[review] Spider-Man/Deadpool, marché noir

La présence du dessinateur Chris Bachalo sur cinq des six épisodes m’a convaincu de tenter cette série même si n’étant pas un fan de Deadpool, j’ai très peu lu sur ce personnage et, étant pris par d’autres séries, je n’ai plus suivi Spider-Man depuis le retour de Peter Parker.

Un résumé pour la route

Deadpool_Spidey_1Ce volume rassemble les épisodes 23 à 28 de Spider-Man/Deadpool publiés aux États-Unis en 2018 et par Panini en juillet 2019 pour la France. La relance Marvel Legacy a été l’occasion de changer les équipes créatives. Pour la série qui nous concerne, Robbie Thompson (Silk, Spider-Man) est devenu le scénariste jusqu’à la fin pour l’épisode 50. Pour les dessins, Chris Bachalo (Doctor Strange, Generation X) se charge des épisodes 23 à 25 seul puis il est aidé par Scott Hepburn, Marcus To et Matt Horak. Je dois tout suite saluer les efforts de Panini qui propose un nouveau sommaire affichant les numéros des épisodes où les artistes interviennent ce qui manquait cruellement.

Wade Wilson dit Deadpool, mercenaire sans aucune limite morale est conscient de vivre dans un comics. Inspiré par Spider-Man, il a décidé d’être meilleur mais, manipulé par Steve Rogers devenu un agent de l’Hydra, il assure les basses œuvre de son projet de domination. Pendant ce temps, Peter Parker, Spider-Man, a perdu sa société pendant le crossover Secret Empire. Ruiné, sans logement, ni travail, il dort sur le canapé de sa copine Mockingbird.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Cela ne va donc pas très fort pour Peter Parker qui reste scotché devant la télé, entouré de junk food. Il n’a plus de vie professionnelle et n’arrive pas à réagir. Il a délaissé Deadpool car, pour lui, le duo ne fonctionne pas, bien que Wade soit persuadé qu’ils sont les meilleurs amis au monde. Une publicité lui fait alors l’effet d’un électrochoc. Le mercenaire fou y vend les armes du S.H.I.E.L.D. Fou de rage, Peter part à sa recherche de son ancien coéquipier. Mockingbird approuve mais empêche Deadpool d’agir par tous les moyens alors que Peter espère encore le sauver. Bien que le scénariste ait été sur plusieurs séries de l’univers Spider-Man,  il ne montre vraiment pas Peter à son avantage. Au fil des pages, c’est Deadpool qui a la vedette alors que Peter est le jouet de ses gaffes. Cela fait sourire mais c’est assez navrant. Génie scientifique, il pourchasse des super-vilains depuis des années mais il semble totalement perdu. Il se contente de chercher Deadpool et demande l’aide de sa copine du S.H.I.E.D. ce qui lui prend une case tout en distribuant des coups. Il ne faut certes pas chercher de la cohérence dans les récits de Deadpool mais tout de même. Poursuivi par tous depuis l’assassinat de Coulson, Wade se cache dans un gigantesque héliporteur du S.H.I.E.D. On a trouvé plus discret.

Spider-Man vient l’arrêter mais Wade croit qu’il veut rejoindre son entreprise. Robbie Thompson reprend le style des aventures du mercenaire à la cagoule rouge avec de l’humour à chaque case mais ce n’est pas souvent fin. Une bagarre entre les deux héros permet au lecteur de visiter la base et de découvrir les nouveaux employés farfelus de Deadpool Inc. : une vache mordue par un vampire et devenue assistante de la fille du leader de l’A.I.M., un cyborg contaminé par un arbre qui produit des pommes, un super-héroïne écervelée et Manphibien (un homme amphibien donc). Une fois cette bagarre terminée, Deadpool réalise que le Caméléon usurpe son identité. Je ne spoile rien car son visage est à l’arrière de couverture. Ce super-criminel multiplie les masques que nos héros lui arrachent. Wade entraîne Spider-Man à l’attaque de ce faux Deadpool ce qui m’a permis de découvrir Tabula Rasa un territoire imaginaire peuplé de nouvelles formes de vie. J’ai aussi été content de retrouver Husk la sœur de Cannonball que j’avais perdu de vue depuis Generation X. Elle est devenue éclaireuse du S.H.I.E.L.D. pour les ressources humaines mais on n’aura aucun éclaircissement sur la nature de ce métier.

