Insta-comics (2) : Blacksad et Corto Maltese

Saviez-vous que Comics have the Power est doté d’un instagram, où nous partageons quotidiennement nos lectures et visionnages liés à la bande dessinée dans son ensemble, voire de petites critiques ? Une belle occasion de se tenir à jour de l’actualité du blog tout en découvrant des analyses inédites et en discutant avec nous !

Or quitte à faire de posts instagram de mini-articles, pourquoi ne pas les diffuser directement sur le blog ? Il va de soi qu’il ne faudrait alors pas en attendre l’espèce d’exhaustivité visée par un véritable article. Même si je triche souvent en débordant dans les commentaires, l’intérêt de ce réseau social est d’aller à l’essentiel pour des avis synthétiques, que je serais ravi d’étayer dans les commentaires suite à vos réactions et questions !

On ne recopiera dans ce format que les textes un peu longs – on peut imaginer que vous n’aurez pas grand intérêt à découvrir qu’il y a six mois l’un de nous lisait tel livre sans plus d’explications, ou à apprendre que nous avons publié des articles sur le blog que vous êtes en train de consulter en ce moment-même.

Du fait de la variété des posts sur le compte instagram de Comics have the Power, il ne sera cependant pas toujours si évident que cela de discriminer entre la « critique » et la simple recommandation développée. On pourrait se contenter seulement des véritables « articles instagram », mais je m’autoriserai quelques fois à y mêler le plaisir d’un post moins « ambitieux », où je me contenterais de dire en quelques lignes quel aspect a pu me marquer particulièrement dans telle lecture ou tel film. N’hésitez pas à nous dire si cela vous paraît avoir le moindre intérêt ou pas du tout !

Après un premier numéro consacré à quelques comics (Royal City, Bloodshot Reborn, Superman : Up in the Sky, Batman : Universe), pourquoi ne pas poursuivre la chronique avec un peu de Blacksad et de Corto Maltese, une jolie occasion de rappeler aussi que nous sommes grands lecteurs de bande dessinée d’où qu’elle vienne ?

Bonne lecture, et surtout n’hésitez pas à discuter avec nous en commentaires et à nous rejoindre sur l’instagram pour bien plus d’occasions de partager autour de cette belle passion !

Oh et puisqu’il s’agit d’un compte collectif mais adorablement géré par Thomas, tous mes textes sont écrits à la troisième personne, juste pour le plaisir de vous embrouiller, vous êtes prévenus !

Corto Maltese – Éthiopiques

Aujourd’hui, grâce à a réouverture des bibliothèques de Dijon, Siegfried redécouvre les Corto Maltese en commençant par l’un de ses volumes préférés, Les Éthiopiques, superbement préfacé par le génial et tant regretté Umberto Eco, et dont les deux premières histoires (Au nom d’Allah le miséricordieux et Le Coup de grâce), dans une mesure un peu moindre la troisième (Et d’autres Roméo et Juliette) sont singulièrement bouleversantes d’humanité et puissantes dans la confrontation délicieuse du Maltais désabusé avec les différentes cultures cohabitant dans la Corne de l’Afrique et leurs représentants hauts en couleur.

De Blacksad (Amarillo) à Corto Maltese (Sous le Soleil de minuit)

Aujourd’hui, Siegfried a relu Amarillo, le dernier volume en date de la formidable (et trop courte) série #Blacksad, paru il y a 7 ans déjà ! Il en avait été déçu à sa publication parce que le personnage principal était bien plus en retrait que dans les volumes précédents, se contentant pratiquement d’être le témoin des nombreux drames se déroulant autour de lui, et auquel il ne s’oppose pas, par impuissance ou parce qu’ils ne le concernent pas. Le redécouvrir en même temps que Sous le Soleil de Minuit (le premier Corto Maltese, publié deux ans plus tard, et scénarisé par le même Juan Diaz Canales) donne tout son sens à Amarillo, album de transition entre le détective félin John Blacksad et le personnage de Hugo Pratt, auquel il emprunte déjà une passivité assez cynique, aussi souriante soit-elle. La comparaison grandit ainsi les deux albums, même s’il persévère dans l’impression que l’on y meurt un peu trop vite et souvent au détriment d’un travail des personnages secondaires au réel potentiel.

Blacksad – Quelque part entre les Ombres, L’Enfer, le silence

Aujourd’hui, Siegfried a relu Blacksad – Quelque part entre les ombres et L’Enfer, le silence. Faire se succéder le premier volume et le quatrième, quelques semaines après une relecture du cinquième (Amarillo) permet d’apprécier l’intéressant glissement thématique et tonal qui s’est opéré dans la série. Tandis que les premiers établissent un détective urbain dans un pastiche néo-noir assez réussi, à partir du quatrième Canales et Guarnido fuient un sujet qui peut friser le cliché pour des aventures itinérantes, à La Nouvelle-Orléans et au Texas. Cela permet aussi de décentrer le récit, John Blacksad étant de moins en moins concerné personnellement par l’affaire sur laquelle il enquête et les auteurs donnant beaucoup plus d’importance à la perspective d’autres animaux. On touche alors à une limite du 48cc, notamment dans L’Enfer, le silence dont les mystères sont dévoilés d’un seul coup par un personnage secondaire au lieu d’être réellement mérités par l’enquête, et dont l’histoire ne peut donc manquer de paraître un peu expédiée. C’est bien dommage parce que cette exploration d’autres environnements et d’autres univers (le jazz, la beat generation) est savoureuse, les deux auteurs conservant leur talent pour rendre des atmosphères et des personnages inoubliables.

Blacksad – Under the Skin

Aujourd’hui, Siegfried a joué à Blacksad : Under the Skin sur Nintendo Switch. Sans surprise pour un jeu édité par Microids (et développé par Pendulo et Ys Interactive), il manifeste une fidélité exemplaire à l’esprit de Canales et Guarnido, avec une intrigue aussi noire que riche où l’on aura autant de plaisir à découvrir des personnages connus qu’à découvrir une aussi passionnante extension de ce passionnant univers. Les auteurs y auraient même glissé une référence au prochain Blacksad (!), renforçant sa position de véritable album numérique de la série. Y voir attaché le nom de Microids lui a d’ailleurs fait prendre conscience des nombreuses similarités entre Blacksad et la si chouette série des Canardo.


Quel dommage que l’enquête soit à ce point parasitée par une technique constamment aux fraises (pour le dire aussi poliment que possible), donnant – sur Switch au moins, j’espère que le jeu a reçu des patchs correctifs sur PC – l’impression d’un développement inachevé… On pourra regretter aussi une trop grande illusion de choix, qui fonctionne sur le moment, mais empêche plus encore la rejouabilité que sur les Telltale qui ont évidemment exercé une influence considérable sur le titre. Qu’importe, pour quelques heures, on est dans la peau de John Blacksad et on vit l’aventure que l’on attendait depuis la parution d’Amarillo… il y a 7 ans.

Siegfried « Moyocoyani » Würtz

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