[review] New Teen Titans (volume 1)

Après les volume un et deux de l’intégrale des New Mutants, je continue mes lectures sur les séries d’adolescence de super-héros mais chez D.C. avec ce run mythique qui a totalement révolutionné la vision des sidekicks. J’avais déjà lu les premiers épisodes dans les intégrales Panini mais la publication s’étant très vite arrêtée, j’avais hâte de découvrir l’ensemble.

Un résumé pour la route

Le scénario est de Marv Wolfman (Crisis on Infinite EarthsTomb of Dracula) et les dessins sont de George Pérez (Wonder WomanAvengers) et Curt Swan (Superman Adieu, Kryptonite !Superman : King of Earth) pour l’épisode cinq. Le volume rassemble DC Comics presents 26 puis New Teen Titans 1 à 16. La série a été publiée par DC Comics entre 1980 et 1982 et la présente édition est sortie en septembre 2019 chez Urban comics.

Des sidekicks (des compagnons d’armes souvent de jeunes enfants) des héros majeurs de DC Comics – Robin (Dick Grayson), Kid Flash (Wally West), Wonder Girl (Donna Troy) – se sont associés avec Changelin (Garfield Mark Logan) pour former une équipe autonome mais l’équipe – comme la série – s’essouffle. En 1980, une femme inconnue de tous, Raven, connaît le futur et les identités de chacun de ces héros. Elle pousse chacun à agir ensemble pour former une nouvelle équipe avec une nouvelle recrue (Cyborg, Victor Stone) mais toutes ces connaissances inquiètent également chacun des héros.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

L’équipe se chauffe dans DC Comics presents 26 dans une histoire très Silver Age : du fun mais peu de réalisme ou de psychologie. Un groupe terroriste attaque une institution et les héros doivent sauver le statu quo, ici défendre STAR Lab. Au départ, Robin agit seul mais il se retrouve projeté dans le futur où il découvre non seulement le nouveau QG – le célèbre immeuble en forme de T – et ses nouveaux coéquipiers mais aussi leurs pouvoirs et les relations amoureuses. Cet épisode servant de rampe de lancement publicitaire pour la série à venir, le scénario dévoile beaucoup. Le monstre était en fait un être venu d’une autre dimension qui a franchi une porte entre les dimensions créée par un scientifique maladroit, le père de Cyborg. Cette mousse dorée est tout de même un ennemi manquant d’envergure et la fin est en eau boudin : pourquoi Robin subit ce voyage temporel ? Aucune réponse n’est donnée.

Les premiers épisodes de la série sont encore maladroits et datés par le scénario moralisateur et le dessin encore sage mais cette maladresse n’est pas sans charme. Robin quitte Bruce assis avec son livre et sa pipe pour sortir sur sa moto rouge avec un R. Les péripéties sont nombreuses, partent dans tous les sens mais manquent de densité. On suit un récit par épisode avec un fil conducteur sur les mensonges de Raven : elle est la fille du démon Trigon. Lors de la réunion des Titans pour lutter contre ce démon, la série va plus loin qu’une succession d’épisodes. La mise en page, contaminée par la magie de Raven, devient plus originale : Raven au milieu de cases racontant le passé de Trigon. Dans la belle scène d’attaque dans l’épisode sept, le scénario ne montre pas juste la violence mais aussi les interactions plus nombreuses dans l’équipe. Wolfman s’améliore. L’épisode neuf marque une nouvelle rupture par un scénario plus profond et un bon cliffhanger. Autour des thèmes de l’émancipation et la maturité, le Marionnettiste attaque les membres du conseil d’administration de l’entreprise de Changelin. Il manipule les héros grâce à des jouets – dont une poupée Batman – pour les infantiliser comme les parents le font parfois avec les enfants. Ces armes jouets sont un blasphème pour les Titans qui, une fois le Marionnettiste arrêté, se défoulent en les détruisant. Le scénariste ne se sent plus obligé de terminer le récit à la fin de l’épisode car il ne suit plus une seule intrigue mais multiplie les récits. C’est l’arc sur le choc des titans (les premiers dieux de l’Olympe) qui m’a fait adhérer complètement à la série. Alors qu’une partie des jeunes Titans est sur l’île des Amazones, le titan Hypérion, dieu du soleil, veut se venger de son exil dans les Tartares. Il a pu s’échapper de cette prison en récupérant les restes d’énergie solaire lorsque les morts passaient vers le monde des morts. Il libère les douze titans de la mythologie qui vont affronter les New Titans. Les Amazones font la guerre jusqu’en enfer contre les titans de la mythologie. On a même droit à un combat sur l’Olympe entre les dieux, les Amazones contre Wonder Gril et les titans anciens. Le scénariste fan de mythologie réalise ici son rêve : il utilise les noms des trois cyclopes défendant la sortie des Tartares, Hyperion est arrogant comme tous les dieux grecs. Je découvre des nouveaux dieux comme Boréas le dieu de vent par exemple. De plus, le récit de la naissance du monde selon Hypérion est très poétique. A la fois les titans et les Amazones font la guerre pour obtenir la paix mais deux conceptions s’affrontent. Les titans promettent le retour à un âge d’or utopique alors qu’Athéna ne peut rien promettre d’autre que la réalité. Le lecteur ne sait pas totalement quel camp choisir et comprend plus tard que Cronos veut imposer le paradis aux terriens. Il prive les Hommes de liberté, de libre arbitre. Au contraire, pour Athéna, les pères – les titans – doivent laisser la place à leurs enfants – les dieux et donc accepter le changement des générations ce qui est totalement dans le thème d’une série d’adolescents. La conclusion est belle et déceptive : les titans renoncent avec douleur à leur utopie comme Hyperion renonce à son amour. Dans les épisodes suivants, on découvre l’équipe partie à la recherche des parents de Changelin. On retrouve la Doom Patrol dont Marv Wolfman était fan. Il leur rend si bien hommage que DC ressuscitera la série. Les Titans se retrouvent encore au milieu d’une guerre mais entre un pays imaginaire et un groupe secret nazi. Le scénariste est aussi sorti du manichéisme du début du livre. En effet, Changelin s’allie avec les super-vilains de la Confrérie qui veulent une revanche sur Madame rouge. Le dénouement est même moralement trouble. Changelin tue Madame rouge puis laisse partir la confrérie pour respecter sa promesse. Selon Raven, Changelin a perdu son innocence mais, pour moi, il l’a déjà perdue à la mort de ses parents d’adoption. Le changement est que sa carapace s’étant brisée, il ose montrer ses faiblesses.

