[Keep comics alive] La fin de Wildcats

Après les débuts de la série par Jim Lee puis la reprise dans un deuxième article, je découvre pour la première fois la fin de la publication par Semic dans ce troisième article.

Une petite présentation

Wildcats_3_1Cet article concernera les numéro 31 à 36 puis 1 à 18 de la série Wildcats publiés par Image Comics aux États-Unis entre 1996 et 2002 et en France par Semic dans les revues Nova 233 puis dans les revues Wildcats 1 à 4, Wildcats Mosaic et enfin Wildstorm 1 à 5 entre 1997 et 2001.

WildC.A.T.S (Cover Action TeamS) suit une équipe de super-héros qui veut défendre la Terre face à l’invasion d’une race extra-terrestre, les Daemonites. L’équipe a été divisée en deux et les membres kherubims viennent tout juste de revenir d’un voyage éprouvant sur leur planète natale. Pendant ce temps, une autre équipe pour poursuivre le combat sur Terre. La rencontre puis la confrontation entre ces deux groupes a laissé des traces.

Ce comics a-t-il encore le Power ?

Barbara Kessel reprend le titre après Alan Moore ce qui transparaît dans le récit : chaque héros des deux groupes se demande si ces deux équipes peuvent en former une. Savant puis Warblade et Maul discutent de l’avenir du groupe comme le scénariste de la série se demande ce qu’elle va faire après un si grand auteur. Les membres reprochent le manque de direction, ce que je reproche justement à la série. Ces passages sont assez tristes pour nous qui savons que la série a disparu. Kessel fait aussi une critique des épisodes d’action sans réflexion – lus assez souvent chez Image à l’époque – tout en étant féministe : alors que les hommes veulent se battre Savant résout un problème par la discussion alors que l’on ressent la souffrance de Void qui a sacrifié son corps. La scénariste lance l’équipe dans une nouvelle direction. Un groupe secret, Les chevaliers de la croisade, est chargés de tuer les Kherubims. Ce n’est plus une équipe secrète et les médias s’en emparent. Maul et Warblade veulent faire la promotion de l’équipe mais tout le monde n’est pas d’accord. Hélas, l’ensemble est un peu décousu. On a l’impression qu’il manque des cases voire des pages. De plus, les dessinateurs ne sont pas au niveau.

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Tout repart encore à zéro après quelques épisodes dont certains inédits en français. Scott Lobdell, que j’ai déjà réévalué après une nouvelle lecture de ses X-Men, est le nouveau scénariste. Il écrit un récit fidèle aux premiers épisodes en alliant avec bonheur action et humour sans jamais être vulgaire. Contrairement aux derniers épisodes, le rythme s’accélère. On retrouve l’équipe d’origine et le scénariste efface tous les nouveaux malgré le potentiel de certains. Chaque personnage apparaît progressivement dans un nouvel épisode. Ce n’est que dans l’épisode quatre que l’on comprend que la mort de Zealot est à l’origine de la séparation. Certains sont retournés à leur ancienne vie. Grifter est un mercenaire navigant entre le bien et le mal pour survivre. Rencontrant fortuitement Spartan à Venise, il tente de refuser l’idéalisme mais il ne peut s’en empêcher d’agir. Lobdell réutilise le méchant de mini-série X-Men/WildCAT – un chef-d’œuvre visuel de Travis Charest en camaïeu de marron et de gris. D’autres héros ont retrouvé une vie banale – Voodoo vit en colocation avec Maul à Miami. Mais l’aventure les retrouve quand ils sont surpris par « une cinglée armée avec une coloration ratée » qui ne fait plus peur à Voodoo. Le scénario est sorti de cette femme victime des premiers épisodes de la série d’origine car Voodo est bien plus courageuse qu’au début.

