[review] Dawn of X (tomes 3 & 4)

L’avis de Thomas :

A la suite des tome 1 et 2, le projet Krakoa se poursuit. J’ai profité d’un après-midi pour me plonger dans la suite. Fallen Angels va-t-il remonter dans les cieux ? Excalibur est-elle toujours ma série préférée ? A vous de lire la suite pour le savoir.

Un résumé pour la route

Ces volumes rassemblent les épisodes 3 et 4 de chacune des six séries mutantes. X-Men est écrit par Jonathan Hickman (House of X/Power of XThe Dying and the dead) et dessiné par Leinil Francis Yu (Silent DragonSecret Empire). Marauders est scénarisé par Gerry Duggan(Deadpool Flash-BackNova), illustré par Michele Bandini (Captain Marvel, Grimm Fairy Tales) et Lucas Werneck (Power RangersSons of Anarchy). Excalibur vient de Tini Howard (Pocket MortysLa reine oubliée) et les dessins de Marcus To (Red RobinHuntress). New Mutants est écrit par Ed Brisson (Old Man LoganProphet), dessiné par Flaviano (I Am Groot, Low Road West) et Marco Failla (DCeasedSpider-Man & the X-Men). X-Force est scénarisé par Benjamin Percy (Green ArrowTeen Titans) et dessiné par Joshua Cassara (FalconThe Troop). Enfin, Fallen Angels est écrit par Brian Hill (WitchbladeDetective Comics) et dessiné par Szymon Kudranski (Black Eyed KidsSpawn). Ces épisodes ont été publié par Marvel en février 2019 puis par Panini en novembre de la même année.

Krakoa, l’île mutante, est devenue le refuge de cette minorité persécutée mais aussi une source de richesse et de puissance géopolitique par les produits de sa flore. Les X-Men sont chargés de défendre leur peuple tout en négociant pour devenir un État. Alors que ce groupe est la façade officielle des mutants, X-Force est l’agence secrète menant des actions violentes. Les Marauders sont le groupe chargé des relations maritimes avec l’extérieur. Financé par le Comptoir des Damnés, leur navire navigue entre commerce et piraterie. Pendant ce temps, les jeunes mutants de New Mutants sont partis dans l’espace ou dans une ferme de Middlewest pour rejoindre un ami. Au Royaume-Uni, l’équipe d’Excalibur lutte contre des forces magiques.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Je suis toujours aussi fan de cette nouvelle manière composer un épisode en intercalant les dessins par des pages de texte, croquis… Les textes additifs tirés surtout de rapports de services d’espionnage ne cessent d’informer sur les organisations mutantes : le schéma des trois groupes armés des X-Men, un portfolio de Xavier montre qu’il est l’homme le plus riche et a créé une monnaie virtuelle. L’humour y est aussi présent : le menu du repas à Davos, un agent se plaint du manque de personnel. On trouve même une page f.a.q. où les mutants échangent leurs questionnements sur l’île. Ces textes illustrent les différents niveaux des scénaristes. Dans X-ForceBenjamin Percy l’utilise maladroitement pour économiser des images en racontant des parties manquantes du récit. Son planning quotidien de Forge ne sert à rien. Même si je suis un ancien lecteur des X-Men, j’apprécie la première page de chaque épisode présentant les noms des mutants intervenant car je ne connais absolument pas certains d’entre eux. Chaque série poursuit ses propres récits mais devant les brusques changements, les humains sont partagés entre haine et fanatisme. Dans Excalibur, une foule refuse Betsy comme Captain Britain mais dans Marauders l’Ordre X vénère les mutants et ces humains veulent rejoindre l’île.

X-Men

Leinil Francis Yu réalise toujours un très bon travail mais si je le trouve très figé. Il est certes doué pour représenter les corps mais, pour gagner du temps, le décor est souvent inexistant. Au contraire, le scénario continue à ménager des surprises. Une pépinière est attaquée par des humains en costume steampunk. Ces voleuses octogénaires de l’hordeculture sont d’anciennes botanistes de grands groupes industriels. Révoltées par les pratiques des grands groupes, ces écologistes veulent contrôler les plantes et donc l’alimentation pour annihiler ou réduire la population. Cette mesure radicale a pour but de faire revenir la nature à son état originel. Leur plan préparé depuis des décennies est perturbé par l’apparition de Krakoa. Elles viennent sur l’île pour voler des plantes pour les analyser. On retrouve la critique du capitalisme fou. Dans cet épisode très écologique radical, le texte nous apprend que Krakoa n’est pas si neutre car l’île se nourrit psychiquement de deux mutants par jour. Cette consommation est régulée par deux vampires psychiques, Selene et Emplate.

