[review] Skyward tome 2

Le premier tome de Skyward m’avait mis la tête à l’envers avec ce monde dont la gravité était absente et dont le luxe principal est de pouvoir se mouvoir les pieds sur terre. Willa, l’héroïne de ce récit doit accomplir son destin en hommage à son père et cela pourrait bien bouleverser l’ordre social.

Un résumé pour la route

Skyward est un titre scénarisé par Joe Henderson, connu des fans de la série Lucifer puisqu’il en est le co showrunner. Le dessin est assuré par Lee Garbett qui a déjà œuvré sur de nombreux titres DC et Marvel. Les couleurs sont confiées à Antonio Fabela. Le titre est publié aux Etats-Unis chez Image Comics. En France, c’est l’éditeur Hi Comics qui édite le titre et sort ce tome deux en 2020.

Willa, présentée aux yeux du monde comme une terroriste est traquée sans relâche par le tout puissant homme d’affaires Barrow. Elle doit donc fuir Chicago et rejoindre Kansas City à tout prix car son père lui a confié une mission cruciale avant de mourir, celle de rétablir la gravité, rien que ça ! Mais comment faire quand on a l’homme le plus puissant du monde à ses trousses ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Le premier volume de Skyward se déroulait dans un milieu très urbanisé puisque le décor était une version futuriste de la ville de Chicago. Dans ce second tome, Joe Henderson et Lee Garbett nous emmène dans un univers forestier et dangereux. Le voyage de Willa et son ami Edison débute dans un train, seul moyen de transport disponible pour traverser les zones de campagne qui sont réputées hostiles. Lorsque le train stoppe net au milieu d’une forêt, on sent bien que les hostilités vont commencer. Contrairement au monde urbain où la violence est avant tout sociale, ces campagnes méconnues sont le lieu où règnent des insectes géants et assoiffés de sang. Lorsque le train est attaqué, Joe Henderson décrit très bien les différents types de réactions des humains en face d’un danger : le courage et l’empathie, la lâcheté et la peur, rien de bien nouveau mais le scénariste sait très bien rendre les émotions de ses personnages et en fait des individus extrêmement réalistes.

Les attaques d’insectes géants ont un petit côté Jurassic Park, les humains se faisant dévorer par des animaux qui ont évolué génétiquement depuis que les hommes se sont terrés dans des villes immenses et sans gravité. Mais, même dans cet univers hostile, l’humain a réussi à s’implanter et à exploiter le monde sauvage à son bénéfice. Joe Henderson montre combien l’asservissement fait partie de nos gênes : la ville exploite les campagnes, les mensonges s’ajoutant aux manipulations. Willa fait connaissance avec les fermiers qui nourrissent les cités et le scénariste nous propose un univers loin d’être manichéen puisque on est loin du bon campagnard bucolique. On peut éventuellement regretter que le chef du groupe soit un tantinet caricatural avec son look à la Rambo. Pourtant, les interactions entre les personnages sont d’une grande profondeur : on sent tout l’amour d’Edison pour Willa et sa jalousie monter au fur et à mesure que la jeune femme se rapproche du patron de la ferme. Si la réaction d’Edison est classique, elle est fort bien rendue et cela nous provoque de l’empathie pour ce personnage.

Quant à Willa, Joe Henderson la campe à merveille. La jeune femme est en pleine phase de deuil après la mort de son père. Henderson montre toute la culpabilité qui pèse sur la jeune femme : est-elle responsable du décès de son géniteur ? Comment vivre avec un tel poids sur les épaules ? Comment supporter l’idée d’être la cause de la mort de celui qu’on aime le plus au monde ? Un tel sentiment peut faire perdre le goût de la vie et on voit Willa mener un combat contre elle-même avec la plus grande énergie. J’ai trouvé cette description d’une jeune femme en proie avec son deuil et sa culpabilité particulièrement réussie. Mais attention, si Henderson nous montre cet aspect sombre, il fait également de Willa une héroîne positive et généreuse, combative et volontaire. Finalement, Willa suit le parcours classique d’un super-héros : traumatisme avec la perte d’un être cher, sentiment irrépressible de culpabilité qui marque le personnage à jamais et dévotion à une mission, celle de sauver le monde, Willa pourrait presque être la cousine de Peter Parker, ce qui en fait une héroïne attachante. Henderson sait ajouter quand il faut une pointe d’humour sans que cela alourdisse le récit.

L’autre point fort du titre est le dessin de Lee Garbett qui sait tout aussi bien faire mouvoir ses personnages avec fluidité dans des décors urbains que dans les forêts les plus profondes. Pleines pages et doubles pages sont époustouflantes, notamment lors de l’apparition des insectes et des combats. Le trait de Garbett est aussi aérien que ses personnages et c’est une des grandes forces de Skyward.

Alors, convaincus ?

Si l’ambiance change du tout au tout par rapport au tome précédent, ce deuxième volume a le réel mérite de nous emmener dans une direction qu’on n’attendait pas du tout. Les personnages sont tout autant attachants que dans les premiers instants, Willa est réellement un personnage fort, une vraie héroïne qui n’a rien à envier aux super-héros de DC ou Marvel. Ce titre mérite vraiment d’être mis en avant pour ses qualités scénaristiques et graphiques. Vous pouvez d’ailleurs trouver l’interview des deux artistes que l’on avait faite au dernier ComiCon Paris en suivant ce lien.

Sonia Dollinger

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