[review] Roku

La réouverture des librairies m’a permis de retrouver les nouveautés de Bliss et j’avais hâte de lire leurs nouveaux titres. Après avoir été conquis par Punk Mambo, j’ai commencé par Roku du même scénariste.

Un résumé pour la route

Cette série limitée de quatre épisodes est scénarisée par Cullen Bunn (Punk MamboBone Parish) et dessinée par Ramón F. Bachs (Robin, fils de BatmanCivil War : Frontline). Roku a été publiée entre octobre 2019 et janvier 2020 par Valiant Entertainment et en France le 30 octobre 2019 par Bliss éditions.

Angelina Alcott était un agent des services secrets britanniques fidèle à sa pays… jusqu’à sa mort. Revenue dans le monde des vivants et même fortifiée par la magie, elle a changé de morale. Elle devient Roku, le plus fort assassin de la pègre.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Tout comme Killers, Roku appartient à l’univers de Ninjak et l’on retrouve l’action et l’espionnage. Cullen Bunn ne perd pas de temps car l’action démarre dès la première page – et ne cessera quasiment jamais – quand Roku attaque des mafieux dans un club. Par les paroles en voix off de l’héroïne, le scénariste réussit en même temps à écrire un texte intéressant sur l’omniprésence très contemporaine du danger et le rôle de la techno pour oublier le quotidien.

Cette première opération permet de monter les pouvoirs psychiques – elle fait de ses cheveux des épées – et les talents de combat de la tueuse mais aussi sa mentalité. Cette femme n’éprouve aucun remord et fait sans ambiguïté le choix du crime. Elle n’a ni passé ni vie personnelle à part le meurtre tarifé. Depuis qu’elle a été tuée par les agents des sept ombres, elle vit au jour le jour. La rencontre avec Ember-1 qui l’a rencontrée dans son ancienne vie semble à peine la dévier sa mission. Obnubilée par l’argent et l’action, cette mercenaire accepte de récupérer une nouvelle arme avant sa mise aux enchères sans chercher à connaître les commanditaires. Mais, par un cliffhanger à la fin du premier épisode, elle découvre que cette arme est une fillette. Cette innocente enfant se révèle bien plus intelligente que son âge et elle connaît le passé de Roku. En effet, des scientifiques lui ont greffé une puce à l’arrière du cou qui la transforme en récepteur de secrets. Cependant, elle ne se contrôle pas et révèle tout ce qui fait d’elle l’objet des convoitises de plusieurs groupes mafieux. De plus, du point de vue du récit, elle offre une figure opposée à Roku qui, pleine de mystères, ne dit rien. Roku fait alors le choix de protéger cet enfant et donc d’oublier sa mission. Trois groupes se mettent en place autour de l’enfant : Roku, Ember et le prêtre des lames, combattant torse nu tatoué qui maîtrise par l’esprit tous les objets tranchants. Si cet ennemi est plutôt intéressant, on peut regretter que les motivations des différents groupes restent inconnues. En effet, ce volume léger se lit très vite bien qu’il soit moins marquant que Ninjak.

Occupant presque toutes les cases, Roku est au centre de ce récit. Experte en arts martiaux et sans morale, le parallèle avec Elektra m’est vite venu. Cette rousse aux longs cheveux mortels m’a fait penser à Médusa, la reine inhumaine. On retrouve d’ailleurs les stéréotypes culturels sur les rousses : des femmes mystérieuses, associées à la magie et dangereuses, comme cette tueuse améliorée. Roku s’oppose d’ailleurs au départ à la blonde Ember-1. Le cadre géographique reprend aussi les lieux du crime vus de l’occident. Le crime est à l’étranger dans des pays « exotiques » et des ennemis des États-Unis : l’Asie et Moscou. Roku va évoluer au cours du récit. La mercenaire découvre l’héroïsme en même temps que la tristesse. Elle s’humanise par cette responsabilité nouvelle et devient humaine en s’occupant d’un enfant. Est-ce aller trop loin d’y voir l’idée sous-jacente qu’une femme trop libre se calme par la maternité ?

Il ne faut pas se baser sur les superbes couvertures pour introduire l’intérieur du livre. Ramón F. Bachs a un style plus basique et commun qui offre un contraste avec les combats où le sang gicle. Dans le deuxième épisode, il montre en parallèle l’attaque d’un commando et des révélations sur le passé de Roku. Cependant, sa bonne mise en page est en partie gâchée par l’arrière-plan bâclé. Quand il montre la jeune fille, elle porte une robe classique du début du XXesiècle et vit dans une chambre d’enfant qui renforce certes la surprise mais sans originalité. Comme pour chaque titre de cet éditeur, ce volume compile à la fin des bonus : l’ensemble des couvertures y compris les versions limitées mais surtout des pages du dessinateur avant la colorisation.

Alors, convaincus ?

Roku est un récit complet d’action efficace, pour les amateurs de Ninjak notamment, et dans la lignée de Killers. Même s’il n’a rien de novateur, il se lit agréablement et présente un personnage neuf. On peut voir à la fin une proposition de suite mais je ne vois pas pour l’instant des annonces chez Valiant alors que, dans la toute dernière page, on découvre enfin des annonces sur la suite de l’univers de Rai en février chez Bliss.

Thomas Savidan

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