Comme le note l’éditorial, l’épisode quatre marque une relance du projet politique. Une partie du Conseil de Krakoa se rend au forum économique mondial de Davos (Suisse). Conformément à cette réunion qui vise à se faire rencontrer des élites, le repas se passe entre mutants (Xavier Magneto et Apocalypse), des représentants politiques et des universitaires ou des industriels. Jonathan Hickman choisit très bien ce lieu symbolisant la puissance et le lobbying. On retrouve le thème des élites qui dominent le monde comme dans son Black Monday Murders.

Ce repas est faussement détendu car les humains les ont invités pour cerner leurs motivations et en savoir le maximum sur Krakoa. En effet, les mutants ont une vision hypocrite ou mercantiliste si je reprends ma thèse de mutants comme symbole de l’Ancien régime. Ils exportent leurs produits, récupèrent leur population mutante mais ne révèlent et n’importent rien. A l’image de l’industrie pharmaceutique, Xavier aurait programmé des médicaments pour qu’ils soient les plus profitables politiquement. Selon Magnéto, ils ne font que reprendre les bases de la prospérité occidentale : l’obsolescence programmée, l’armement et la dette universelle. Son discours sur l’évolution des sociétés est digne du darwinisme social au XIXe siècle et donc de l’inégalité raciale qui sous-tend la colonisation. Ces idées ont toujours été présentes pour ce personnage mais, désormais, il refuse la guerre car il s’est adapté aux nouveaux conflits. Pour lui, la domination passe par l’argent et l’influence. Les médicaments sont donc un moyen d’endetter les États humains. Ils vendent une meilleure technologie ce qui leur permet ensuite d’acheter les banques, les écoles, les médias. Par ces achats, ils écarteront leurs opposants. J’ai alors pensé à la Chine par le rôle politique de son industrie. Il termine le repas par une menace : c’est la dernière fois qu’il répondra par la négociation. Magnéto est donc d’une glaçante honnêteté et cette froideur fait bien souvent plus peur que ses actions violentes passées. Ce passionnant débat d’idées se déroule alors que deux commandos tentent de les tuer. On voit donc un combat physique en parallèle à la lutte intellectuelle. Froidement, Magneto et Xavier démontrent qu’ils savent qui a voulu les tuer mais, le lecteur n’arrive pas à l’identifier.

Marauders

Le scénario de Gerry Duggan alterne entre les aventures de Kitty Pryde et ses Marauders et les conflits entre les membres du Comptoir des Damnés. Le Comptoir s’est installé sur le rivage de l’île, la baie des damnés avec une forteresse pour chaque famille. Sebastian Shaw, ancien roi du Club, veut profiter de la situation pour réparer ses erreurs passées. Grâce aux Cinq, il ressuscite son fils Shinobi et lui donne sa version des changements… assez loin de la réalité. Xavier lui a demandé de créer la multinationale et Emma a usé de son pouvoir pour intégrer le groupe. Il fait de Shinobi son fou noir alors qu’il voulait le placer comme roi rouge mais Emma l’a devancé en nommant Kitty. L’organisation de l’épisode plutôt bien faite montre à la fin qu’Emma et Kitty ont tué Shinobi… si on suit le récit de Sebastian. Ce n’est pas le run le plus facile pour un néophyte car je découvre ce groupe d’enfants qui étaient avant le Club des Damnés que j’ai aperçu dans Wolverine & the X-Men mais que je connais très mal. Ils sont devenus homines verendi.

