[review] All-New Thor tome 4

Après une pause, j’ai enfin repris la lecture des aventures de Jane Foster – Thor en mettant la main sur le quatrième et dernier volume de la série All-New Thor. Je vois la fin de la série arriver avec tristesse tant j’aime ce personnage et ce qu’en a fait Jason Aaron. Le volume précédent avait mis la barre très haut et ce quatrième volume reste clairement à la hauteur avec l’apparition d’un second porteur du marteau plutôt inattendu.

Un résumé pour la route

all-new-thor-tome-4-1All-New Thor volume 4 est scénarisé par Jason Aaron et dessiné par Russell Dauterman, et Valerio Schiti. Trois coloristes apparaissent sur ce volume : Matthew Wilson, Veronica Gandini et Rain Beredo. L’album contient les épisodes 20 à 23 de The Mighty Thor sortis chez Mavel en 2016 et publiés en France chez Panini Comics en 2019.

La guerre fait rage dans les dix royaumes et atteint désormais Nidavellir, le royaume des Nains. Adversaires et alliés de Malekith, l’Elfe noir, s’affrontent dans des combats sans pitié. Jane Foster est toujours dotée du marteau de Thor mais elle s’affaiblit en luttant contre le mal absolu que représente l’Elfe Noir. La puissante Thor va bientôt recevoir un renfort inattendu mais le remède n’est-il finalement pas pire que le mal ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Ce quatrième et dernier volume de la série est assez court mais le récit s’avère extrêmement dense, riche en rebondissements et en enseignements. L’action se concentre en premier lieu sur la terre des Nains, Nidavellir, qui sert de refuge aux rares rescapés du peuple des Elfes blancs, la guerre effaçant certaines anciennes rivalités. Les Elfes blancs sont la cible de leurs semblables maléfiques, les Elfes noirs qui mènent non seulement une guerre mais un véritable génocide. C’est l’occasion pour Jason Aaron de dépeindre avec réalisme les horreurs de la guerre qui n’épargnent ni les femmes, ni les enfants. Certaines scènes sont particulièrement dures et cruelles et serrent le cœur du lecteur. L’impuissance d’un dieu asgardien à empêcher un massacre montre combien même les êtres les plus enhardis peuvent être démunis face aux atrocités sans nom perpétrées au nom d’une idéologie et d’une folle volonté de conquête éradicatrice. Que vaut un dieu contre la folie des peuples ?

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Jason Aaron explore avec justesse les transformations occasionnées par la contemplation impuissante d’un massacre de masse. Le scénariste montre comment l’être le plus doux et le plus pacifique qui soit peut se muer en être sanguinaire et revanchard, prêt à tuer des innocents pour venger ceux qu’il aime et comment la douleur infinie amène à la folie. Comme toujours Aaron questionne son lecteur indirectement : et nous, comment agirions-nous devant tant d’horreurs ? L’auteur retranscrit sans grandiloquence mais avec justesse les sentiments que ressent le dieu jovial et plein de vie : incrédulité, déni, colère, rage, vengeance. Le chemin parcouru est signifié par la transformation physique du personnage qui, de civilisé, devient sauvage et sans pitié. C’est ainsi qu’apparaît Thor le Guerrier, muni du Mjolnir de l’univers Ultimate, désormais présent dans l’univers classique. L’idée de faire cohabiter les deux marteaux peut paraître un peu artificielle, mais je la trouve plutôt bonne car elle permet de montrer plusieurs sortes de Thor en même temps, sans avoir besoin de réalités alternatives. Inévitablement, les porteurs de marteaux vont s’affronter mais ce sont en fait deux visions du monde qui s’entrechoquent : Jane Foster pense qu’il faut stopper la guerre tandis que le nouveau Thor le Guerrier veut porter le fer et le feu dans les contrées de ceux qui ont massacré les Elfes blancs. La paix contre la vengeance, l’arrêt des combats contre la guerre à outrance, le pardon face aux tourments éternels, telles sont les deux visions du monde que présente Jason Aaron avec une grande sensibilité.

all-new-thor-tome-4-3Ce sont donc bien les affres de la guerre que ce volume dépeint, la guerre entre les peuples, la guerre entre les héros qui oppose les deux Thor, la guerre que Jane Foster mène contre la maladie. Cette furie guerrière est très bien restituée dans les pages de Russell Dauterman et Valerio Schiti qui offrent des moments d’anthologie avec les démons de feu de Muspelheim. L’apparition de Sindr, reine de Muspelheim est particulièrement spectaculaire tout comme son combat avec Thor le Guerrier. Les pages opposant les deux Thor sont dantesques, les atmosphères varient entre les ambiances sombres des mines de Nidavellir, le monde surchauffé et flamboyant de Muspelheim ou le froid glacial qui règne à Niffleheim, la terre des Morts. Les éclairs des marteaux strient des cases entièrement noires donnant un aspect parfois très angoissant à l’ensemble.

Alors, convaincus ?

Le ton employé dans ce volume est particulièrement grave. Jason Aaron continue à manier les divinités et les héros avec brio, démontrant aux contempteurs de Marvel que la firme peut encore sortir de beaux récits quand elle fait confiance à ses scénaristes. Rien n’est à jeter dans ce récit et Aaron sait parfaitement mettre à profit les dix royaumes et leurs spécificités. L’opposition entre les deux Thor, sous le regard parfois quelque peu impuissant d’Odinson, est très réussie tant elle rappelle l’opposition entre deux conceptions du monde qui ont toutes deux leur justification. La série adopte un ton grave et sombre qui semble nous amener vers une fin épique mais pas forcément heureuse mais nous n’en sommes pas encore là !

Sonia Dollinger

 

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