Le gros atout de cette série est la force des personnages. Après avoir suivi Nightwing, cela me fait drôle de revoir Dick Grayson, si jeune dans le rôle d’acolyte de Batman. Robin a des méthodes encore proches de Batman avec des gadgets. Même à la fin du livre, il reste encore très propre sur lui refusant de tomber amoureux de Starfire car « c’est mauvais pour l’équipe. » Mais, dés le premier épisode, les nouveaux héros arrivent et sont les plus intéressants. Cyborg est partagé est entre sa part humaine et les ajouts cybernétiques. Il est en conflit avec son père qui lui a sauvé la vie mais l’a en même temps défiguré. Son ancienne petite amie, Marcy le rejette à cause de ce changement physique. Koriand’r, Starfire s’enfuit d’un astronef d’esclavagiste. Elle a été arrachée à sa famille par son père pour éviter une invasion. Pour le scénariste, un personnage est bon s’il a un récit originel traumatique fort, ce qui le rapproche de Claremont. Starfire a le mal du pays en pensant à sa famille qu’elle aime contrairement à Cyborg. Raven est la plus intrigante de l’équipe par sa tenue, ses paroles de devineresse et le fait qu’elle réussisse si vite à recréer l’équipe. Elle perçoit l’avenir mais elle n’arrive pas à exprimer ou partager ses émotions car, par son pouvoir, elle absorbe les émotions des autres et par son éducation les émotions sont mauvaises. Raven s’était enfuie d’une secte ressemblant à des hippies, le temple d’Azarath trop pacifiste qui refuse de sauver la Terre du démon Trigon. C’est elle qui provoque le rassemblement des Titans puis leur division : les autres héros abandonnent Raven à cause de ses mensonges (sur ses origines et elle a poussé Flash à l’aimer). Une fois son père vaincu, elle réussit à concilier son pacifisme hérité de sa mère et sa volonté d’agir pour défendre le bien. A la fin de ce premier volume, Raven commence à avoir une vie normale : elle rentre à l’université mais ne se sent pas prête à être avec un homme. Ce rejet rend Kid Flash triste et donc plus intéressant. En effet, des anciens héros, seul Kid Flash m’a intéressé au début. Il avoue à ses parents qu’il veut être comme les autres mais cet archétype du mec banal tombe amoureux de Raven l’inadaptée. Au contraire de Wally, Garth veut être entre ados anormaux. Changelin refuse ses responsabilités de chef d’entreprise pour mener la vie insouciante d’un ado. Le dernier arc rend ce personnage très touchant.