Dans l’épisode suivant, les Maraudeurs partent chercher des enfants mutants au Brésil où ils sont considérés comme propriété de l’État. Pyro reste un inconscient qui propose une bière à ces enfants. Je préfère cette partie qui mélange humour et engagement. Hélas, le dessin est souvent décevant. Michele Bandini a un style rond et coloré assez simpliste et banal dans l’ensemble. Dans l’épisode quatre, Lucas Werneck assure le travail mais sans aucune originalité. 

Excalibur

Cette série très réussie continue à narrer les aventures d’une équipe bousculée par l’invasion du monde par la magie. Gambit, Betsy, Jubilé et son fils sont dans l’Outremonde. Shogo y est un très grand dragon car les bébés sont puissants dans ce monde de magie. Cette équipe britannique est aussi liée à la royauté car l’agent Peter Wisdom, déjà présent dans la série d’origine vient chercher Betsy pour la reine qui accepte de reconnaître Betsy et son équipe Excalibur comme défenseur du royaume. Jubilé profite de cette visite pour faire un cours de géographie à Rictor. En filigrane, il y a une réflexion sur l’identité britannique. Cela passe à travers le folklore celtique et le cercle d’Akkaba xénophobe qui revendique d’être sur ces îles avant les mutants. L’épisode quatre se termine par l’invasion de la terre par des dragons. 

Les péripéties sont prenantes. Qui dirait non à un voyage au centre de la terre pour voler à des druides des cristaux fait d’os de mutants morts ? Les personnages sont passionnants. Gambit, se sentant impuissant que Malicia reste dans un coma floral, s’énerve contre une manifestation antimutante. On peut voir la tension entre Betsy et son frère jumeau ainsi que le retour de Jamie Braddock ressuscité puis l’arrivée de Meggan, l’épouse de Brian, venue se réfugier sur Krakoa avec sa fille. Rictor n’a pu rejoindre Krakoa car son pouvoir sismique hors de contrôle l’empêche de poser le pied sur la terre. Tout cela vient d’une dépression mais on n’en connaît pas la cause. Est-ce parce qu’il ne semble plus en couple avec Shatterstar ? Au fil des pages, j’ai progressivement changé d’avis sur les dessins de Marcus To. Son style est certes très classique mais chaque épisode est jusqu’à la dernière page bien composé : Rictor, paniqué par son pouvoir sans contrôle, rentre dans un cercueil de terre comme un vampire. On suit très bien l’action et des druides à capuches avec des cornes de cerfs paraissent naturels.

New Mutants

Ed Brisson crée un récit totalement différent sur terre autour de jeunes X-Men créés par Grant Morrison. Armor et Blob vont chercher des amis qui ne sont pas encore arrivés sur l’île. Big-Bang en manque d’action demande à les suivre mais sans succès. Elle est clairement alcoolique mais pourquoi ? Bec et sa famille refusent de partir car son père a la maladie rare de Taylor Ellis. Leur visite est perturbée par un groupe venu du Costa Perdita qui attaque la ferme. Leur pays infecté est par une maladie venue de la pollution des rivières. Pire, ce pays a ensuite été ruiné par l’industrie pharmaceutique. Mais ce ne sont pas des défenseurs du peuple car ils veulent s’enrichir avec le médicament de Krakoa. Flaviano a un style tout rond proche de l’animation classique mais sans originalité. Il est remplacé dans l’épisode suivant par Marco Failla. Son dessin est également proche de l’animation mais il est bâclé aux ¾ de l’épisode.

X-Force

Même s’il est parfois très simple sur les plan large, le dessin de Cassara entre sombre et lumière constitue toujours la principale qualité. En effet, le scénario perd progressivement son intérêt. Le début reste gore : on enlève la peau de Domino au scalpel. L’île améliore tout car Forge a mélangé son armement à la biologie krakoane. Le résultat est déroutant. Devenus immortels, les mutants sont tués encore plus vite qu’avant. La mort (temporaire) de Xavier est préparée par un groupe raciste de xénophobes. Le chef a une tenue surprenante : il porte un masque rond décoré de plumes de paon et un costume blanc avec des manches du même animal. Un groupe terroriste attaque ensuite une station de livraison de médicaments de Krakoa. Une nouvelle équipe – Sage, Le Fauve et Jean Grey – se charge de l’enquête. A la suite de cette attaque, le Conseil secret propose des représailles et de créer une armée. 