Le début de l’épisode trois est hilarant. Un enfant se plaint de sa glace tombée à terre et menace de dénoncer le glacier comme pédophile s’il ne lui en offre par une nouvelle. Grifter sort alors armé et le problème disparaît… Une mère débordée et sa fille précoce passent un entretien pour une école d’élite. Cet établissement cache en fait un psiclotron et cette mère est Spartan ! Emp devenu un nain extraterrestre en assumant son statut de seigneur kheroubin. Zealot est retrouvé par un producteur de cinéma. Chaque héros se met à jour par hasard et Grifter est au centre de la nouvelle équipe sans vouloir y être. Cependant, Wildstorm retombe dans ses travers : la série se dégonfle dans l’épisode sept après un très bon début. Lobdell part et Joe Casey arrive. Warblade veut se venger de Pike qui a tué sa fiancée. Hélas, il a perdu tous les pouvoirs créés par Alan Moore. Le style caricatural et gore du dessin rend le récit idiot. Moins drôle, ce récit plus policier est très axé action dans une ambiance de film des années 1970-80 avec des insultes au milieu de l’action. Le scénariste recentre sur quelques personnages mais peu de femmes. Les dialogues sont incompréhensibles. Un personnage nouveau et supposément moderne apparaît, un génie informatique noir gay qui parle de lui à la troisième personne mais il n’apporte rien. On trouve beaucoup de personnages gay – Kenyan amoureux d’Emp mais ne pouvant se l’avouer et deux keroubims. Ces épisodes sortent en même temps qu’Authority ce qui donne aux héros un sacré coup de vieux. Tout n’est pas raté. Emp est assez drôle. Après une illumination très new age, il est devenu vieux, joueur et manipulateur. Blessé il veut mourir. Il est responsable de l’émergence de Kenyan.

Quelle joie de retrouver Travis Charest et sur dix épisodes promis ! Les dessins très cinématographiques sont toujours aussi superbes entre précision photographique des visages et un arrière-plan dénudé. Même dans les corps, il alterne entre la précision des drapées et des pieds à peine esquissés en triangle. Le dessin superbe amplifie les qualités du récit. Même quand il n’apparaît que sur une page comme dans Wildcats 50, je suis fan. Charest sait créer un ennemi original en évitant le ridicule de l’époque – une brute grise avec un tuyaux vert, Kenyan ressemble à Marylin Manson. Il sait très bien manier les références visuelles. Grifter tire sur Jarjarbin et Han Solo est un passant dans la rue. Hélas, dès l’épisode quatre, il n’arrive déjà plus à suivre le rythme et il est remplacé par Bryan Hitch ce qui est assez ironique quand on connaît la réputation actuelle de lenteur de ce dernier.

Wildcats 50 est l’occasion de rassembler tous les artistes majeurs qui ont œuvré sur ce titre : les scénaristes Brandon Choï, James Robinson, Jonathan Peterson et Alan Moore et les dessinateurs Jim Lee et Ed Benes. Cet épisode distrayant mais sans originalité comble les trous de la relance de Lobdell en expliquant comment Spartan et Voodoo se sont séparés, comment lord Emp s’est transformé.

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Joe Casey crée des racines à Void pour lancer la série vers le ciel, par des flash-back, pendant qu’elle dérive. Fille élevée sous le communisme, elle est l’espoir de la famille mais rebelle, elle adore le jazz et le cannabis. Son corps disparaît par un accident lors de sa première sortie dans l’espace. Dans le présent, l’orbe veut fusionner avec l’astronaute mais la relation symbiotique échoue car sa part humaine sombrant dans la folie, elle se suicide. Sans sa part humaine, Void est devenue géante et froide. Cette partie est touchante quand on connaît l’héroïne mais je ne comprends rien à ce que le scénariste veut dire. L’équipe n’existe plus. Casey décrit l’évolution des différents couples. Voodoo et Maul recherche le serial killer qui a tué Marlowe alors que Spartan reprend l’identité de lord Emp et dirige Halo. Dans l’épisode 17, le groupe se reconstitue lors de retrouvaille sanglante de Spartan avec Maul et Voodoo. Écrit en parallèle des X-Men, le scénariste lance des pistes intéressantes et a une bonne écriture mais je ne suis pas convaincu. Est-ce trop éloigné des racines fun de la série ? La volonté de calquer sur Authority et Stormwatch échoue-elle ? Le scénariste n’épargne par les héros. Tout peut arriver mais on ne le sent pas investi. Ces épisodes font le lien avec la relance Wildcats 2.0 que je n’ai jamais comprise.

Dans l’épisode sept, le dessin cartoon de Carlos Meglia est totalement différent et donc déstabilisant. Sarajevo ressemble à un village mexicain par la couleur et l’écluse. A partir de l’épisode suivant, Sean Philipps dessinateur arrive dans un style proche de Miller ou Risso. En effet, dans une mise en page est classique, il a recours à des formes assez géométriques avec beaucoup de noir et surtout de forts contrastes.

Alors, verdict ?

Après le départ de Moore, la série peine à décoller. Cependant Lobdell réussit avec Charest un superbe récit qui m’a fait penser à du Warren Ellis. C’est drôle et très amusant à lire. Les épisodes de Joe Casey sont très ambitieux mais ils sont trop lents et m’ont donné une impression de déjà lu. J’ai vraiment du mal avec ses scénarii que je ne comprends tout simplement pas.

Thomas Savidan

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