Les deux artistes créent aussi de futurs ennemis majeurs : Deathstroke travaillant pour la R.U.C.H.E (Retribution Ultime par le Crime, la Haine et l’Élimination). Il n’y a pas seulement des super-vilains mais le scénariste intègre des humains : Grant, le colocataire accepte de devenir Ravager, le clone de Deathstroke. Cette partie est très morale : Consumé par la haine, Grant meurt et Deathstroke, Slade Wilson révèle qu’il était son fils. Lors de son retour dans l’épisode dix, Slade est plus intéressant. Une équipe se forme les Cinq redoutables mais le combat se finit en queue de poisson. Leur chef, Psimon utilise son pouvoir mental pour les pousser à quitter le combat alors qu’ils ont gagné. Trigon est enfin un adversaire dangereux. Comme souvent dans le mainstream, la barbarie du monde de Trigon est représentée par des images médiévales. Trigon est un roi absolu méprisant. Pourtant ses soldats tiennent un fusil mitrailleur. Hélas, après ce bon lancement la résolution de son conflit avec les Titans est en partie confuse et caricaturale. D’une part, la mère de Raven qui a toujours refusé d’intervenir, décide finalement de quitter le temple pour accompagner les Titans. D’autre part, Raven change d’avis et s’oppose à son père car elle n’avait pas compris sa cruauté avant de voir son monde. Alors que les super-héros ou super vilains sont assez libres, les humains sont plus concernés par des codes moraux rigides. Le premier petit ami de Starfire est un gigolo qui travaille pour la R.U.C.H.E. Après avoir retrouvé un code moral, il se fait tuer. 

Dans sa préface, Marv Wolfman explique qu’il détestait les jeunes héros qui n’étaient que des super-associés. Ces adolescents étaient dessinés trop jeunes et parlaient un argot artificiel. Adolescent en surpoids et allergique au sport, il ne s’identifiait pas à eux alors que l’adulte Batman représentait l’objectif à atteindre. Il cherche à modifier ce regard tout d’abord dans leur vie quotidienne « réaliste » : Koriand’r vit chez un couple en instance de séparation, Flash a abandonné le super-héroïsme pour suivre ses études à la fac. Robin est en crise avec Bruce depuis qu’il a arrêté la faculté. Les Titans sont plus des jeunes adultes que des teen. La plupart ont leur appartement. Même très jeunes, ils ont été contraints d’avoir un sens des responsabilités fort. La mère de Wally lui dit que son pouvoir l’a fait grandir plus vite que ses amis. Changelin doit diriger une multinationale depuis la disparition de son beau-père. Pour créer une dynamique entre eux, Wolfman pense que les héros doivent être en conflit entre eux tout en étant amis. Les relations amicales avec les nouveaux membres ne sont pas automatiques mais prennent le temps de se nouer. Alors que Cyborg est au départ énervé par les blagues et l’insouciance de Changelin, leur amitié croissante est très touchante. Même si Changelin ne touchera pas le sol, Donna emporte un homme sur île alors que c’est interdit. Des tensions naissent entre Robin et Kid Flash car Dick accepte mal les ordres de Raven. Il y a des allusions assez sexuelles : les héroïnes en bikini, Cyborg masse le dos de Wonder Girl, Starfire embrasse de force Robin pour assimiler son langage… Avec ses blagues, Changelin est obsédé par le sexe au point d’en être un peu pénible.

Marv Wolfman a une approche théorique sur les relations dans l’équipe car il crée deux triangles théoriques par genre qui définissent les caractères de chacun. Wonder Girl est placée au sommet de celui des filles. Cette pacifiste dans une société guerrière est entre Raven issue de pacifistes radicaux et Starfire d’une civilisation guerrière. Pour le caractère, Raven sera la plus timide à l’opposé de Starfire extravertie alors que Donna se place entre les deux. Pour les garçons, Robin, formé par Batman, est le plus compétent mais il ne sait pas ce qu’il peut apporter face aux enjeux différents et doit donc faire ses preuves. Tous ses proches étant morts, Changelin se sent inutile mais dissimule cela par une audace de façade. Cyborg a rejeté sa part rationnelle pour la remplacer par la colère. La colère de Robin le rapproche de Cyborg et son inutilité de Changelin. Le scénario ne cesse de jouer de la dialectique entre attirance et répulsion des contraires et des similaires. Le scénario joue aussi sur les oppositions binaires comme l’inégalité sociale. Kid Flash vit chez ses parents dans une petite ville du Midwest qui contraste avec la page d’en face où Changelin vit dans une villa encore plus grande que celle de Bruce Wayne. Ces héros sont presque tous très riches mais le scénariste tente de le justifier. Wonder Girl a un rooftop dans l’Upper East Side car Donna Troy gagne sa vie comme photographe de mode. Toute cette construction n’empêche pas le scénariste d’intégrer beaucoup d’humour. Changelin, le clown de la bande, se concentre sur la recherche un cri de guerre : « Titans rassemblement » semble déjà pris… mais ces blagues laissent transpirer sa tristesse : « qu’est-ce qu’il y a à perdre à part ma vie ? » Il laisse exploser sa colère en fin de livre et c’est très fort. Cyborg est aussi drôle mais dans un ton sarcastique : « si vous muselez la salade verte, j’en suis. »