Fallen Angels

Cette série d’action pure, qui se veut mystique, installe une ambiance intéressante d’horreur mais le scénariste échoue à créer des héros et des enjeux denses. On tourne les pages sans intérêt sauf pour l’ennemi. Apoth est un robot qui dirige une secte mystique niant l’individu. Il ressemble à la mort mélangée à des éléments technologiques. Il serait le fils binaire de Psylocke car, en l’épargnant lors d’une mission, il lui a permis de trouver une révélation. Sur le net, il trouve la Bible et pense être Lucifer et le Déluge. Il veut faire évoluer et absorber le monde par une communion.

Alors, convaincus ?

Danw of X reste très plaisant à lire. X-Men est au centre du plan général en multipliant les pistes autour du temps, de la politique et de l’île Krakoa. Je me demande comment Jonathan Hickman va réussir à terminer toutes ces histoires. A l’inverse, Excalibur en s’éloignant de Krakoa est un très beau hors sujet mais qui sera bientôt au centre avec X of Swords. Le récit de New Mutants est encore plus accessoire que le premier mais j’attends le retour dans l’espace dans le prochain numéro.

L’avis de Siegfried : un numéro passionnant et bien trop de fillers

J’aime décidément beaucoup cette manière de découvrir des comics pas à pas, fascicule après fascicule, même quand la suite est déjà parue en VF depuis longtemps, et en fait d’autant mieux que nous nous exposons ainsi aux railleries sur nos terribles erreurs de jugement. Tenter d’évaluer quelles sont les histoires à suivre, découvrir soudain que l’on avait favorisé une série devenant catastrophique et négligé une série devenant passionnante, contraint de systématiquement se remettre en question, ce que ne permettrait bien sûr pas un retour monolithique sur l’entièreté de DoX.

Et l’exemple n’est pas anodin, ma lecture de Dawn of X 3 et 4 s’étant avérée très différente de ma découverte des DoX 1 et 2.

Tout d’abord parce que le 3 m’a paru singulièrement catastrophique. Soudain des équipes créatives changent pour raconter des histoires totalement différentes, souvent le temps que l’équipe principale achève le fil rouge central… alors qu’on n’est qu’au numéro 3, bien trop tôt pour qu’une dispersion narrative et qualitative aussi forte puisse passer toute seule !

Alors que l’on était restés… sur la mort de Xavier, excusez du peu, X-Men#3 introduit de façon éphémère la menace d’un gang d’octogénaires, dans des scènes pathétiques où les mutants se montrent juste absolument ridicules d’impuissance quand ils auraient mille possibilités de les arrêter. Jouer à ce point sur l’humour et l’incongruité dans ce qui est supposé être la série principale de DoX et après un début à ce point tragique est une faute de goût dont j’ai encore du mal à me remettre.

Il faut dire que le début donnait le ton, avec cette espèce de dialogue à sous-entendus où Hickman s’est sans doute cru très subtil, pas forcément aidé par les dessins il faut le dire :

L’autre cas flagrant est celui des New Mutants, où un nouveau scénariste et un nouveau dessinateur dont je n’ai pas voulu retenir les noms ont manifestement accepté de réaliser un filler sur deux fascicules (avant, enfin, le retour de Hickman et Reis au numéro 5, hâte de lire ça). La série que je déclarais préférer dans le premier article est désormais l’une des pires, non que ce soit si catastrophique d’ailleurs, mais j’ai été très déçu d’attendre la suite de mon ravissement premier et de me retrouver face à un filler dont la sous-intrigue consiste elle-même essentiellement en remplissage, sans qu’il soit toujours clair où l’on cherche à nous mener tant les enjeux sont inexistants et l’incompétence des mutants strictement parodique.

Fallen Angels, auquel je m’accrochais pour Kudranski, m’a surtout ennuyé, d’abord parce que ses dessins ne s’accomplissent pas dans le pur combat qu’il semble pourtant adorer et à quoi il limite le #3… Si le #4 se veut plus atmosphérique et métaphysique, donc plus propice à son art, et se veut plus profond, j’ai été incapable de me captiver pour des personnages que je trouvais désincarnés. L’idée est peut-être forte avec ces enfants dépossédés de leur humanité, mais rien à y faire, ni les héros ni le méchant ne sont vraiment intéressants.

