[review] Le cercle du Dragon-thé

Amis du Punisher, passez votre chemin mais les grands enfants et les parents lisez ce qui suis car je vais vous parler d’un genre totalement différent : la bande dessinée pour enfants à l’occasion de la sortie de ce genre chez Bliss éditions.

Un résumé pour la route

Dragon_the_1Ce volume contient un récit complet écrit et illustré par l’autrice néo-zélandaise Katie O’Neil. Il est sorti aux États-Unis chez ONI Press en 2017 et en France chez Bliss éditions en février 2020.

Dans un village, Greta veut devenir forgeronne comme sa mère. En allant au marché, elle sauve un animal étrange et en le rendant à son propriétaire, elle découvre le monde des dragon-thé qui va la fasciner.

 

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Le cercle du Dragon-thé est un court récit sur d’attachantes héroïnes. Voulant devenir forgeronne, Greta veut faire ses preuves même si le métier est moins recherché qu’avant. Elle a bon cœur comme le montre son sauvetage d’un dragon en rentrant du marché. Lorsqu’elle va le rendre à son propriétaire, elle découvre sa boutique de thé à la sortie de la ville. Elle y rencontre Minette qui vient d’arriver seule en ville. Hébergée par Hesekiel, elle ne dit rien sur son passé. Ce duo semble très mal assorti. Greta est vive et ouverte. Elle a la peau très sombre en raison de son sang de gobelin. Au contraire, Minette est une jeune blonde très timide. Elles se lient cependant très vite, si bien que Minette se confie à sa nouvelle amie : prophétesse, elle a perdu ses souvenirs en voulant exploiter tout son potentiel. Cette ambiance est proche de la fantasy.

Dragon_the_2

Des éléments classiques des contes mettent en avant la transition : Greta commence à travailler et devient adulte. Cette transition se passe aussi entre nature et animal : la boutique est entre la ville et la forêt, l’animal du titre produit du thé car ses cornes sont des branches de thé. La morale à la fin fait du cercle du Dragon-thé un récit sur la transmission – d’un savoir-faire et d’une mémoire. Greta apprend la responsabilité : devenir forgeron et s’occuper des dragons. Heureusement, ce récit modernise les contes classiques. La mère est à la forge et le père en boutique. L’écologie a une place forte. Le récit par chapitre suit les saisons. Dans ce monde respectueux de la nature, chacun noue une relation avec un animal totem qui détermine l’avenir : Greta a un petit chat noir entouré de flammes montrant qu’elle est destinée à devenir forgeronne. Les animaux ne sont pas cruels. Les loups noirs qui attaquent le dragon-thé ont juste faim. Au contraire, la nature est fragile. En effet, il faut mettre des gants pour caresser les dragon-thé. On doit faire plaisir à ces être capricieux mais attachants pour qu’ils produisent plus. La solidarité des propriétaires dans un cercle permet de réussir la récolte. Un adulte s’amusera de l’infusion psychotrope des dragons-thé qui permet de voir les souvenirs que ces animaux ont en commun avec ceux qui s’en occupent.

Des thèmes résonnent avec l’actualité. L’art – ici le travail du métal et l’élevage des dragons-thé – est en crise car le monde change. Le dernier groupe a disparu car les membres sont morts ou ne peuvent plus s’occuper des animaux. La tolérance est au cœur des relations car la couleur de peau n’est pas un problème. De plus, Erik, le compagnon d’Hesekiel, en chaise roulante n’est pas une gêne pour sa compagne.

Dragon_the_3

Ce volume est composé pour être une passerelle entre le livre illustré et la bande dessinée. Le dessin très rond est proche du manga ou du cartoon. Un personnage sort des cases par effet de dynamisme comme dans les comics. Comme dans l’illustration enfantine, une liane suit la page et sert peut-être à comprendre le sens des cases pour les jeunes lecteurs. Les couleurs vives passent très bien dans ce récit. La colorisation pleine atténue volontairement le relief. Cependant, tant les lignes que la colorisation sont très épurées mais les cases fourmillent de détails : la maison d’Hesekiel est envahie par des lianes. Chaque page a une organisation différente. Une fumée de l’infusion entoure ces souvenirs. Dans un format franco-belge, l’édition est soignée. Les bonus à la fin permettent d’enrichir le cercle avec un guide de soin et des fiches sur quelques dragons.

Alors, convaincus ?

J’ai passé un agréable moment de lecture avec un univers sympathique, des personnages touchants et un thème écologique actuel. Même s’il n’y aucun méchant, il n’y a rien de naïf. Par son style et son organisation, Le cercle du Dragon-thé me semble idéal pour une première bande dessinée. Partant ce bon départ, Bliss a un projet au long cours avec un nouveau volume de la même artiste prévu en mai 2020 puis deux autres albums.

Thomas Savidan

Un commentaire Ajoutez le vôtre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s