans un monde d’heroic fantasy qui fait entrer en collision des périodes historiques très diverses : le Moyen-Âge, des pirates du XVIIIe siècle et des dirigeables. De plus, Malesur porte une tenue très moderne. Les êtres vivants sont aussi très étranges. Les Crapahuteurs, des hommes-grenouille et les spectres-sauteurs sont au service du pouvoir de Malesur. Dans ces premières pages, on est dans un conte léger pour enfant. Les références sont visibles : Dark Crystal, Elfquest de Wendy et Richard Pini… On a l’impression de lire l’hommage d’un fan.

Cependant, des passages intriguent. Jarek est fasciné par un accident de charrette avec des poupées. Un dragon rouge brise le quatrième mur par une référence à « l’épisode précédent. » Les noms des lieux ou des personnes sont étrangement proches du monde actuel : Jeffsport, Turning (le tournant), D’Nikay… Le royaume de Malesur, Hin, ressemble à une grotte ou à l’intérieur du corps humain. Malgré leur égoïsme de départ, chacun de membres de cette communauté est poussé par le hasard ou un sixième sens à aider Jarek sans comprendre pourquoi. Beaucoup de phrases restent inachevées. La plupart des héros ont des secrets – Hawke – ou un passé incomplet – Koj ne va se souvient pas de sa libération. Pour Tom le magicien, le réel de Tellos n’est pas fiable et, au cours de leur voyage initiatique, Jarek, Koj et Serra sont conduits par des lémuriens devant un géant endormi qui crée ce monde en rêvant.

 Il est assez difficile de pouvoir analyser la beauté de ce titre sans dévoiler le twist final. En effet, la révélation dans le dernier épisode explique tout et rend le récit bien plus sensible. Ce conte enfantin devient un hymne profondément touchant à l’amour paternel mais aussi à l’imagination enfantine.

Le dessin tout en rondeurs de Mike Wieringo mêle manga et comics. Les formes « cartoony » m’ont fait même penser à Astérix. Ces volumes intègre des récits en bonus. Si ces ajouts parallèles sont sympathiques, notamment le récit sur l’origine de la carrière de Serra comme pirate par Crisse, ils n’apportent rien au plan général – le chapitre de Ciro Tota sur Tom et de Mauricet sur le génie.

Alors, convaincus ?

Mike Wieringo construit un très bel univers par son syncrétisme qui pousse à la rêverie. Le scénario très habile maintient le secret jusqu’au bout. Au départ naïf, Tellos devient un très beau conte pour enfant pour touchera aussi fortement les parents.

Thomas Savidan

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