[review] Violent Love

Vous aimez Bonnie and Clyde, Thelma et Louise ou Kill Bill ? Moi, oui et, quand j’ai lu le résumé de Violent Love, la promesse d’un duo de braqueurs mus par l’amour et la vengeance m’a fortement donné envie de lire Violent Love, tout comme le dessin de Victor Santos dont j’aime beaucoup le trait. Certes, la thématique n’est pas neuve, mais l’écriture efficace de Frank J. Barbiere associée au trait de Victor Santos permet de passer un très bon moment de lecture.

Un résumé pour la route

Violent_Love_1Violent Love est un titre scénarisé par Frank J. Barbiere et illustré par Victor Santos. Aux Etats-Unis, le titre sort chez Image Comics en 2017-2018. En France, Glénat Comics publie Violent Love en omnibus en 2020.

1987, au Texas, alors que la jeune Penny est confiée à Lou, un flic en retraite, elle repère une affiche représentant un couple de criminels. Curieuse, la fillette questionne le vieil homme qui lui raconte alors l’histoire à la fois triste et exaltante d’un duo de criminels célèbre au début des années 1970, Daisy Jane et Rock Bradley, un duo tragique lié par l’amour du risque, le désir de revanche et l’amour. Comment ce couple improbable va-t-il s’en sortir dans cette société violente où la cruauté et la trahison sont monnaies courantes.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Aucun doute sur le sujet, Violent Love est un hommage à l’histoire de Bonnie Parker et Clyde Barrow, même si les aventures de Daisy Jane et Rock Bradley se situent dans les années 1970 et non dans les années 1930. A l’aide de flash-back envoyant le lecteur à différents moments de la vie de Daisy Jane, Frank J. Barbiere nous permet de comprendre son parcours et de savoir pourquoi elle est devenue une braqueuse de banque et une criminelle.

D’ailleurs, plus que l’histoire d’un duo, ce récit est avant tout celui des combats de Daisy Jane – ce nom est-il une référence à la chanson du même nom du groupe America ? Comme dans une histoire de super-héros, la vie de Daisy Jane est tout ce qu’il y a de plus normale jusqu’à ce qu’un drame la change à jamais et la transforme en un être fait de colère et de vengeance. On la retrouve braqueuse de banque sans scrupule, mais également tueuse impitoyable, entraînant ses amants successifs dans sa quête vengeresse et semant la mort sur son passage. Pourtant, au vu de son destin, du traumatisme qu’elle a subi, on se prend finalement à comprendre cette criminelle et à nous demander si on aurait agi différemment à sa place. En cela, le scénario de Frank J. Barbiere est efficace car le lecteur peut s’identifier à presque tous les protagonistes, à l’exception du pire d’entre eux pour lequel on éprouve à peu près les mêmes sentiments que Daisy Jane.

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Les hommes qui gravitent autour de la jeune femme ont également des personnalités intéressantes, qu’il s’agisse de Rock Bradley, que Daisy rencontre presque par hasard, un voyou sombre et ténébreux, économe de ses mots mais pas de ses poings. Le duo se forme peu à peu, d’abord  par nécessité tandis que l’amour naît peu à peu entre eux lors d’un exil forcé. Rock se confie alors sur son passé et on comprend également comment il a pu s’éloigner du droit chemin après les traumatismes accompagnant son engagement au Vietnam – rappelons que le récit se déroule dans les années 1970. L’autre personnage complexe formant finalement un trio, c’est Lou, le flic au grand cœur qui n’est sans doute pas l’homme qu’on croit. Il porte lui aussi une part d’ombre, montrant que le fil séparant le bien et le mal est parfois extrêmement ténu. Chacun des trois est forcé de faire des choix et des sacrifices qui vont parfois à l’encontre de leurs convictions premières mais ils sont tous les trois touchants.

Les vrais méchants restent, eux, des symboles de la cruauté, des cartels, des mafieux et des trafiquants qui pratiquent le meurtre avec délice, la torture avec gourmandise. Les deux gamines tueuses de la Jauria sont particulièrement flippantes et le sang gicle assez souvent au détours des pages savamment orchestrées par Victor Santos. Au contraire des trois principaux protagonistes, les personnages secondaires ne semblent avoir aucune excuse à leur comportement sinon la cupidité et l’appartenance au grand banditisme. Ainsi, deux mondes s’opposent, celui des gens honnêtes pervertis par des drames et des événements douloureux et celui des psychopathes sans aucun scrupule qui semblent à peine humains.

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Notons d’ailleurs que le monde dans lequel Daisy Jane évolue est presque exclusivement féminin. Sa mère n’est plus là pour l’élever, l’homme qui est à l’origine de ses déboires est à la tête d’une clique de brutes épaisses. Lou, Rock et Charles sont des hommes qui semblent vouloir chacun à leur manière protéger Daisy et cette dernière les entraîne finalement dans son sillage. Seul un face à face avec un être innocent, une jeune fille semble capable de faire changer Daisy Jane et de la ramener à une existence plus calme.

L’ouvrage est bien construit, Frank J. Barbiere nous promenant dans des époques différentes et des lieux divers sans perdre son lecteur pour autant. L’histoire se termine au Texas, comme celle de Bonnie and Clyde dont elle diverge pourtant. Le récit ne connaît aucun temps mort, l’écriture est vive et incisive, tout comme le trait de Victor Santos, à la fois très vivace et tout en rondeurs. Sa mise en page alterne entre un découpage classique et des vignettes qui se promènent dans tous les sens lorsque l’action s’accélère. Sa colorisation très sombre se marie très bien avec le ton de l’histoire mais Santos sait aussi très bien varier les atmosphères selon les époques et les endroits où évoluent les personnages.

Alors, convaincus ?

Violent Love remplit parfaitement ses promesses tant sur le plan du scénario que sur le plan graphique. Il présente des personnages attachants malgré leurs défauts, complexes malgré une apparente facilité. Si la thématique est classique, le tout est extrêmement bien mené et Glénat a eu une excellente idée de proposer l’ouvrage en un seul volume car il se lit d’une traite. Vengeance, amour et trahisons, tout est là, comme dans un bon polar des années 1970.

Sonia Dollinger

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