[review] Dune roman graphique livre 1

« Un commencement est un moment d’une délicatesse extrême, à l’équilibrage délicat » cette phrase a changé le cours de ma vie ! Je n’avais que 13 ans quand j’ouvrais pour la première fois le roman de Frank Herbert fortement motivé par la perspective de la sortie du film qui allait avoir lieu quelques mois plus tard et ce fut une révélation. Oui Dune et son incroyable univers ont été pour moi une porte sur tellement de choses qu’il serait difficile de les énumérer ici. Ce livre ne m’a jamais quitté. Alors autant vous dire qu’une version adaptée en comics m’a à la fois enthousiasmé et inquiété.

Où est votre gom jabbar ?

Dans un futur très lointain, l’univers connu est régi par l’Imperium avec à sa tête l’empereur Padishah Shaddam IV de la maison Corrino. C’est un tissu politique complexe où les maisons dirigeantes, composant un parlement nommé le Landsraad, s’affrontent pour le pouvoir dans des intrigues machiavéliques ! Et dans ce monde de complots, le pouvoir c’est l’épice ! L’épice accroît les sens, l’épice augmente la longévité, l’épice permet le voyage intersidéral ! Mais l’épice n’est produite que sur une seule et unique des millions de planètes de l’univers : Arrakis monde désertique aussi nommé Dune !

Une des plus grandes maisons du Landsraad, les Atreïdes et son très populaire Duc Leto se voient attribuer la gestion d’Arrakis par l’empereur aux dépens de leurs ennemis mortels : la maison des Harkonnens ! Ce qui pourrait sembler être un honneur du souverain à son vassal, la gestion de la plus importante ressource de l’univers pourrait cacher bien d’autres objectifs et les difficultés seront nombreuses. Il faudra faire avec les populations locales et notamment avec les Frémens , des hommes du désert profond réputés comme sauvages. Mais aussi avec les institutions en place ou encore les contrebandiers. Mais plus encore, il faudra déjouer les pièges que les Harkonnens n’auront pas manqué de laisser derrière eux.

Pourtant, le duc et toute sa maison quitteront leur douce planète Caladan aux océans majestueux pour s’installer sur l’aride et inhospitalière Arrakis dont les étendues désertiques sont peuplées de vers gigantesques qui peuvent engloutir les énormes moissonneuses à épices qui raffinent la précieuse denrée.

Parmi la suite ducale on trouve son guerrier-troubadour Gurney Halleck , son maître d’armes Duncan Idaho, son ordinateur humain et maître des assassins Thufir Hawat, le médecin Wellington Yueh, Dame Jessica la concubine du duc, sorcière de l’ordre du Bene Gesserit et mère de l’héritier du Duc le jeune Paul Atreïde !

Bien des turpitudes attendent les Atreïdes mais c’est aussi dans les sables de Dune que le jeune Paul trouvera son destin. Un destin qui changera à jamais la face de l’univers !

Je ne connaîtrai pas la peur

Que dire qui n’ait déjà été dit sur ce monument qu’est Dune ? Dire que cette œuvre majeure, en matière de complexité et de foisonnement, est à mettre au même niveau que Les rois maudits de Druon et a eu au moins autant d’impact sur la science-fiction que le seigneurs des anneaux en a eu sur la fantasy ! C’est un univers dont je suis profondément amoureux et qui me fait toujours autant voyager tant il est énorme d’ambition !

C’est donc particulièrement casse-gueule pour n’importe quel artiste que de vouloir adapter ce mastodonte de la geek culture et David Lynch lui-même en a fait les frais avec son film de 1984. La tripotée de fans comportant son lot de « puristes érudits », il n’y aura jamais de consensus sur la qualité supposée de l’adaptation quelle qu’elle fut et c’est pourquoi je n’espère pas convaincre qui que ce soit sur le livre présenté ici. Ceci étant dit, que vaut ce roman graphique ?

Et bien le plus important s’y trouve : l’ambiance et l’immensité du récit !

C’est tout d’abord lié à un respect tout particulier de l’œuvre dont les dialogues, les scènes et même les chapitres sont respectés scrupuleusement préservant du même coup le rythme et cette atmosphère géniale et oppressante ! D’ailleurs pour ceux d’entre vous pour lesquels la seule référence est le film de Lynch, la transposition du comic est bien plus proche du texte d’Herbert, jusqu’au découpage des tomes ! En effet, l’édition est prévue en trois recueils à l’instar de la parution du roman d’origine.

Cette considération apportée à ce chef-d’œuvre de la SF est logique quand on sait que cette adaptation est assurée par Brian Herbert lui-même (le fils de l’auteur de Dune) et de son comparse Kevin J Anderson , auteur hautement prolifique qui a participé à la rédaction des préquelles de Dune. La conformité avec le roman originel ne peut être que totale !

Même le côté graphique a reçu leur approbation et Raul Allen ainsi que Patricia Martin font un travail remarquable pour restituer le contexte épique. Les jeux de couleurs et d’éclairage participent pleinement au récit, nous faisant plonger tête la première dans les sables d’Arrakis comme dans les palais Harkonnen de Geidi Prime !

Béni soit le faiseur et son eau

C’est donc un quasi-sans-faute que nous présente Huginn & Muninn car pour ne rien gâcher l’édition est magnifique ! Et j’ai vraiment été heureux de retrouver les mêmes sensations que j’avais ressenties lors de mes premières lectures il y a plus de trente ans. On ne cherche pas ici à piéger les fans en exploitant leur passion avec un produit à deux sous ! Oui dans ces pages, peut-être sentirez-vous le Kryss d’un Naib vous prendre votre eau.

Dragnir

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