Deadpool_Spidey_2

Le mercenaire s’est donc reconverti dans la vente d’armes de plus banales aux plus originales comme des requins libérés d’une usine du S.H.I.E.L.D. Assez drôles, ces deux squales télépathes ne pensent qu’à dévorer Wade… une fois finie la dernière saison de Stranger Things. En guise d’apéritif, l’un des requins a dévoré sa jambe mais imperturbable, Deadpool continue comme si de rien n’était pendant plusieurs épisodes. Plus tard, Wade descendant du ciel en chevauchant un requin tel un cow-boy et l’appétit gargantuesque de ces animaux sont aussi réussis. Deadpool n’est choqué par rien. Après la perte d’une jambe, il reste tout aussi imperturbable en constatant qu’on lui a volé sa main pour passer une identification digitale. Wade croit toujours être dans un bd Marvel – il demande au lecteur du comics d’écrire pour qu’il puisse voler, sait qu’un monstre va attaquer à la page suivante et connaît la série S.H.I.E.L.D. Il utilise aussi les cartons d’explications du livre pour dire à Peter ce qui se passe. La multiplication des blagues rend la lecture difficile à suivre. De plus, Bachalo faisant très peu de décor on ne voit pas le lien entre les cases. Même moins originaux, les dessinateurs suivants sont plus faciles à suivre.

Le numéro 26 m’a temporairement réconcilié avec ce personnage. Vieux, Peter vit seul mais paisiblement dans une maison de retraite. En fauteuil roulant, il fait un herbier et photographie les retraités. Mais hélas avec Deadpool vit dans la même résidence. Alors que Parker s’est assagi, Wade n’a absolument pas le sentiment de vieillir. En short et bob, il drague et couche avec tout le monde. Justicier, il part à la recherche d’un voleur. Cette quête permettra à Peter de revivre sa jeunesse. Hélas, cet épisode n’a aucun rapport avec la suite. L’épisode suivant a une structure originale en présentant la même scène vécue par Spider-Man puis racontée – totalement partialement – par Deadpool mais le concept ne masque pas la pauvreté du récit. Lors de cette poursuite du Caméléon, Deadpool accepte sa nature de vilain. Les deux héros ne travaillent plus ensemble mais Spider-Man devenu gênant, les employés de Wade exigent qu’il le tue. Cependant, son entreprise n’est plus fiable car un de ses agent travaille aussi pour le Caméléon. Des New Mutants et Dazzler disco apparaissent dans une case sans que l’on comprenne pourquoi.

Comme pour Doctor Strange, Bachalo fait non seulement le dessin mais l’encrage et la couleur. Le dessinateur fait d’ailleurs une allusion à son travail précédent quand le sorcier se promène dans la première case du livre. J’ai au départ pris plaisir à retrouver son dessin proche du cartoon et du manga mais moins emballé que sur Strange. La mise en page est plus sage et certaines cases sont bâclées en particulier les décors.

Deadpool_Spidey_3

Alors, convaincus ?

Ce volume plaira sans doute aux fans de Deadpool qui y retrouveront les ingrédients classiques (humour trash, personnages improbable et action survoltée) mais il ne m’a hélas pas réconcilié avec ce héros. Bien entendu, on sent que cette association de deux héros très populaires est un coup commercial mais c’est mal fait. Les blagues sont les plus souvent ratées, les intrigues sont simplistes et les rebondissements sont proches du n’importe quoi.

Thomas Savidan

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s