[review] Moonshine tome 2

Après m’être enivré du premier volume, c’est avec un certain retard que je me suis lancé dans la lecture du deuxième volume de Moonshine d’Azzarello et Risso.

Un résumé pour la route

moonshine_1Comme pour le premier volume, l’équipe créative reste stable avec Brian Azzarello (100 BulletsBatman Europa) au scénario et Eduardo Risso (Dark Knight une histoire vraie, 100 Bullets) aux dessins. Ce volume rassemble les épisodes 7 à 12 publiés par Image comics en octobre 2018 et sorti en France en janvier 2019 par Urban comics.

Dans les années 1930, la loi sur la prohibition interdit l’alcool mais fait exploser le trafic illégal. Lou Pirlo, porte-flingue de la mafia italo-américaine, est envoyé dans les Appalaches pour forcer Holt, un producteur brillant de whisky à faire du commerce avec son boss. Alcoolique et fainéant, il est complètement dépassé quand il se rend compte que ce distillateur abrite dans sa famille un loup-garou. Il fuit avec sa copine afro-américaine et sorcière vaudoue vers La Nouvelle-Orléans mais les ennuis ont souvent tendance à le rattraper…

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Azzarello continue à parcourir les thèmes des films de l’âge d’or du Hollywood classique : le blues, la vie des sans-abri traversant le pays en train, les rednecks dans une ferme isolée, les mafieux italo-américains qui font du trafic d’alcool… On ne peut faire confiance à personne – ni la mafia, ni la famille et même les alliances son éphémères. J’ai ri de l’alcoolique Pirlo qui black-out à chaque épisode. Il est en plus devenu un loup-garou et, coincé, il prend la fuite en train. Lou est un bagarreur qui, ne sachant pas s’arrêter, finit dans une prison à casser des pierres. Cette grande gueule nous révèle son passé en voix off. Après sa sœur noyée, on découvre que son père était alcoolique et que sa mère les a quittés après l’accident. Il voit sa sœur morte mais plutôt qu’un delirium tremens, cela semble être une maladie mentale. Ce passé est tout de même trop chargé.

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Le récit se sépare donc en deux – une partie suit les péripéties pathétiques de Pirlo et l’autre reste dans le village pour suivre la guerre des gangs. Le chef mafieux est inquiétant. Parlant en latin, sa peau blanche très claire et ses yeux cachés par des lunettes rouges font penser à un vampire. Le groupe inclut aussi un tireur d’élite qui embrasse son crucifix après chaque meurtre. On découvre la mère de la tribu de Holt – une forte femme qui refuse de céder devant les gangsters – et un peu plus sur Enos le loup-garou. Plus il devient un loup et moins il veut redevenir humain. Tempest est une femme fatale qui n’a aucun attachement pour sa famille mais veut s’en sortir à n’importe quel prix. On ne comprend pas vraiment son accord avec les mafieux que le scénario esquisse.

Comme dans la série précédente, Azzarello multiplie les personnages mais il réussit à se limiter. Le lecteur reste donc plus longtemps avec le même personnage et on commence à s’attacher à Lou, ce tueur minable. En prison, n’écoutant aucun conseil, il se fait mordre en attrapant un crotale. Un être si buté en devient attachant et, grâce sa folie, il arrive à faire accepter son insolence par les autres prisonniers mais il est aussi très dangereux – le soir de pleine lune, il s’enfuit après avoir massacré une grande partie de ses codétenus. Son périple le mène à La Nouvelle Orléans – lieu de magie comme dans Shadowman – après avoir sauvé une femme menacé par d’autres détenus en cavale.

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Les dessins de Risso sont toujours aussi intéressants. Graphiquement, c’est beau mais un peu lisse. Les couvertures qui séparent les épisodes sont superbes. Christian Rossi fait un travail sur la couleur de plus en plus intéressant. Une couleur domine en fonction du lieu ou de l’histoire. Le passé est en gris et rouge colorié à l’aquarelle comme dans Dark Knight une histoire vraie.

Alors, convaincus ?

Ce deuxième volume est toujours aussi rapide à lire et agréable. Azzarello reprend de nombreux thèmes des films noirs et d’horreur mais une fois le concept compris, je trouve cependant qu’il n’apporte pas de nouveautés aux genres. Je suis cependant très attaché au personnage principal et je pense lire la suite pour savoir s’il a une chance de s’en sortir.

Thomas Savidan

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