[Keep comics alive] Weapon Zero

Nous continuons notre plongée dans le passé d’Image comics après nos articles sur Cyberforce, DarknessWildCATS et Wetworks. Cette fois-ci, j’ai choisi de vous parler de Weapon Zero.

Une petite présentation

Weapon Zero est une série un peu à part chez Image car ce n’est pas un jeune talent qui est à l’origine de la série. Elle est créée par Walter Simonson (ThorX-FactorOrion) et dessinée pas Joe Benitez (Lady MechanikaDarkness). Je possède la mini-série publiée par Top Cow puis les épisodes un à dix publiés entre 1995 et 1996 par Image Comics. Tous ces épisodes ont été traduits en France par Semic à partir de 1997.

Il y a très très longtemps dans une galaxie très proche, deux peuples s’affrontent. Lors de ce combat, un vaisseau spatial se sacrifie et provoque la disparition des dinosaures. De nos jours, les spationautes américains d’Apollo 18 explorent un cratère sur la lune et découvrent une base extraterrestre. Ils trouvent des caissons avec des corps aliens. Contaminés par un circuit électronique vivant et poursuivis par un gardien, un seul réussit à rejoindre la Terre mais qui sont ces extra-terrestres ?

Ce comics a-t-il encore le power ?

La raison de mon achat à époque c’est le scénariste. J’avais en effet un attachement pour Walter Simonson depuis ma lecture de quelques épisodes de Thor et d’X-Factor. Depuis j’ai relu les intégrales Thor et sa série chez Dynamite Ragnarok, je suis encore plus fan. Par contre, je connais mal le dessinateur Joe Benitez car, contrairement à ma camarade Sonia, je n’ai pas lu Lady Mechanika. Dès le premier épisode, Simonson construit un récit de science-fiction par une bataille entre extraterrestres au-dessus de la Terre. Par la conquête spatiale de la NASA, j’ai eu l’impression que c’était un moyen pour lui de se reconnecter avec son enfance. Passé cet aspect, j’ai trouvé le lancement de la série peu original – ces races d’extraterrestres qui se combattent en secret sur Terre m’ont fait penser aux WildCATS. Le colonel Tyson, seul survivant de l’expédition revient chez lui mais il est amnésique. A peine arrivé, son épouse Lorelei est en fait une guerrière mystique qui le guérit du virus. Elle est une extraterrestre bataï qui veut guider son mari pour lutter et défendre la Terre mais elle se fait tuer tout de suite. Tyson est capturé et conduit sur la lune. Lorelei a été reconfigurée par le t’srri et aspire les pouvoir de son mari comme un vampire.

Comme les Skrulls, les ennemis T’srri ont pris des corps humains pour survivre mais cette transition est incomplète pour un trio – Kikuyo une Japonaise, Jamie un Américain, Valaria une enfant de Rome et Janus une mascotte. Lors ce processus, les humains ont gagné des pouvoirs tout en conservant leur libre arbitre. Ils réussissent à s’enfuir et arrivent à libérer Tyson. Le colonel a fusionné avec la lance de sa femme et la technologie t’srri ce qui renforce son armure. Il va aider les plus jeunes à résister. On découvre qu’ils ont été faits prisonniers à différentes époques. Jamie Tarleton, un insurgé américain de la guerre d’indépendance, lance des rafales d’énergie bleue. Kikuyo fille d’un seigneur de la guerre japonais, a des griffes cybernétiques. Valaria, romaine de Pompéi, se transforme en monstre violent. Janus était un chien mais parle désormais et peut modifier son corps. Comme dans les Disney ou Idefix c’est l’élément comique du groupe. Mais comme dans la bd de Goscinny et d’Uderzo, les ennemis le sous-estiment et Janus sauve deux fois le groupe. Ces voyageurs du temps se retrouvent projetés dans le présent. Ce contraste crée un trait d’humour – Valeria a failli mourir tellement obnubilée par la télévision.

Les personnages évoluent certes au fil des épisodes – le colonel Stone s’affirme en tant que mentor du groupe – mais, à part sur le passé de Kikuyo, on n’en sait pas plus sur eux et surtout aucune personnalité marquante n’émerge car ils ne sont jamais seuls mais toujours en groupe. C’est seulement dans l’épisode neuf que les héros reçoivent des surnoms de super-héros – ces noms banals ne méritaient pas tant d’attente.

