[review] Oink le boucher du paradis

Tout est bon dans le cochon y compris en littérature ! Même les classiques y vont de leur référence porcine, le « porc trait de Dorian Gray » en est un exemple évident alors qu’en chanson on retrouve chez Brel « le porc d’Amsterdam »

Et bien, sachez que même en comics nous avons notre porc à nous, et c’est du bon avec « Oink, le boucher du paradis » de John Mueller chez Délirium !

What the fuck is that ?

Dans une « école » dont l’intérieur ressemble méchamment à une prison, un prêtre vient recueillir les dernières confessions de Oink. C’est un personnage singulier qui accueille le clerc, un personnage à la diction défaillante et au physique des plus étranges : c’est un porc anthropomorphe !

Oink va commencer son récit et au travers de ces aveux et chacun comprendra pourquoi son surnom est « le boucher du paradis ». Dans ce monde sombre et de cauchemar, le clonage a été poussé jusqu’à croiser les humains avec d’autres espèces afin que chaque individu contribue de façon optimale à la société.

Les hommes cochons sont donc élevés pour être de parfaits esclaves à qui reviennent les pires besognes. Dans cet enfer, Oink rêve du paradis, un endroit dont on dit qu’on y vit heureux mais qui est interdit aux cochons de par leur nature. Le jeune cochon va donc se révolter et partir en quête de cette terre promise et y trouver son destin.

Qu’est-ce qu’on en pense sur Comics have the Power ?

Sublime, intelligent, intense, subversif, sombre, tragique les qualificatifs manquent pour cette œuvre injustement méconnue.

John Mueller est un artiste complet, peintre de formation et qui nous délivre ici son travail le plus abouti selon ses propres dires. Paru initialement au début des années 1990, Oink a été retravaillé durant cinq ans par l’auteur pour revenir en 2015 avec un récit profond et aux graphismes fantastiques qui ne sont pas sans rappeler le travail de Bisley. C’est soigné et l’aspect pictural nous plonge au cœur du cauchemar, dans le saint du saint du glauque.

L’histoire est une critique acerbe du système éducatif et de la moralisation religieuse que l’auteur a eu à subir lors de son propre cursus scolaire. Il y fait des parallèles troublant entre éducation et asservissement sociétal avec un habile mélange de violence et de tragédie sans pour autant tomber dans la facilité scénaristique.

On voit clairement que c’est l’œuvre d’une vie et le lecteur que je suis en est ressorti troublé !

Comme d’habitude , Délirium fait du travail d’orfèvre avec un livre dont la couverture est magnifique et dotée de pages en papier glacé qui rend la manipulation des plus agréables. Chapeau bas pour l’éditeur pour ce sans faute !

Voilà un bouquin sur lequel j’ai louché longtemps avant de l’acheter et je n’ai désormais qu’un seul regret : ne pas l’avoir acheté avant !!

Dragnir

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