La série sort du consensus précédent en proposant des conflits de générations. Quand la Justice League intervient dans l’épisode quatre, les deux équipes s’opposent et une tension perdure après la résolution : les adultes ont par erreur provoqué l’arrivée du démon dans notre dimension. L’origine de ces nouveaux Titans vient d’une opposition parent enfant selon Wolfman mais surtout contre le père : Raven, Cyborg et Starfire sont en conflit avec leur père. Ce conflit se résout parfois tragiquement – Raven perd ses deux parents. Même si le père de Vic meurt, le lien filial a pu se reconstruit en vivant à fond les derniers instants. Au contraire, Kid Flash semble s’épanouir dans une famille très traditionnelle : sa mère cuisine la dinde aux airelles que l’on mange en famille.

Même si l’actualité est peu présente dans ces épisodes, on sent que les années 1970 ne sont pas loin. Koriand’r présente sa planète natale comme un paradis hippie : son peuple a refusé la science pour vivre en harmonie avec la nature tropicale. Dans le contexte de l’après choc pétrolier, le projet Promethium de l’entreprise de Changelin doit fournir une source renouvelable d’énergie. Lors d’une vente aux enchères, on voit les points chauds du globe pour États-Unis : un terroriste arabe en djellaba, un autre pour le K.G.B., la mafia coréenne et un chef d’Etat libyen. La violence subie par les super-héroïnes et globalement les femmes m’a frappé. A l’université, Raven est choquée du comportement des hommes. Quand elles ne subissent pas la violence, elles se sacrifient : Raven règne avec son père pour sauver la Terre. Plus moderne, Donna sort avec un prof divorcé à l’université Terry plus âgé qu’elle. Très moderne, il ne se sent pas diminué de vivre avec une super héroïne. C’est aussi par elle que la question très actuelle du consentement est posée : Donna frappe Hypérion qui l’a embrassée de force même si elle sera ensuite envoûtée. La liberté féminine a parfois un revers. Robin semble refuser de se mettre en couple avec Starfire car trop indépendante, elle ne lui permettrait pas de dominer le couple.

On observe aussi un dessinateur progressivement émerger. Dans DC Comics presents 26, le formes, le cadrage et la mise en page des dessins de George Pérez sont classiques. Son design très filiforme du vaisseau des esclavagistes et les lézard géant avec une cuirasse jaune sont encore peu convaincants. J’ai commencé à être plus intéressé dans l’épisode quatre par la pleine page sur le temple d’Azarath et la très belle magie de Raven sur le transfert d’esprit. Son dessin est de plus en plus précis sur l’arrière-plan et les paysages. Après ces belles pages, tout l’épisode neuf visuellement parfait. Les textures bien plus riches créent du relief sur la page : un bracelet brillant, des lignes lumineuses, musculature etc. Sa mise en page devient plus en plus complexe comme la magnifique page où Hypérion monte vers le soleil et se gonfle d’énergie. Le talent de Pérez s’impose en maître avec double page de l’attaque de l’Olympe. Curt Swan a un style encore plus old school. Les personnages sont figés et il y a peu de lien entre les cases. Avec ses cornes de biches et ses quatre yeux, Trigon fait penser aux démons médiévaux que l’on peut croiser dans les peintures naïves de certaines églises.

Les couleurs sont typiques de l’époque avec des aplats basiques et donc parfois des contrastes qui font mal aux yeux mais elles sont de plus plus variées dans la case et la page. Je dois enfin saluer l’édition d’Urban qui propose des sommaires très précis, la préface et la postface passionnantes de Marv Wolfman et chaque épisode est séparé par les superbes couvertures.

Alors, convaincus ?

Ce premier volume est le type de début de séries qui me plaît. Au départ, c’est un peu maladroit puis, par la magie du texte et de l’image, on est progressivement conquis. Dans sa postface, Wolfman affirme que les Titans commencent vraiment au neuf. Je suis d’accord. On sent qu’une saga passionnante commence avec des héros de plus en plus complexes, des ennemis majeurs et des thèmes intéressants. Le deuxième tome étant sorti en décembre 2019, je suis déjà en train de le lire avec envie en espérant qu’Urban publiera toute la série pour découvrir sur la longueur l’évolution des personnages. 

Thomas Savidan

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