[review] October Faction

Ambiance glauque, chasse aux monstres surnaturels, voilà de quoi attirer l’attention. October Faction est un titre qui met en scène une famille un peu étrange et on peut faire confiance à Steve Niles – l’auteur de 30 jours de nuit – pour nous offrir du gore à un rythme soutenu. L’univers d’October Faction va s’étendre puisqu’une série Netflix est tirée des comic-books, pourquoi ne pas y jeter un coup d’oeil ?

Un résumé pour la route

OCTOBER FACTION 01 - C1C4.inddOctober Faction est un titre scénarisé par Steve Niles (connu notamment pour Hellspawn ou 30 Jours de nuit),  illustré et colorisé par Damien Worm – avec Alyzia Zherno comme assistante couleur sur le chapitre six. Le titre a été publié aux Etats-Unis chez IDW. Le présent volume reprend les six premiers chapitres. Ce premier tome est publié chez Delcourt en 2019.

La famille Allan est un peu particulière et semble voir et ressentir des choses que les autres humains ne peuvent pas percevoir. Est-ce pour cela que Geoff, le fils est la tête de turc de ses camarades de classe ? Le père, Frederick, est un chasseur de monstres à la retraite devenu enseignant. Si ses cours passionnent et effraient ses étudiants, Fred semble s’ennuyer dans cette vie bien rangée dans laquelle il n’a plus à dégommer des créatures de l’au-delà. Ce calme relatif va-t-il durer ou les fantômes du passé vont-il resurgir pour déstabiliser la vie un peu trop tranquille de la famille Allan.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Le nom de la famille est en soi un indicateur : la famille Allan ressemble un tantinet à la famille Addams y compris dans le look que lui attribue Steve Niles. Pourtant, si l’humour noir est bien présent, le ton d’October Faction est plus adulte et les premières pages mettent tout de suite dans l’ambiance. On est dans le comic-book horrifique, avec une famille unie mais dont certains membres ont des choses à cacher. L’histoire démarre avec Geoff, le fils de famille qui, même une fois en fac, est encore la tête de turc d’un des caïds de son lycée. On aurait presque l’impression de voir le Peter Parker de 1963 avec Flash sauf que Geoff a le dernier mot et renvoie le petit dur à ses propres failles. Ce face à face est très bien vu et chaque personne qui a été harcelée à l’école rêve d’un dénouement comme celui-ci. La soeur de Geoff, Vivian, ne semble pas avoir plus de succès avec ses camarades de classe. La relation difficile à l’autre à l’adolescence est subtilement évoquée par l’auteur et, même si ce n’est pas la thématique principale du titre, j’ai trouvé ça plutôt bien vu.

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Le père, Frederick, est aussi un personnage très intéressant, à la fois traumatisé par une vie passée à traquer les monstres et déprimé par une existence devenue trop sage mais toujours hanté par son passé, un peu comme un ancien gangster rangé qui regretterait ses bons coups et n’attendrait qu’une sollicitation pour replonger. C’est classique mais bien amené et ça fonctionne parfaitement. On voit bien aussi comment sont gérés les non-dits dans une famille, comment un père tente de préserver ses enfants, malgré leurs dons et leur envie de reprendre le flambeau de la chasse aux monstres. Steve Niels montre le dilemme d’un père qui tente d’offrir un équilibre à sa famille en bridant ses propres envies et en refrénant celles de ses enfants. Toutefois, on n’échappe pas à son passé ni à son destin et les actes de Frederick ont des conséquences sur ses proches et dans le présent. Même si le chasseur de monstres a tenté de se reconvertir, il ne peut fuir sa véritable nature et les ennemis qu’il a accumulés avec le temps.

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Steve Niles et Damien Worm ont envie de développer un panel de monstres assez diversifié et étendu, ce qui n’est pas pour me déplaire. Les morts hantent toujours les vivants, les vampires côtoient les esprits malfaisants tandis que les loups-garous affûtent leurs crocs. Aux détours des pages, des clowns tueurs rappellent l’univers de Stephen King tandis que des personnages semi-humains semblent tout droits sortis d’un roman steampunk. Si l’histoire est plutôt prenante et tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page, le récit est extrêmement bien servi par le dessin de Damien Worm et l’ambiance instillée par sa colorisation. Des touches de couleurs vives – surtout rouges, comme il se doit – se détachent d’un univers noir et blanc, sepia ou bleu sombre, les contrastes font ressortir un détail, un visage, une expression. Les architectures et les décors sont extrêmement soignés : le manoir des Allan est impressionnant, il rappelle celui des Addams et c’est un parfait décor de film d’horreur. Certaines pleines pages sont vraiment très réussies, j’ai particulièrement aimé celle du cimetière où l’on voit un corps pourrissant sous terre et, en surface, Geoff et Vivian un peu dubitatifs. Je conseille aussi de parcourir le cahier d’illustrations qui montrent des planches et dessins en noir et blanc et une carte de la ville de Cristelewood qui montre les endroits importants pour l’histoire et aide à se repérer dans cet univers.

Alors, convaincus ?

De nombreux titres horrifiques sortent et on peut parfois être blasé, mais October Faction, malgré un côté peut-être un peu classique dans sa narration, est une jolie surprise. Les interactions entre les personnages fonctionnent bien, la famille Allan, bien que fort étrange, est plutôt attachante. Steve Niles prend le temps de bien développer chacun de ses membres sans que l’un ne vole la vedette à l’autre. Graphiquement, Damien Worm a su trouver le ton juste pour faire entrer son lecteur dans une atmosphère angoissante dotée d’un bestiaire effrayant et intriguant. Une bonne lecture pour qui aime le genre horrifique.

Sonia Dollinger

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Blondin dit :

    Pas vu passer , je le note! Merci pour la découverte.

    Aimé par 1 personne

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