Mikros: Titan microscopique

Quand tu vas à Londres, il faut avoir vu Big Ben. C’est LE monument anglais ! Quand tu vas en Chine, il faut avoir vu la grande muraille. C’est LE monument chinois ! Quand tu vas dans un service d’addictologie alcoolique, il faut avoir vu la cave à Tonton Dédé, c’est LE monument de tous les cirrhosés de cette planète et de sa proche périphérie ! Et bien quand tu veux lire du « comic à la Française », il faut avoir lu du Mitton car c’est LE monument des « Sup’Héros » !

Avec plus de 50 ans de carrière, Jean-Yves Mitton est un des hommes qui ont enchanté l’enfance et l’adolescence de pas mal de gens de ma génération. Cet homme est polymorphe et passe de la franco-belge aux comics avec même un peu de fumetti dedans, école lyonnaise oblige ! Son histoire d’amour avec la légendaire maison d’édition LUG l’a conduit a faire du Blek le roc, du Blakstar, du Oum le dauphin (et là vous avez la chanson de la pub Galak qui va vous suivre toute la journée), et même du Surfer d’argent avec le grand Marcel Navarro plus connu des lecteurs sous le pseudo de Malcolm Naughton!!

Et c’est en juin 1980, que les deux compères vont créer pour le magazine Mustang édité par LUG la série Mikros , et bordel, ce fut une véritable soupe à la phalange de maçon que nous nous sommes pris sur le coin du groin ! Et bien quarante ans plus tard, et comme d’outre-tombe car LUG a disparu depuis, la maison lyonnaise Original Watts nous ressort les aventures du titan microscopique et le résultat est le même qu’a l’époque: Humidification oculaire et génitale simultanée !

Bon de quoi que ça cause ?

Nous sommes au début des années 1980, quand trois jeunes Américains fort bien de leurs personnes vont vivre une aventure sans pareille. Priscilla Conway, championne du monde de gymnastique et étudiante en entomologie à Harvard, Bobby Crabb champion du monde poids lourd de boxe et Mike Ross champion olympique d’athlétisme et chercheur en entomologie vont croiser la route d’une espèce extraterrestre insectoïde: les Svizzs ! Bien sûr les visées de ces aliens ne sont pas folichonnes pour les humains puisqu’ils veulent que les insectes terriens accèdent à la suprématie sur notre planète quitte, vous vous en doutez, à éradiquer l’humanité.

Pour ce faire, les envahisseurs ne vont pas hésiter à faire subir à nos trois héros des mutations qui vont les transformer en créatures hybrides humain /insecte les dotant du même coup de super pouvoirs !

Ainsi donc Priscilla devient Saltarella sorte de femme sauterelle, Crabb devient Big Crabb un crustacé doté d’une pince énorme en lieu et place de la main droite et enfin Mike devient Mikros le titan microscopique ! Car oui, ils vont bel et bien hériter de la taille d’insecte de leurs ravisseurs et rencontreront bien des vicissitudes avant de comprendre comment retrouver des proportions humaines.

Ce que les Svizzs n’envisageaient pas, c’est qu’un incident durant la transmutation du trio allait les libérer et faire d’eux l’ennemi inconditionnel de leur empire intergalactique !

Qu’est ce qu’on en pense sur Comics have the Power ?

C’est un morceau d’histoire de la BD que nous avons là ! Que ce soit le créateur (Gloire à Mitton) , le magazine Mustang, la maison d’édition LUG ou encore la série en elle-même , quand on s’intéresse un tant soit peu à ce que sont les comics en France, c’est un passage obligatoire !

Ceci étant dit, il s’agit d’un récit des années 1980 et qui répond aux méthodes de narration de l’époque sans pour autant sombrer dans de la description abusive à la Balzac comme on pouvait en voir dans d’autres parutions. En clair, même si les personnages décrivent parfois leurs actions, le fait reste assez rare malgré tout. Vous comprendrez donc que le récit reste rondement mené et qu’entre action et touche d’humour, la lecture est des plus agréables.

Autre petite particularité qui me fait sourire avec bienveillance, c’est l’effort fait par les auteurs pour « américaniser » leur récit en faisant employer à leur personnage des expressions US telles que « Kids » ou « Shut up » mais en utilisant dans le même temps des formulations bien franchouillardes !

Côté dessin, c’est du beau, du grand Mitton ! Un dessin ultra-dynamique et fourni, des couleurs flashy avec des décors fous et psychédéliques qui donnent à l’ensemble une fluidité de lecture excellente. Ajoutons que cette édition bénéficie à la fois d’une restauration et d’un format 21,5 x 28 en souple qui étaient les dimensions des albums Spiderman ou Quatre Fantastiques produits par LUG, une couverture réalisée par Olivier Vatine et vous avez une véritable pièce de collection. Tout est fait pour que ça parle aux vieux lecteurs, je pense notamment au logo Original Watts qui reprend la charte graphique du logo LUG ou encore la quatrième de couverture représentant un Mike Ross dont l’ombre projetée est en fait celle de Mikros à l’instar de ce que Jean-Yves Mitton faisait déjà sur les albums de l’époque.


La fibre nostalgique joue à fond mais grâce à cette réédition les nouveaux lecteurs pourront sans mal aborder la série dès son premier épisode et vivre ces superbes émotions que les anciens ont vécues il y a quarante ans !

Pour finir !

Il y a des monuments à côté desquels il ne faut pas passer et la série Mikros et toutes celles qui suivront sont de cet acabit! Alors go les kids, c’est le père Mitton qui régale !

Dragnir

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