[review] Tortues Ninja tome 12

Plus j’avance dans la série, plus je trouve que les Tortues Ninja sont l’une des meilleures licences du moment. Nous arrivons déjà au douzième volume du titre et je n’ai pas eu un moment de déception. Les personnages sont fouillés et d’une grande humanité, complexes et très bien écrits et, la plupart du temps, l’aspect graphique soutient la qualité du scénario. J’ai vraiment du mal à comprendre pourquoi cette licence peine tant on s’attache aux individualités présentées au fil des pages et tant l’écriture est fine. Bref, j’attendais avec grande hâte ce nouvel opus et, encore une fois, la qualité est au rendez-vous.

Un résumé pour la route

Le douzième volume des TMNT a pour titre Chasse aux fantômes. Il est scénarisé par Kevin EastmanBobby Curnow et Tom Waltz et illustré par Dave Watcher et Mateus Santolouco (chapitre 5). La colorisation est confiée à Ronda Pattison. Ce volume est édité en France par Hi Comics en 2020. La couverture de l’édition française, de toute beauté, est signée Dave Watcher.

La guerre des gangs fait rage dans les rues de la ville et oppose le clan des Foot et les Fantômes des rues. Chacun des protagonistes tente de gagner la bataille technologique et d’avoir l’avantage sur le camp adverse. Si les combats usent les forces des Tortues, les débats internes au clan Foot contribuent également à faire monter les tensions. Chacun fait face à ses démons et à ses contradictions et pourtant, il va bien falloir songer à s’unir contre les Fantômes…

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Je dois confesser que la lecture des premières pages m’a fait un peu peur : l’affrontement technologique entre les Fantômes et Donnie aurait pu laisser croire qu’on partait sur un récit de baston avec des armes futuristes. Or, cette entrée en matière est bien loin de résumer l’ensemble du volume, loin de là. Cette scène d’action est là pour faire entrer le lecteur de plein fouet dans la guerre qui oppose le clan des Foot et les Fantômes pour le contrôle de la ville. Et c’est bien là que le bât blesse : il s’agit bien d’une guerre entre clans et non de se défendre ou de défendre la ville contre une agression. Splinter est désormais le chef des Foot et il agit comme tel, intégrant dissimulation et stratégies croisées dans ses plans sans forcément se concerter avec ses fils.

Que devient la famille dans cette histoire ? Le pouvoir est-il en train de ronger Splinter et le transformer en ce qu’il combattait auparavant ? Ce questionnement est réellement au cœur de ce tome et il permet de voir les différentes réactions des membres de la famille et de leurs alliés. Mike tente de continuer à vivre normalement dans l’ancien repaire des Tortues, en tentant de conserver son monde de convivialité et de pizzas tandis que ses frères suivent leur père avec plus ou moins de bonne volonté. Chacune des Tortues s’enferme dans sa spécialité : Léo s’entraîne avec intensité, Donnie bricole et Raph râle.

On ne sait trop encore comment décrypter l’attitude de Splinter et le scénario maintient l’ambiguïté tout au long de l’histoire. Le chef du clan Foot est un esprit secret, mais pourquoi ? Cherche-t-il à éviter la confrontation avec ses fils ou au contraire à les préserver ? Est-il devenu machiavélique, le pouvoir est-il en train de le transformer en ce contre quoi il luttait jusqu’ici ? Le lecteur est pris dans un tourbillon de sentiments contraires, se prenant tour à tour à comprendre Splinter ou à lui en vouloir. C’est si bien écrit qu’on éprouve vraiment de la colère ou de l’empathie. Les personnages secondaires sont également bien développés et trouvent leur place comme April, devenue chercheuse, elle décrypte les parchemins et tente de trouver des réponses dans l’étude tandis que Casey, lui, représente à l’inverse la force brute qui fait régner la loi par la force. L’histoire entre Harold et son grand amour est tout aussi réussie avec, en prime, un clin d’oeil à Aliens que je n’ai pu qu’apprécier.

Si le volume est intense, nous avons tout de même le droit à une petite pause bienvenue pour détendre l’atmosphère lors de la fête organisée par Mike qui, décidément, est celui qui veut croire encore qu’il existe des sentiments positifs et désintéressés. Et ce petit moment de détente fonctionne à merveille, l’humour présent dans ces quelques pages fait retomber la pression et permet de mieux rebondir par la suite. On sent que, malgré les différences, l’union reste possible. Je conseille d’ailleurs de bien regarder tous les détails de la page où Mike lance son idée de Noël, on voit trainer des tas de références à la culture pop’ : Akira, Locke and Key, Godzilla… mais chut, je vous laisse trouver les autres !

Si Mateus Santolouco n’est pas présent sur l’ensemble du titre, Dave Wachter n’a pas à rougir de son travail, il suffit de regarder la magnifique couverture dont Hi Comics nous gratifie, elle donne l’ambiance de tout le volume. Les ambiances nocturnes sont bien rendues tout comme les scènes de baston de rues. Les splash pages sont efficaces et Dave Wachter sait alterner les petites cases multiples qui soulignent les mouvements vifs durant les combats avec des cases plus amples pour restituer les émotions, comme cette jolie case dans laquelle Raph et Mike s’étreignent. L’épisode de Noël est dessiné par Mateus Santolouco que l’on retrouve toujours avec plaisir tant il a su s’approprier les personnages avec brio. On finit avec une galerie de couvertures des plus réjouissantes, un joli bonus pour cette belle édition.

Alors, convaincus ?

Au risque de me répéter, je ne peux vraiment que vous conseiller cette série, même si vous la prenez en cours de route, ça vaut le coup de tenter. En tant que lectrice de comics, j’aime les personnages à la fois altruistes et torturés, les héros qui doutent, ceux qui se trompent ou n’arrivent pas à la perfection. j’aime les interactions entre les individualités, de celles qui ne sont pas là juste pour échanger un bon mot mais qui font progresser le récit et font grandir les héros. Tous ces ingrédients sont réunis dans les Tortues Ninja, j’aime ces Tortues comme j’aimais les X-Men des années 1980, alors je ne peux que dire un immense merci à Hi Comics de continuer à nous proposer ce petit bijou.

Sonia Dollinger

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