En lisant le troisième fascicule d’Excalibur, j’ai regretté d’avoir écouté Thomas et d’avoir poursuivi malgré ma promesse d’abandonner cette série : des blagues, des batailles sans enjeux, des dessins moches… et soudain Apocalypse recrute Rictor, et entre la présence du premier, décidément l’un des personnages charismatiques de DoX, et cette relation inattendue, il se passe quelque chose de bien plus authentique que tout le reste. Le quatrième ne parvient pas à conserver le même niveau, mais en renonçant complètement aux combats pour laisser toute la place aux dialogues entre personnages pour faire progresser leurs arcs, s’avère nettement plus agréable que tout ce qui précédait.

Je ne me serais jamais attendu à ce que… Maraudeurs propose peut-être le meilleur #3, pas suffisamment bon pour que je réhausse radicalement la série dans mon estime (j’avais tout de même promis de l’arrêter aussi), mais sa joliesse, sa capacité à se focaliser sur l’humain dans la relation forcément complexe entre Sebastian Shaw et son fils Shinobi, le rendent frais et dense à la fois. De même que le #4, s’intéressant cette fois à Kitty Pride et Bishop, est extrêmement divertissant, oubliant tout gros enjeu pour une simple exposition de la synergie du duo – et le découpage de Lucas Werneck s’y avère particulièrement fin.

Maraudeurs #3 et #4 pourraient même être à égalité avec… X-Force, dont le troisième fascicule continue de mettre en avant un duo Wolverine/Kid Omega avec un très fort capital sympathie, et qui continue de savoir raconter des histoires avec de la tension et des personnages qui ont de la gueule. Le retour de Xavier seul m’y a vraiment déçu : on est donc définitivement dans un monde assumant l’inexistence de la mort, pour qu’entre deux planches pratiquement, sans trompettes, on fasse revenir celui dont la disparition semblait être le postulat de DoX et l’annonciateur d’une crise majeure sur Krakoa. Que le #4 ne sache pas trop faire avancer les intrigues est d’ailleurs plutôt mauvais signe, comme la preuve que X-Force s’installe aussi dans la longueur… Heureusement, Joshua Cassara est toujours présent, et parfois somptueux, comme vous pouvez en juger :

Un fascicule a cependant particulièrement retenu mon attention, et vous aurez peut-être noté avec curiosité que je ne le mentionnais pas : après un X-Men #3 tout de même très faible, le #4 est soudain remarquable, et de très loin ce qu’on a eu de meilleur jusque-là. Même Lenil Francis Yu, dont j’ai assez dit combien je le trouvais moyen, dévoile soudain une grande finesse à rendre dynamique et symbolique une situation strictement statique, la rencontre à Davos entre des représentants des grandes puissances du monde. Et Krakoa est représenté par un trio magnifique, Apocalypse, Magneto et Xavier, auxquels Cyclope et Gorgon servent de gardes du corps.

Chacun trouve son moment pour briller, mais Xavier et Magneto sont particulièrement remarquables, et Hickman parvient à quelque chose de très subtil en leur faisant tenir des discours formellement très différents, et pourtant particulièrement harmonieux dans le fond, dans une grande réconciliation idéologique qui ne gomme pourtant aucune des deux personnalités.

Les dialogues sont en-deçà de ce qu’un Tom King aurait produit avec la même situation, enfin quel plaisir de se concentrer sur la situation politique de Krakoa vis-à-vis du monde extérieur, et de découvrir aussi posément et intelligemment ce que chacun pense des autres, sans prétendre résoudre quoi que ce soit par la bagarre, éternelle solution de facilité des histoires super-héroïques. Même la résurrection abrupte de Xavier est réellement appréciable en apparaissant dans toute sa dimension christique – mais si Jésus était revenu sur Terre après sa mort afin de poursuivre sa vocation terrestre, la mort puis la résurrection n’apparaissant que comme des étapes par lesquelles le Messie se révèle et se renforce plutôt que comme un sommet. Pour le coup, j’en redemande !

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