Des éléments très réalistes du récit sont intéressants – comment survivre sans argent ? Comment rentrer dans un sac de couchage avec une armure gigantesque ? – mais des bourdes gâchent cet élément. Le major Arbuckle leur prête une carte bancaire et tout est réglé. Certains passages sont même très peu crédibles – le colonel Tyson Stone retourne dans sa maison. Il ne serait jamais rentré dans la pièce de sa femme. On sent l’œuvre de commande. Le thème de l’argent revient souvent mais c’est parfois confus. Weapon Zero part chercher l’argent du clan de Kikuyo au Japon mais s’ils sont ruinés avec quel argent y vont-ils? En racontant le passé de Kikuyo, Simonson en profite donc pour faire un récit comme un film de samouraï avec une lutte entre clans. C’est plus agréable que le récit contemporain sur les yakuzas plus convenu. Contemporain des films de John Woo, le conflit entre deux frères s’arrange trop rapidement. Le dernier arc commence par la découverte d’insectes mutants t’srri trouvés dans les ruines de la maison de Stone. Après les yakuzas, on bascule dans un film catastrophe mais toujours sans fond. L’équipe voyage sur sa planète d’origine comme chez WildCATS mais sans le talent d’Alan Moore. Je n’ai toujours pas compris pourquoi le voisin et son fils idiot sont envoyés chez les bataï. Dans le dernier épisode, Simonson parle de la folie génétique de savants pour créer des surhommes. C’est aussi un crossover avec DV8 mais sans originalité. Le problème est que ces changements de style rendent le récit confus. 

On peut trouver une certaine parité car les tenues des hommes sont presque aussi vulgaires que celles des femmes de l’équipe mais on retrouve hélas les travers de la représentation des femmes – les vêtements de l’épouse de Tyson se déchirent et elle est presque à poil avec une poitrine surréaliste. Kikuyo est toujours en maillot de bain. Plus loin, la sœur jumelle de Lorelei, Lilth est chargée d’avoir une descendance avec le colonel pour perpétuer la race bataï. Ce passage très misogyne ne semble pas du tout ironique. Assez étrangement, le chef des T’srri, N’Golth est très efféminé – griffes manucurées, bleu à lèvres. L’humour est vulgaire – le voisin qui refuse de les aider, est une brute avec un fils simplet.

Plus loin, Weapon Zero est endormi par un groupe secret – « L’armée fait du bon boulot mais cette mission relève de l’arsenal de la démocratie ». La critique des groupes secrets est vraiment grossière. Les jeunes sauvent le major qui représente la bonne armée officielle contre l’armée secrète. L’honneur de l’armée est sauf (sic).

Joe Benitez devient le coscénariste sans que l’on perçoive un grand changement. On sent un peu que ce sont les débuts du dessinateur après son run sur Darkness. La composition de la page m’a paru éclatée sans bien comprendre pourquoi. J’ai trouvé que son style avait assez mal vieilli – comme souvent dans les années 1990, les armures sont très (trop) lourdes et les armes gigantesques, à vue de nez deux mètres de long. J’ai vu une passion de Benitez pour les grilles d’aération et les câbles visibles alors que des monstres t’srri ressemblant à un alien sont plus réussis. Les robots de l’armée sont inspirés des mecha – robots des mangas japonais – mais assez ridicules. Ils ont des bras comme des batteries de missile – sans la justification scénaristique de Wetworks. Le major Arbuckle dont le visage de sergent recruteur avec une casquette enfoncée sur le visage est proche de la caricature. Les couleurs sont criardes et donc chargent visuellement la page. Le dernier épisode est dessiné par Scott Lee. Il est d’une vulgarité totale dans les formes, les visages et les couleurs.

Alors, verdict ?

Un peu comme à l’époque, je n’ai pas pris beaucoup de plaisir en lisant Weapon Zero. Certes les dessins peuvent être parfois agréables mais les designs ont vieilli. Weapon Zero est un récit de pure aventure très rapide à lire mais sans beaucoup de fond. Simonson est méconnaissable.

Thomas Savidan

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. thomassavidan dit :

    En effet, Walter Simonson a fait bien mieux ailleurs. N’hésite pas à te promener sur le site. Merci pour le commentaire. On a fait toute une série d’articles sur les débuts d’Image dans la rubrique Keep comics alive.

    J'aime

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