[review] GI Joe Homefront

Comme disait Sasha Guitry «  les critiques sont comme les eunuques : ils savent mais ne peuvent pas. ». Mon bien cher Maître, il y a pire encore : il y a ceux qui croient savoir et en sont bouffis d’orgueil ! Croyez-moi, mais vous avez dû le constater vous-même, bien des rédacteurs de chroniques et autres reviews sont blindés de certitudes et même font de leurs préjugés les clefs de leurs succès. Et c’est avec une grande honte que je vous avoue avoir moi-même péché en ce sens : des années durant je me suis dit que GI Joe n’était qu’une série minable qui transmettait les valeurs ultras patriotiques américaines. Et aujourd’hui, je me dis que j’aurais mieux fait de fermer ma mouille !

« Personne ne bats GI Joe »…Ou presque

Fameuse agence d’intervention militaire des États unis, les GI Joe veulent redorer leur blason auprès de l’opinion publique. Pour ce faire, le sergent Duke et son équipe se voient attribuer une mission choisie pour avoir le maximum d’impact médiatique : elle aura lieu sur le sol américain ! Les autorités locales d’une petite ville de l’Ohio ont signalé la présence possible de membres de Cobra, la tentaculaire organisation terroriste et tout laisse à penser que ces derniers tentent de mettre sur pied une usine de traitement chimique.

C’est donc un commando d’élite assez confiant affublé d’une jeune blogueuse pour les accompagner, nouveau média oblige, qui se rend sur les lieux. Mais ce qui devait être une opération simple et glorieuse se transforme vite en fiasco. À peine arrivé sur place, leur hélico est abattu et l’escadron est séparé en deux groupes tout aussi mal au point l’un que l’autre. Pire encore, le sergent Duke chef de l’expédition est capturé par Baroness la très cruelle commandant des Cobra ! Comble de malheur, il apparaît que l’entreprise criminelle bénéficie du soutien de la population locale ! Mais comment des ennemis de la liberté ont-ils pu corrompre de vrais bons Américains et en faire une horde de terroristes domestiques ?

A real american hero

Bon soyons clairs : une série faite pour vendre des jouets aux forts relents militaristes et puant le « America first» ça partait mal pour ma pomme ! Je me disais que ça allait suinter l’impérialisme US de base et qu’on allait avoir droit à de gentils libérateurs blonds aux yeux bleus, implacables avec des fumiers d’ennemis de la liberté ! Je pensais que j’allais avoir le droit à du pan-pan boum-boum façon « Statham dans ta gueule » en moins intellectualisant. La dernière fois que je me suis trompé à ce point , c’est quand j’ai accepté une coloscopie amateur faite avec un Iphone 5 !

Alors oui bien sur il y a du « gunfight » et suffisamment d’explosions pour coller à Michael Bay une poutre apparente dans le slibar mais il n’y a pas que cela ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, il y a un propos social et même politique là-dedans !

Ce n’est pas juste des méchants caricaturaux façon films des années 1950 auxquels nous avons affaire mais à de bons Américains du terroir, même pas redneck, qui se sont senti suffisamment oubliés et même trompés par les détenteurs du pouvoir pour se tourner vers les faux espoirs brandis par une organisation terroriste. Dis donc, on se croirait presque le 6 janvier devant le Capitole ! Quand on demande à la chef des Cobra sur place comment ils ont pu conditionner les habitants du cru, elle répond que les délocalisations du travail pour une meilleure rentabilité et le conspirationnisme et son lot de fausses informations sont les bases de leur réussite. Non mais vous vous rendez compte ! Un comic US militariste qui explique le succès de l’extrémisme et de la perte de confiance dans le politique en dénonçant une certaine forme de libéralisme et le complotisme, c’est aussi inattendu que si ma belle-mère m’annonçait avoir pécho Ryan Gosling ! Au de-là de ça même si nous sommes face à des héros bien patriotes et répondant à certains stéréotypes, ils ne sont pas sans défaut et certaines de leurs actions ou décisions sont on ne peut plus discutables.

Pour le coup, Fred Van Lente a qui l’on doit un incroyable run sur Archer & Armstrong chez Valiant, m’a foutu sur le cul ! L’auteur arrive à la fois à nous donner une bonne grosse dose d’action et de gros flingues mais insère dans son récit une réflexion et même une critique sur ce qu’est l’Amérique et ce que sont et représentent les héros immaculés et dont les USA raffolent tant ! Sincèrement, c’est brillant ! Steve Kurth présente des planches dynamiques qui servent parfaitement l’action sans la rendre illisible ou indigeste. Sans que l’on soit amené à crier au chef-d’œuvre ça fait le boulot et plutôt bien d’ailleurs.

Yo Joe !

Joli coup de la part de Vestron , excellent éditeur français qui propose un catalogue de très grande qualité et qui nous permet donc d’avoir accès à cet univers pas si manichéen qu’il peut sembler. De plus, cela permet d’ajouter une série qui fait partie intégrante du crossover à venir « Révolution » où plusieurs licences de l’éditeur américain IDW vont se mêler . Un bon coup de cœur un tantinet déroutant pour moi pour cette bonne série d’action… Mais pas que !

Dragnir

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