[Review] Le Ghost Rider Cosmique détruit l’histoire Marvel

La curiosité est un vilain défaut, dit-on, mais par pour la lecture. J’ai assisté de l’extérieur à l’explosion de popularité du personnage du Ghost Rider Cosmique et la curiosité m’a poussé à en lire plus, curiosité renforcée par la très belle couverture.

Un résumé pour la route

Ghost_Rider_1Cette histoire complète est écrite par Paul Scheer et Nick Giovannetti (Deadpool, Guardians Team Up) qui ont commencé comme auteurs de jeux vidéo et acteurs de doublage ce qui se ressent à la lecture. Les dessins sont de Gerardo Sandoval (Venom, Guardians 3000), Todd Nauck (Young Justice, Teen Titans Go!) et Nathan Stockman (Spider-Man, Anti-Hero). Ce volume contient les épisodes un à six du Cosmic Ghost Rider Destroys Marvel History publiés par Marvel entre mars et août 2019 puis traduits par Panini en novembre.

Deux millions d’années dans le futur, Frank Castle, le Punisher, est revenu à la vie en tant que Ghost Rider. Devenant par la suite le héraut de Galactus, il a acquis des pouvoirs cosmiques. Il a même été un temps l’assistant de Thanos dans ses génocides planétaires. Cependant, il semble avoir acquis un peu de sagesse car, dans le récit précédent, l’anti-héros a utilisé ses pouvoirs pour remonter le temps et tuer Thanos encore enfant. Il a lamentablement échoué mais a depuis eu une autre idée…

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Ayant manqué la mini-série à succès de Donny Cates, je me suis demandé comment des scénaristes différents allaient s’emparer de ce personnage récent. Castle revient dans le passé pour sauver sa famille. Il retourne chez lui, se faisant passer pour son oncle et raconte à chacun des membres de sa famille (son fils, sa femme, sa fille puis lui-même plus jeune) des histoires pour se valoriser mais on peut fortement douter de la véracité de ces récits. Il s’y prend mal avec sa famille. Il tente sans succès de donner une leçon de gestion de colère à sa fille. J’avais des réticences au départ car ce titre m’a fait penser à une copie de Deadpool. Scénaristes de plusieurs Deadpool, Paul Scheer et Nick Giovannetti écrivent un récit parodique sur les bourdes d’un idiot. Comme le héros à la cagoule rouge et noire, Frank n’est plus lucide. Devenu un irresponsable imprévisible, il suit ses instincts sans se préoccuper des conséquences. Nihiliste, la vie n’a aucun sens pour lui alors autant faire ce qu’on veut. Il va donc contredire toutes les règles pour sauver sa famille.

Ces épisodes sont aussi une opportunité pour revisiter des moments forts de l’histoire de Marvel (les Quatre Fantastiques, Spider-Man, les X-Men puis les Avengers). Cette idée est très amusante pour le fan de Marvel que je suis et je pense que cela peut donner envie de lire à un néophyte. Le premier épisode est forcément centré sur la première série Marvel : les Quatre Fantastiques ou plutôt les cinq car le Ghost Rider s’incruste après un accident de circulation dans l’espace avec le Gardien. Massacrant des moloïdes sans remord, il est chassé de l’équipe. Les scénaristes transforment des histoires majeures – l’arrivée de Galactus – et moins connues – un run dessiné par Arthur Adams, la mort de La Chose. Le Ghost Rider Cosmique envahit ensuite le passé de Spider-Man. Ironiques, les auteurs se moquent des facilités de scénario : Peter avait abandonné le rôle de Spider-Man et revient pour sauver un sosie de l’oncle Ben. Dans la Saga des clones, Castle se moque de la coiffure de Ben Reilly traité de canadien – un plouc. L’épisode trois s’attaque aux X-Men et essentiellement Jean Grey à travers la Saga du Phénix noir et le run de Grant Morrison. J’ai été choqué par le manque outrageux de respect pour cette icône de notre site. Les pages sur Days of Future Past sont assez drôles. Deadpool vient se plaindre qu’on lui vole son rôle de rentrer dans les sagas majeures.

Ghost_Rider_2

L’ironie est le plus souvent le ressort de l’humour mais je ne suis pas très fan de cet humour méchant. Dans une parodie des Guerres secrètes, le rédempteur échappe à Spider-Man en prenant le bus car seuls les pauvres le prennent. On trouve une volonté de moderniser par l’humour les récits anciens de Marvel. Ils critiquent les premiers épisodes d’Iron Man en montrant un Avenger machiste avec son verre à cocktail et draguant les filles pendant le combat. Il y a aussi une réflexion sur le genre. C’est parfois réussi – la fille du Punisher refuse les histoires de princesse – et ailleurs moins – le Ghost Phénix Cosmic devient la Reine noire puis rentre dans le corps de Kitty jeune. En montrant Howard le canard enfermé dans la cage d’un cirque, les scénaristes affichent leur modèle mais la charge est plus consensuelle et moins politique. Cet humour constamment présent empêche, de plus, d’apporter de la densité à ce nouveau personnage et crée une mise à distance du lecteur vis-à-vis du récit. J’ai plus apprécié l’épisode quatre se concentrant sur une expédition avec Captain America et Nick Fury pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans les deux derniers épisodes, Castle s’humanise au contact de sa famille. Pour ne pas choquer ses enfants, il modifie un récit de massacre en une guerre de bonbons. On sort de la simple succession de blagues. Dans New Avengers, il est Sentry, le super-héros oublié qui apprend la gravité et la responsabilité.

Le premier épisode dessiné par Gerardo Sandoval s’adapte très bien au thème avec des formes très pointues même si je ne suis pas forcément le plus touché par ce style. J’ai préféré Todd Nauck, dans les épisodes deux, quatre et six, très différent avec des formes plus rondes proches du trait de Mark Bagley. Les couleurs vive sont aussi parfaitement dans l’ambiance. Dans ces histoires, le dessin reprend la texture des couleurs des vieux comics. Le dessinateur de l’épisode trois, Nathan Stockman, est plus caricatural avec des figures grimaçantes.

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Je dois saluer les efforts d’édition de Panini : en plus de l’ensemble des couvertures, la préface retrace l’historique du personnage et le sommaire est nettement plus précis même si on ne sait toujours pas qui dessine quel épisode. La traduction du Spider-Man canadien en québécois est bien rendue.

Alors, convaincus ?

Cette lecture de l’histoire de Franck dans l’histoire du Ghost rider Cosmique dans l’histoire de Marvel m’a fait l’impression de montagnes russes. J’ai souri au début des nombreuses références puis j’ai été lassé avant de savourer une fin plus structurée et touchante. Au final, je ne me suis pas ennuyé même si je ne suis pas sûr que ce nouveau personnage ait un grand avenir.

Thomas Savidan

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