Robocop versus Terminator

S’il y a un truc que je peux pas blairer c’est bien les versus façon « Kikéleplufor » ! Je vous jure les « je suis sur que Superman il fracasse Hulk » où les « Deadpool il est au-dessus de tout, il a même battu Thanos » ça me donne envie d’organiser une rencontre à haute vélocité entre le tarin du pronostiqueur et un mur en crépi préalablement enduit de Tabasco périmé ! Non vraiment, dans les comics comme ailleurs, les concours de zgueg ça n’a jamais été mon truc d’autant que c’est le genre de compétition ou je perds toujours… Mais je m’égare. C’est donc avec une grande méfiance que j’entamais la lecture de ce Robocop versus Terminator, le prépuce en main pour être sur des proportions !

« Appelez-moi Murphy »

C’est la dernière bataille ! Il ne reste plus qu’une poignée d’humain que Skynet et ses terminators chassent méthodiquement. L’extinction de l’humanité n’est qu’une question de temps. Mais une des dernières femmes sur Terre, Florence Langer, fait une découverte incroyable : Skynet serait le fruit d’une expérience menée dans les années 1980 et qui a abouti à la première fusion entre l’esprit d’un homme et le corps d’une machine. Cet homme était un policier qui fut massacré en service et dont le cerveau et une partie du corps ont été associés à un corps robotique. il se nommait Murphy et il est devenu le produit-phare que les cadres de l’Omin Consumer products voulaient employer pour régler les problèmes de pègre à Detroit . Ainsi naquit Robocop !

Grâce à la technologie la plus récente de Skynet, Langer va donc voyager dans le temps pour détruire Robocop avant qu’il ne puisse inspirer les ingénieurs pour construire l’ordinateur qui causera le « jour du jugement » ! Mais les machines ne l’entendent pas de ce capteur auditif et envoient à leur tour des cyborgs pour protéger celui que l’on peut considérer comme « leur ancêtre ». Commence alors une course-poursuite dans le temps où va se jouer le destin de l’humanité !

« Suis-moi si tu veux vivre »

Alors on va faire court : au scénario Frank Miller, au dessin Walter Simonson. Voila, remonte ton slibar Lothar fin du game, chronique terminée… Hein ?!? Vous voulez en savoir plus ? Mais boudiou rien que la rencontre entre ces deux monstres sacrés du comics sur un récit concernant la rencontre entre deux monstres sacrés du cinéma SF devrait déjà vous suffire non ? Non …

Bon bah allons-y alors. Quand Miller s’empare du voyage temporel vous imaginez bien que le gars ne va pas faire dans le simpliste. Au premier abord, on se dit que l’histoire est classique pour ne pas dire convenue mais très vite, le scénariste tire pas mal de ficelles et complexifie carrément le concept jusqu’à aller dans inattendue. Donc on va bel et bien au-delà d’un classique récit à gros flingues et robots et finalement, le « versus » en lieu et place d’un gros truc bourrin qui déterminera qui poutrera l’autre devient éminemment plus complexe. Et le tout en respectant les univers des deux franchises, mieux encore en les rendant interdépendants ! La logique de Miller est implacable et j’en viens à me demander maintenant comment j’ai pu me contenter de la « cohérence » cinématographique, si tant est qu’il y en aurait encore une.

Un travail d’orfèvre donc de M. « dark knight return » dont on sent qu’il prend un pied phénoménal à nous offrir sa vision. On connaît l’intérêt qu’il porte aux licences cinéma SF, le gars a écrit plusieurs scénarios alternatifs pour les suites de Robocop, et bien voilà sa déclaration d’amour officiel. Du point de vue des personnages, ils sont plutôt chiadés et ne sont pas manichéens pour un rond. Ici pas de militaire héroïque qui vient sauver sa future dulcinée mais une femme désespérée qui tente la dernière chance de l’humanité avec une grande combativité mais assez peu d’espoir. Point de cyborg qui se cherche une identité au travers de l’homme qu’il fut mais un être coincé entre deux mondes et qui devra faire un choix.

L’ultra violence de la ville de Detroit façon Robocop qui participe si bien à l’ambiance des films de Verhoeven est aussi magnifiquement dépeinte avec des citoyens armés jusqu’aux dents et plus individualistes les uns que les autres au point où l’on se demande si cette humanité vaut vraiment le coup d’être sauvée. Paradoxalement, seule une machine qui fut un homme un jour y croit encore.

Et que dire du grand, de l’énorme, du légendaire Walter Simonson ? Son trait ici est celui des années 1990, ce qui est logique vu que ce récit est paru initialement en 1992. C’est donc un dessin nerveux presque épileptique qui nous est servi mais cela colle parfaitement avec les univers en question. Pour être honnête je crois que je n’avais jamais vu un endosquelette de terminator aussi terrifiant d’inhumanité. Les scènes d’action sont incroyablement énergiques et l’on se surprend à suivre les mouvements comme on le ferait au cinéma. Du grand, du très grand art !

« I’ll be back »

Vous comprendrez donc que j’ai été agréablement surpris par ce « versus » alors qu’à la base ce genre de crossover de combat n’est pas vraiment ma came. C’est palpitant et conçu comme un bon gros blockbuster mais ça en évite les travers, les coups téléphonés et attendus. L’éditeur Vestron nous surprend , et ça devient une excellente habitude en agrémentant son catalogue d’un récit que l’on peut considérer comme culte. Voilà, j’étais réticent et maintenant, le versus m’habite !

Dragnir

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