[review] Captain America : Steve Rogers tome 4 Secret Empire

Il faut bien une fin, hélas… Voici donc venu pour moi le dernier volume du run de Nick Spencer sur Captain America par le tome 4 de Steve Rogers.

Un résumé pour la route

Captain_1L’ensemble de la série est écrit par Nick Spencer (Action Comics, Spider-Man) et les dessinateurs sont Andrea Sorrentino (Green Arrow,Gideon Falls), Andrés Guinaldo (Green Lantern, Justice League), Ramón Bachs (Fiction Squad, Star Wars), Javier Pina (Batman & Robin : Eternal, Soldier Zero), Jesús Saiz (Avengers, Swamp Thing), Joe Bennett (La résurrection du Phénix, 52), Joe Pimentel. Ce volume rassemble le Free Comic Book Day 2017 : Secret Empire, les épisodes 17 à 19 de Captain America : Steve Rogers et le Captain America 25 qui ont été publié en 2017 par Marvel aux États-Unis et en avril 2019 par Panini en France.

Kobik, l’incarnation enfantine du Cube cosmique, a lavé le cerveau de Steve Rogers qui est persuadé d’avoir été formé depuis l’enfance par l’Hydra pour infiltrer les États-Unis. Il va réussir sa mission et bien au-delà puisqu’il va renverser Crâne rouge. Dans le dernier volume, il vient de prendre le pouvoir à la Maison blanche.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Ce volume décrit la situation du pays une fois Steve Rogers au pouvoir mais le livre rassemble des épisodes très différents qui ne semblent être là que pour augmenter le nombre de pages. J’ai déjà lu le Free Comic Book Day 2017 dans Secret Empire. On retrouve la dimension politique de la série. La désunion des héros a permis la victoire du mal. Les héros – représentant des idéaux de liberté et de démocratie – pensaient toujours gagner mais Secret Empire raconte une défaite. Forcément, on pense à la victoire de Trump. Le prologue montre l’inéluctable avancée de Steve et le combat contre l’Hydra. Fatalement, l’épisode se termine quand il soulève Mjolnir. Le passage du héros au chef tyrannique passe aussi par l’abandon du costume à la bannière étoilée. Il ne garde que le bouclier mais je ne vois pas bien pourquoi. Un attachement au drapeau ou une volonté de montrer que l’Hydra prétend défendre les États-Unis ? Steve porte un uniforme vert avec un brassard de l’Hydra proche d’Hitler ou des dictateurs des années 1950. Des personnages secondaires réapparaissent. Sally Floyd avait revitalisé sa vocation de journaliste en voyant Cap agir. Elle a humilié Cap dans sa dernière interview et donc elle est choisie une fois au pouvoir pour interroger Steve. Ce dialogue permet de découvrir les à côté du crossover – le camp des Inhumains de New Attilan et la signature du traité avec Magnéto qui a permis la création de New Tian.

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La parole du héros est au centre du récit – parfois trop – et détaille ses idées. Dans un discours de Steve, on reconnaît des idées populistes hélas trop fréquentes aujourd’hui. La paix naît de la force et la justice de l’autorité. Il utilise les théories du complot avec la Grande illusion – selon l’Hydra, les Alliés ont menti car les nazis ont en fait gagné la guerre et chacun savait que les États et les médias mentaient. Sharon Carter emprisonnée le traite d’ailleurs de fasciste. A travers les paroles de Steve Rogers du prologue, on ne peut s’empêcher de penser que Spencer parle aussi de son métier de scénariste et de l’évolution des super-héros – il dénonce les crossovers à répétition entre super-héros qui ont fragilisé le mythe et permis la victoire de Captain. L’épisode 18 montre les conséquences de l’arrivée au pouvoir de l’Hydra sur la politique internationale que l’on a peu vues dans les épisodes précédents et le crossover. Cette présentation n’est jamais abstraite mais elle passe par les changements dans la relation de Steve avec ses collègues souverains – Namor alors qu’Atlantis est au bord de la guerre.

Devant l’ONU à Bruxelles alors que les dirigeants sont piégés dans la dimension de l’ombre, Cap refuse de jouer le jeu de la négociation – dans un monde actuel multipolaire comme le font les démocrates – mais veut décider seul – comme Trump dans une vision nationaliste. Il accepte de garder les dirigeants s’ils appliquent les principes de l’Hydra. Des cellules de l’Hydra partout dans le monde utilisent la stratégie de tension – pratiquer des attentats comme en Italie dans les années 1960 – pour imposer la vision géopolitique de Steve. Des héros se lèvent pour s’y opposer et je découvre l’Euroforce lors de son combat au pied de la Tour Eiffel. Black Panther réagit en vidéo et à trois reprises lors d’attaques. Dans la propagande télévisuelle de l’Hydra, le Wakanda et New Tian sont décrits comme des États criminels abritant des armes de destruction massive. Steve leur déclare la guerre car, indignes, ils ont désobéi. En fait, il veut récupérer le morceau de cube cosmique. L’ambiance est lourde car ces pays devront céder. Spencer montre comme dans Sam Wilson que le peuple peut se satisfaire de cette tyrannie : la suppression du chômage, le rétablissement de la puissance nationale et la sécurité (la lutte contre criminalité et la défense des frontières) apportée par l’Hydra est plus important que la disparition des libertés et l’écrasement des plus faibles.

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Cette ambiance sinistre se poursuit lors d’un dialogue avec un autre ami. Steve, comme un père, gronde Thor déchu alors qu’il se saoule. Pessimiste, le dieu pense que tout est perdu mais garde de la rancœur pour Steve car il a emprisonné Jane Foster dans la dimension fantôme. De manière assez drôle, l’espoir vient de l’inhumain Vomi qui peut vomir n’importe quel objet. Sa froideur ne se fragilise qu’en privé après la mort de madame Hydra, sa mère de substitution. Le titre est trompeur car la confrontation entre les deux Captain est indirecte et passe par la parole. La partie la plus réussie concerne Sam Wilson. Dans sa harangue, les erreurs des héros ont été les luttes internes, l’idéalisme et de faire appel à un homme providentiel plutôt que d’agir. Il termine par une apologie de l’empowerment.

Les dessins sont irréguliers selon les épisodes. Hélas, ce sont les anciennes éditions où le sommaire incomplet ne permet pas de savoir qui dessine. Dans le prologue, je suis fan de la mise en page brillante de Sorrentino – une page dessine le symbole de l’Hydra. Faisant aussi la couleur, il joue avec brio avec une gamme réduite de couleur et des cases monochromes. Malgré ce choix, le dessin reste très réaliste dans les formes et les corps même s’il simplifie les visages. L’encrage est très important avec un jeu brillant sur le clair-obscur donnant impression de photo salies. Dans l’épisode 17, le dessin banal d’Andrés Guinaldo et de Ramón Bachs n’est dans certaines cases pas terminées. Le dessin est même indigne d’un grand scénario. Dans l’épisode 25, il y a de belles pages de Javier Pina puis on retrouve un encrage maladroit hélas.

Alors, convaincus ?

Ce n’est pas un volume indispensable mais le dernier épisode sauve le livre pour le récit et les dessins. Je conseille cependant de lire ce volume après Secret Empire. C’est même impossible de le comprendre sans lire en parallèle le crossover car de nombreuses cases font allusion à des événements de la série limitée – la destruction de Las Vegas, la barrière planétaire et la dimension de l’ombre… On comprend ce qu’est devenu Bucky.

Thomas Savidan

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