[review] Murder Falcon

Le nom de Daniel Warren Johnson est, pour moi, associé à l’excellent titre qu’est Extremity. Je guettais donc les prochains titres de cet auteur afin de voir si mon appétence pour les récits de cet auteur allait durer dans le temps. C’est ainsi que Murder Falcon est arrivé entre mes mains. Et puis, un pitch où le héros doit sauver la planète à coups de riff de guitare, ça mérite un coup d’œil non ?

Un résumé pour la route

Murder Falcon est scénarisé et illustré par Daniel Warren Johnson avec Mike Spicer à la couleur. Le titre est édité en 2020 aux Etats-Unis sous le label Skybound par Image Comics. En France, Murder Falcon est édité chez Delcourt en 2020.

Le monde est attaqué par une horde de monstres qui détruit tout sur son passage. Alors que les forces de l’ordre sont dépassées par les événements, un van se gare à l’arrache au milieu de la rue, Jack en sort, armé de sa guitare. Alors que tout semble perdu, il se met à balancer des grands coups de riff et fait apparaître un surprenant guerrier, le Murder Falcon, tout droit sorti d’un monde parallèle pour bastonner des démons.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Avant tout, je me dois d’être honnête, si j’aime écouter du Métal, je suis bien loin d’être une connaisseuse et j’imagine qu’un bon nombre de références ont dû largement m’échapper. Fort heureusement, Daniel Warren Johnson conseille quelques titres et donne des commentaires sur ses groupes favoris, ne passez pas à côté, cela apporte beaucoup à l’ouvrage.

Murder Falcon recèle plusieurs niveaux de lecture : on peut y voir le simple récit d’un univers apocalyptique où le monde démoniaque tente de pénétrer dans le nôtre. Notre univers désenchanté ne peut être sauvé que par la musique et l’alliance renouvelée entre les membres d’un groupe de métal dissous à cause de malentendus et de lassitude. Mais pour que le groupe se reforme, il faut l’arrivée d’un être venu d’ailleurs, d’un monde appelé Heavy, le Murder Falcon qui tire sa force de la guitare de Jack. Chaque instrument est un artefact qui permet de lutter contre les démons et, bien sûr, chaque membre du groupe est complémentaire. La morale est assez claire : pour lutter contre l’ennemi, il faut être uni.

Je dois bien vous dire qu’à ce stade de l’histoire, je n’ai rien vu d’extraordinaire dans le récit sinon la manière de détruire les vilaines bêtes qui envahissent la Terre. Se servir de la musique – qui plus est du Métal – pour lutter contre le Mal, voilà une bonne idée. Cependant, je restais un peu sur ma faim, là encore, sans doute parce que, n’ayant pas tous les codes, de nombreuses références m’ont échappées.

Mais, on peut aussi lire ce titre autrement et c’est Daniel Warren Johnson lui-même qui nous offre la clef de lecture en fin d’ouvrage. Murder Falcon est un titre exutoire qui mêle la passion de l’auteur pour la musique et sa propre lutte contre la pathologie qu’il évoque à demi mot mais qui est, finalement, le cœur du récit. Et si les démons contre lesquels luttait Jack n’était au fond qu’une bataille contre ses propres peurs et la maladie. Difficile d’en dire davantage sans spoiler le récit, on en restera donc là mais cela donne un aspect réellement profond et émouvant à ce titre, surtout quand on a vécu plus ou moins la même chose à un degré moindre. Daniel Warren Johnson amène le sujet avec une subtilité étonnante au vu du contexte de baston généralisée qui sert de toile de fond. Plus que les bagarres sonores, c’est cet aspect qui m’a le plus touchée et qui fait de Murder Falcon un titre plutôt chouette.

Sur le plan graphique, j’ai été moins bluffée que dans Extremity mais Daniel Warren Johnson excelle dans les scènes de combats et surtout dans les décors ou les engins et moyens de transports qui sont dessinés avec un grand sens du détail.

Alors, convaincus ?

Je ressors de cette lecture avec une impression mitigée : l’histoire de base qui oppose un groupe de métalleux et des démons ne m’a pas forcément beaucoup convaincue, par contre, le sous-texte qui évoque les combats de Jack sont réellement touchants et profonds, abordant des thématiques graves avec subtilité et délicatesse. N’hésitez pas à tenter si vous êtes fan de l’auteur ou de métal.

Sonia Dollinger

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