[review] Old Man Quill tomes 1 et 2

Une mauvaise journée, ça peut arriver à tout le monde ! On s’est tous déjà foutu le doigt de pied dans le coin de table au petit matin et là il te vient à la bouche des insultes en suédois que seul le concepteur de ladite table pourra comprendre. D’ailleurs, tu en viens à remettre en cause l’intégrité sexuelle des géniteurs de l’artisan car à ce moment précis, tu en veux à la terre entière et à sa proche périphérie. Et puis il y a ces clefs que tu ne retrouves pas, cette tartine qui finit sur ton futal tout propre ou ce pot de confiote dont le dernier utilisateur n’a pas refermé le couvercle et qui se fracasse au sol en propulsant de la framboise sur 30 m² juste au moment où tu t’apprêtais à partir alors que t’es déjà à la bourre ! La promesse d’une journée type bain de pieds dans le purin ! Et bien il y a un univers où c’est toujours des mauvaises journées : la terre 807128, la terre des Old Man ou même dans l’espace, ce n’est pas reluisant !

Hurts !

Ignorant tout du destin de la Terre où la plupart des héros ont été massacrés, Peter Quill est empereur de Spartax et vit aussi bien qu’une telle charge peut lui permettre. Mais les menaces ne sont jamais loin et un groupe de fanatiques se faisant appeler «  l’église universelle de la vérité » ont posé un ultimatum que celui qu’on a longtemps surnommé Star Lord veut affronter frontalement ! Avec toute sa flotte il vogue à l’autre bout du système solaire pour mettre à bas ses adversaires. Mais tout ceci n’était qu’une diversion visant à laisser la planète sans défense pour la détruire. Quill perd tout : son peuple, sa famille, sa raison d’être.

On retrouve le souverain déchu plusieurs années plus tard alors qu’il noie toujours son désespoir dans l’alcool. Apparaissent alors ses anciens frères d’armes : les gardiens de la galaxie ! Vieillissants et affaiblis, ils viennent chercher leur ancien leader pour aller sur Terre retrouver un artefact qui mettra fin à l’église universelle de la vérité et surtout à son mystérieux Dieu noir !

Voilà donc les Old Men Guardians en route vers notre planète où ils sont accueillis par un satellite de défense du Docteur Fatalis qui endommage leur vaisseau, les forçant à un atterrissage en catastrophe dans cet enfer façonné par les criminels les plus terribles, ceux qui ont participé à cette « nuit où les héros sont tombés » ! Très vite, les héros cosmiques vont être la cible des bandes et « autorités » locales mais un malheur n’arrivant jamais seul, l’église universelle de la vérité » a envoyé ses propres champions pour exterminer Quill et ses compagnons. Désormais, ils ont donc aux trousses l’ancienne garde impériale Shi’ar complètement fanatisée et dirigée par un Gladiator encore plus énervant que d’habitude. La course à l’artefact peut commencer !

What a wonderful world !

Bon c’est vrai que le post-apo dystopique c’est ma came, mais adapté aux histoires de super-héros , le concept peut paraître assez casse gueule. Millar nous avait surpris il y a 12 ans avec son Old Man Logan mais je ne crois pas qu’il pouvait se douter que cela deviendrait un univers à part entière. Et, pour aller plus loin, si on m’avait dit que ce monde serait réutilisé avec d’autres personnages je m’en serais claqué une baloche sur la porte du frigo en vociférant que « l’on ne respectait plus rien pour faire du fric » ! Pire encore, si on m’avait dit que Marvel exploiterait les gardiens de la galaxie pour ce faire j’aurais répandu mon fiel à la façon d’un putois syphilitique, arguant du fait que le choix de ces personnages était lié au seul fait de leur popularité cinématographique ! Et clairement et comme souvent, j’aurais réagi comme un sinistre con ultra-conservateur digne de provoquer une descente d’organes à Nadine Morano ! C’est donc un Dragnir enchanté et l’esprit léger comme après une tournée des Grands Ducs des coffee shops d’Amsterdam qui se tient devant vous aujourd’hui et qui est heureux de vous dire qu’il a aimé et même adoré ce récit.

Tout d’abord, il y a bien l’ingrédient majeur de ce que l’on est en droit d’attendre d’un récit du superslip : c’est blindé d’action ! Ça tire, défourlingue dans tous les sens à en faire pâlir Jason Statham , ça colle des torgnoles façon Bud Spencer mais version boucher/tripier des halles de Rungis en bref, les adeptes de la soupe à la phalange et du vol incontrôlé et sauvage de prémolaire seront ravis. Quantité de clin d’œil sont faits aux fans et l’on est surpris de voir l’évolution de personnages que nous connaissons si bien et que l’on voit ici si différents. Et puis, il y a le background ! Cette toile de fond faite de sauvagerie et du désespoir que l’on ne peut retrouver qu’après l’effondrement d’un empire ! C’est du western mais pas que et ce monde si violent pousse ceux qui vont le traverser à des confrontations extrêmes aussi bien avec les autres qu’avec eux-même !

Il y a de la douleur dans ce Old Man et Quill y est mis à rude épreuve, à en perdre la raison mais justement c’est là que c’est bon et même très bon ! Pour être honnête, je crois que c’est l’histoire qui met le plus en valeur la profondeur du personnage et donc le rend éminemment intéressant grâce à la plume de l’étoile montante Ethan Sacks dont le récit est magnifié par Robert Gill et Ibraim Roberson qui rendent une partition graphique qui frise l’excellence ! Du bel Ouvrage !

Nobody’s fault but mine.

Vous auriez tort de passer à coté de cet univers et à coté de ce Old Man Quill qui tient en deux tomes, tout comme j’aurais pu le faire moi-même, bouffi de préjugés comme je l’étais . Mais clairement, c’eût été une erreur, ce serait une erreur de se priver d’un comic dont tous les chapitres portent le nom d’une chanson dont une du grand Blind Willie Johnson !

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