[review] The Big Country

J’ai eu envie de lire The Big Country pour deux raisons principales : continuer ma découverte du nouveau label comics initié par Les Humanoïdes Associés après avoir testé Ignited et Meyer et grâce à la promesse d’un polar noir situé dans les années 1970. La couverture splendide de Darick Robertson augurait bien de la suite mais j’avoue n’avoir guère été conquise.

Un résumé pour la route

BigCountry_1The Big Country est un titre scénarisé par Quinton Peeples et illustré par Dennis Calero. Le titre est édité par les Humanoïdes Associés en France en 2019.

1978, la ville de San Angelo, Texas, d’habitude si tranquille, est secouée par un double meurtre sordide. C’est le shérif Grissom qui est chargé de l’enquête. Lorsqu’il pénètre sur les lieux du crime, il découvre deux corps, une femme et un homme et récupère une fillette dont il a bien du mal à briser le mutisme. Le prétexte du meurtre – récupérer un chien – semble bien étrange et futile au shérif. Que cache très exactement cette affaire qui s’apparente, en apparence, à un règlement de comptes ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ? 

La perspective de lire un bon thriller dans un Amérique de la fin des années 1970 n’était pas pour me déplaire. Quinton Peeples démarre son récit avec un double meurtre : on connaît assez vite l’identité des victimes et celle du tueur. Il reste à en révéler les motivations et c’est autour de cette énigme que l’auteur va faire évoluer son histoire. En parallèle, Peeples s’attache à la personnalité du shérif enquêteur, Grissom, qui est l’héritier d’une longue lignée de représentants de la loi, marqué par la figure paternelle dont il souhaite être à la hauteur. D’ailleurs, ses interlocuteurs le comparent souvent à son père et pas toujours de manière avantageuse.

Tout en luttant contre ses démons intérieurs et en tentant de protéger son père qui perd pied peu à peu, Grissom va s’attacher au seul témoin rescapé de la tuerie, une petite-fille prénommée Taylor dont il va falloir vaincre le mutisme traumatique. On suit donc l’enquête minutieuse du shérif qui part à la poursuite du tueur dont les motivations lui paraissent bien étranges. Le scénario est assez classique et tout l’intérêt du titre réside dans les fausses pistes successives vers lesquelles nous entraîne Quinton Peeples avec habileté. Pourtant, je dois bien avouer que je n’ai pas été captivée par le récit, soit parce qu’il rappelle des choses déjà vues maintes fois, soit parce que la personnalité des protagonistes ne m’a pas parue assez attachante ou intrigante, soit encore à cause de l’ambiance graphique qui ne m’a pas touchée.

BigCountry_2

En effet, je dois confesser n’avoir pas été sensible à l’atmosphère distillée par Dennis Calero malgré quelques gros plans réussis sur des visages, notamment lorsque le regard du shérif croise celui de la petite Taylor pour la première fois. Le dessin de Calero m’a vraiment laissée indifférente par son côté parfois figé, son manque de relief et des cases assez vides qui ne permettent pas de se plonger avec efficacité dans l’ambiance de l’époque choisie. Sans doute que Darick Robertson – dont la superbe couverture donne un aperçu de ce qu’il aurait pu faire – aurait été plus efficace pour restituer une ambiance glauque et plus proche de ce qu’on pourrait attendre de ce genre de thriller où l’ambiance compte énormément.

On peut toutefois noter les efforts du scénariste pour nous donner un récit bien construit, extrêmement réaliste qui révèle le quotidien parfois profondément sordide de certaines familles. La manière dont la vérité se fait jour peu à peu est bien traitée et on se prend à se dire que cela ferait un bon scénario de film en l’étoffant un peu. Les rapports entre le shérif et son père sont aussi un des points forts de l’histoire, c’est classique mais bien amené.

Alors, convaincus ?

Je dois bien avouer avoir ressenti un sentiment de frustration en refermant The Big Country. L’histoire n’est pas inintéressante et ferait une bonne base pour un film noir mais il manque quelque chose pour qu’on accroche vraiment au récit. J’ai du mal à cerner ce qui ne va pas mais je dirais que c’est en grande partie le dessin de Dennis Calero qui m’a sortie d’une histoire dont le caractère un peu trop classique n’a pas sauvé, à mes yeux, la partie graphique.

Sonia Dollinger

 

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