[review] Bêtes de somme #2 surveillance de quartier

Amatrices et amateurs d’aventures animalières, voici un titre qui devrait vous satisfaire puisque Bêtes de somme met en scène un groupe de chiens de races différentes et aux caractères bien trempés. Si vous êtes en plus fans de récits ésotériques, alors, ce titre est vraiment pour vous, le combo parfait !

Un résumé pour la route

Ce deuxième volume de Bêtes de Somme est scénarisé par Evan Dorkin. Pour le chapitre « sacrifice », il s’adjoint un coscénariste de luxe avec Mike Mignola et pour « hors de portée », il forme un duo avec Sarah Dyer. Le dessin est confié à Jill Thompson et Benjamin Dewey. La version originale est publiée par Dark Horse Comics aux Etats-Unis. En France, le titre sort chez Delcourt en 2020.

La communauté de Burden Hill est protégée des forces surnaturelles par un groupe de chiens et de chats qui forment un alliance surprenante mais efficace. Ils ne sont pas trop nombreux pour venir à bout des nombreuses menaces tapies dans l’ombre. Fort heureusement, les animaux peuvent parfois compter sur des alliés de poids comme Hellboy.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Bêtes de somme met en scène un groupe d’animaux dans plusieurs petits récits. La trame générale est bien là : lutter contre les forces occultes dans une petite ville de Pennsylvanie. Dans la première histoire, Sacrifice, Hellboy apparaît en allié du groupe des chiens et chats et on ne boude pas son plaisir de voir le démon de Mignola aux côtés des animaux dans la traque aux êtres maléfiques qui cherchent à troubler la quiétude de la communauté. D’ailleurs, l’intérêt du titre ne réside pas tant dans les menaces combattues que dans les interactions et les caractères des personnages. Chaque chien a un caractère fort différent et leur groupe est ainsi riche de personnalités aussi variées que celle de Carl, le petit Carlin râleur ou du courageux Dobey, le doberman. Les répliques sont savoureuses et vraiment drôles même si les situations dans lesquelles les animaux se retrouvent ne prêtent pas toujours à rire. Comme dans une famille, on se chamaille, on se tacle gentiment mais on sait se regrouper face à l’ennemi. C’est, à mon avis, un des gros points forts du titre. La relation entre les chiens et leurs humains n’est pas non plus toujours facile : certains chiens étant maltraités tandis que d’autres sont sdf.

Les menaces devant lesquelles les animaux se trouvent sont variées et font appel à différentes mythologies. On retrouve des sorcières pratiquant des rituels sataniques, des golems de pierre ou encore une sorte de goblin qui ressemble assez aux korrigans de Bretagne. Un des récits emprunte largement au mythe de la Gorgone Méduse tout en s’en détachant malgré tout. Les interactions entre le monde des morts et celui des vivants sont régulières et parfois traumatisantes pour certains protagonistes qui ont des dons particuliers. L’histoire mettant en scène la rencontre des chiens et d’un troupeau de moutons est courte mais vraiment percutante. Le rôle de chacun est également défini par les représentations traditionnelles : les chats sont les guides et les passeurs entre les morts, les chiens sont les combattants tandis que les corbeaux appartiennent au monde des esprits et les rats sont les créatures du démon. Les récits sont montés comme une suite de contes ou de nouvelles, ils sont donc assez courts et intenses, il en ressort souvent une émotion forte car le combat peut parfois mal se terminer. Les scénaristes travaillent ainsi sur la notion de sacrifice et de deuil mais aussi sur la notion de solidarité. Seul, on ne peut rien mais, en se regroupant malgré ses différences, on peut vaincre.

Les planches sont aquarellées, ce qui donne un aspect lumineux et doux à un ensemble d’histoire plutôt sombre, le contraste entre la forme et le fond est intéressant et parfois surprenant. Le découpage est assez sage, jouant sur la taille des cases et quelques incrustations. Le point fort est l’expressivité des personnages. La transition entre les deux dessinateurs est à peine visible, l’un et l’autre restant dans un même style.

Alors, convaincus ?

Le choix de mettre en avant un groupe d’animaux n’est pas forcément novateur mais Bêtes de somme est intéressant par la synergie qui règne entre les chiens et les chats, par les caractères de chacun. L’ensemble est à la fois drôle grâce à des dialogues percutants et sensible. Chaque récit apporte sa pierre à l’édifice et, s’ils peuvent se lire de manière presque indépendante, ils permettent de mieux connaître le groupe et chacune des individualités qui le composent. L’utilisation intelligente de différents mythes ou créatures magiques ajoute de l’intérêt au contenu. En fin de volume, on retrouve un carnet de croquis montrant la progression de la pensée du scénariste et du travail du dessinateur. C’est toujours un bonus bienvenu et appréciable.

Franchement, une meute de chiens bastonnant des démons, ça ne peut que faire envie et c’est totalement réussi.

Sonia Dollinger

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