[review] Killers

Je poursuis la découverte des dernières sorties de Bliss éditions par cette mini-série du scénariste de la série Savage qui intervient ici dans l’univers de Ninjak.

Un résumé pour la route

Killers est écrit par B. Clay Moore (SavageThe Vampire Diaries) et dessiné par Fernando Dagnigno (BatmanWonder Woman). Ces cinq épisodes ont été publiés entre avril et novembre 2019 par Valiant entertainment aux États-Unis puis le 11 septembre 2020 par Bliss éditions en France.

Au cours de la Première Guerre mondiale, les services secrets anglais avaient établi une alliance avec un Japonais mystérieux, le Jonin, leur permettant ainsi de former des agents surpuissants, les Ninjas. Chaque agent développait un pouvoir différent en activant son ki, son énergie intérieure. A chaque nouvelle génération d’agent, une nouvelle lettre de l’alphabet montrait la généalogie des espions, d’où le nom de Ninja-K. Avant Colin King, les agents avaient rarement pu arriver jusqu’à l’âge de la retraite mais certains ont mystérieusement disparu au cours des missions.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Plus qu’un titre d’espionnage, B. Clay Moore écrit une série d’action me faisant penser à la dernière relance de Bloodshot. Dans les premières pages, un récitatif – bientôt tout vous sera expliqué dans un dictionnaire – par la black Ninja-G ou Blindside raconte la rareté de l’amour fou alors que son épouse, l’espionne russe Devotchka, est tuée par un groupe masqué. Ce meurtre puis la douleur de Blindside plante un décor sombre mais aussi très mélodramatique. Loin de mener une attaque isolée, les tueurs s’attaquent à d’autres anciens agents. Ninja-J, la Carapace, est attaqué sur un marché en Italie. Ces agressions permettent de découvrir d’autres ninja. Ce début mélangeant des personnages afro-américains puissants – homme ou femme – et des arts martiaux m’a fait penser aux films de la Blackexploitation. Les survivants sont recrutés par une fillette rousse portant un costume. Shuriken qui dit être la fille du Jonin est plus âgée qu’elle n’y paraît. Leur ancien entraîneur a besoin de leurs talents uniques pour récupérer un artefact, les larmes du moine qui brûle, afin de rester immortel. En échange, il leur promet de réaliser leur rêve. Étant donné leur ancien mode de vie, ces agents ne se font pas confiance – à juste titre car ils se trahissent entre eux. De plus, chaque ancien espion comprend – un peu tard selon moi – que le Jonin ne tiendra sa promesse que pour un seul d’entre eux. Je n’ai alors pas compris pourquoi ils s’associent quand même. Des duos se forment pour réussir la mission sans que l’on sache bien ce qui se passera ensuite. Ces agents devront-ils lutter entre eux une fois l’objet volé ?

Ce livre peut se lire sans rien connaître de l’univers Valiant même s’il est en lien avec la série Ninjak. On découvre également que chaque ninja à des pouvoirs différents :  Carapace résiste aux balles. Ninja-I ou Snapdragon est une cheffe de mafia asiatique aux cheveux rouges qui vient de perdre son empire criminel. Elle peut faire surgir un dragon qui augmente sa force. Ninja-F, l’Indisciple, est un européen à la dérive qui, se battant dans les bars de Shanghai, finit en prison mais il a prévu de partir après avoir mangé car il contrôle les esprits. Ninja-E, Sights, est un tireur d’élite qui est également télépathe et télékinésiste. Ces anciens espions ont pu arriver jusqu’à la retraite mais sont aussi souvent restés marginaux. On retrouve Ninja-G créée par Christos Gage dans Ninja-K. Cette ancienne espionne est en crise en raison de la mort de sa compagne. Ce deuil provoque la perte de son ki. Le passé du Jonin avant son arrivée à Londres est expliqué. Jeune adulte, il se croyait le meilleur élève du monastère car il maîtrisait son ki. Cependant, chaque moine excellait dans un domaine et ces efforts leur donnant un pouvoir. Vexé, il est allé voir le moine qui brûle pour découvrir son secret avant de quitter la communauté.

Killers est un récit distrayant mais il ressemble à un prologue d’une longue série qui n’est pas encore arrivée. Shuriken, par exemple, est au final très peu présente. Le commanditaire des tueurs n’est révélé qu’à la toute fin du livre même si cela lance une piste intéressante pour la suite. Ces séries limitées à une poignée d’épisodes sont certes un moyen pratique de faire venir de nouveaux lecteurs mais je trouve les personnages manquant de place pour s’exprimer et ils sont creux. Ces épisodes datent de la période de transition qui suivit le départ du re-créateur de Valiant, Dinesh Shamdasani.

Le style réaliste et sombre de Fernando Dagnigno est très classique pour ce polar d’action. J’ai pensé à Sean Philips ou Lee Weeks. Ce style est agréable mais la mise en page et la composition manquent parfois d’originalité. De plus, la finition est inégale selon les cases. 

Alors, convaincus ?

Même si j’ai apprécié l’action et les personnages anciens ou nouveaux, je suis décontenancé par cette lecture. B. Clay Moore remplit le contrat d’une série d’action et prolonge les idées de Matt Kindt et de Christos Gage mais sans la même ambition pour l’instant. Il détruit la douceur du personnage de Blindside mais pourquoi ?

Thomas Savidan

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