[review] Prodigy.

J’avais été charmé par Magic Order, le précédent scénario de Mark Millar. La curiosité et une très belle couverture m’ont alors poussé à lire ce récit d’aventure.

Un résumé pour la route

Prodigy_1Mark Millar (Civil War, Red Son) est le scénariste de cette mini-série et Rafael Albuquerque (American VampireEi8ht) est le dessinateur. Les couleurs sont de Marcelo Maiolo. Ce volume rassemble les six épisodes de la série Prodigy publiés aux États-Unis par Image comics entre décembre 2018 et juin 2019 puis en France en novembre par Panini comics.

Edison Crane est un milliardaire issu d’un couple métis. Doté d’une intelligence hors-norme, il a tous les atouts : il dirige une très grande entreprise mais c’est aussi un scientifique, un artiste et un aventurier. S’ennuyant vite, il cherche à se mettre en danger tout en sauvant le monde. En effet, il est le dernier recours des États pour des missions impossibles.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Dans les premières pages, on découvre l’enfance de ce personnage hors norme. Élève dans un lycée privé d’élite, Edison gagne un championnat de polo alors qu’il est six ans plus jeune que ses partenaires. Ces coéquipiers plus âgés sont humiliés et lui donnent une bonne leçon dans les vestiaires. Il se rendra justice tout seul, car, en visionnant des films, il est devenu un champion d’arts martiaux en un week-end. Millar propose donc le portrait d’un génie. Différents éléments de son subconscient lui permettent de résoudre plusieurs problèmes en même temps ou un seul très vite. Cette qualité lui apporte le surnom de Google humain. Il veut tout expérimenter du plus vital au plus futile. Il opère son meilleur ami d’un problème cardiaque à sept ans. Le dessinateur sait rendre ce moment flippant et on se questionne si ce génie ne serait pas un expérimentateur dangereux. Il est simplement accro au risque et ne peut vivre sans une dose régulière d’adrénaline. Il est devenu ainsi car sa mère lui a appris la curiosité.

Ce duo a déjà œuvré sur Huck, une variation de Superman. Millar propose ici un nouveau mélange. Comme dans Indiana Jones, on parcourt les vestiges dans plusieurs pays et on visite avec joie une bibliothèque scellée par Staline sous le Kremlin. Le scénariste joue à fond sur l’exotisme avec des secrets d’histoire loin de l’Occident. Comme James Bond, Edison vit des aventures avec une espionne américaine, Rachel Starks. Il a un sens de l’observation digne de Sherlock Holmes. On sourit souvent de ses trouvailles pour se sortir des situations mortelles. Accroché par une main sur une poutre dans le vide, il convainc les mercenaires ennemis de l’aider puis de rejoindre son entreprise. Il parie sans arrêt sur la bonté de chacun mais Edison est fade à force de gentillesse : il s’excuse d’avoir tué des requins qui voulaient le dévorer. Les autres parlent de lui mais lui ne révèle rien et cela m’a manqué.

Prodigy_2

Millar connaît les ficelles pour rendre le récit haletant. Différentes lignes temporelles dynamisent le début du récit car on suit l’enfance de Prodigy, la mise en place du complot d’une autre dimension et les actions d’Edison pour le contrer. Dès le premier épisode, une voiture apparaît dans le corps d’un être humain. Il faut cependant arriver à y croire. Je dois avouer que j’ai une certaine réticence avec Millar. Magic Order était un contre-exemple avec la création d’une famille de personnages complexes. Le scénariste lance quelques pistes comme la dénonciation de la violence de l’élite lors d’une chasse aristocratique où le gibier n’est pas un animal mais des enfants. Dans cette secte, le fils tue son père quand il n’est plus efficace dans une cérémonie de transition. Avec un temple occupé par DASEH, il a recours à un événement actuel majeur mais il n’en fait rien. Il aboutit même à une contradiction : Millar veut faire un récit social contre les élites mais le héros est issu et vit dans cette élite. Le scénariste écossais est certes malin mais cette série mérite un temps plus long pour que certains personnages sortent des stéréotypes.

Le dessin de Rafael Albuquerque m’a aussi moins convaincu qu’Olivier Coipel. La mise en page est efficace mais l’encrage trop visible. Les traits nombreux et parfois inutiles laissent une impression d’inachevé. Les belles couleurs vives sont cependant adaptées au ton du récit.

Alors, convaincus ?

J’ai pris du plaisir lors de ces multiples voyages autour du monde. On sait que tout va s’arranger mais le voyage n’est pas ennuyeux. Cependant, une fois le livre refermé, il reste peu de choses de ce récit mineur.

Thomas Savidan

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