[review] The Fix tome 1 de l’or pour les branques

Si Nick Spencer est souvent à l’honneur sur Comics have the Power, c’est, pour l’instant, pour ses titres Captain America Sam Wilson et Steve Rogers. Lire Spencer sur une série indépendante est donc intéressant, d’autant plus que cette série a été mise en avant par Bomask, d’Accès Comics, avec conviction dans un before la vf passionné. Ce titre était donc sur ma pile et, à l’occasion de la sortie du deuxième volume, je me suis replongée dans ce titre.

Un résumé pour la route

the-fix_1_1The Fix est un titre scénarisé par Nick Spencer et dessiné par Steve Lieber, ils sont co-créateurs de la série. On retrouve Ryan Hill à la couleur. Aux Etats-Unis, le titre sort chez Image Comics. En France, Urban comics édite The Fix tome 1, de l’or pour les branques en 2018. Ce volume reprend les issues #1-4 sorties aux Etats-Unis.

Flics ripoux habitués à arrondir leurs fins de mois avec des petites combines, Roy et Mac avaient jusque là une petite vie tranquille sans autre souci que de fomenter leur prochaine arnaque. Cependant, les deux imprudents ont contracté une dette importante auprès d’un caïd de la ville et Josh n’est pas du genre à plaisanter. Comment rembourser leur créancier au plus vite avant de finir en pâtée pour chien, telle est la grande question qui va occuper Roy et Mac !

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

The Fix est un véritable hommage à la culture populaire, qu’il s’agisse du cinéma puisqu’on y retrouve de multiples références puisées tout aussi bien dans les films de Quentin Tarantino que dans les films de gangsters ou dans le répertoire des frères Cohen qui mettent en scène des loosers magnifiques pris au piège de situations loufoques et anxiogènes. The Fix rappelle également les anti-héros de séries comme Breaking Bad où le personnage principal est aussi détestable qu’attachant, aux prises avec ses combines et des adversaires parfois trop sadiques pour lui. Josh et les truands de The Fix ne sont pas sans évoquer dans leur aspect et leur cynisme ceux de GTA, le jeu vidéo culte de toute une génération. Le duo formé par Roy et Mac peut aussi faire référence aux séries ou films comme Deux flics à Miami, l’Arme fatale, voire Starsky et Hutch version ripoux. Bref, on sent bien que Nick Spencer et Steve Lieber ont bien digéré les références du monde qui les entoure et s’en sont nourris pour livrer un récit parodique fort bien ciselé.

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Ce premier volume plante le décor : l’histoire se passe inévitablement à Los Angeles, cité du cinéma et de toutes les perversions et les personnages principaux sont donc Roy et Mac, deux flics ripoux. Le récit se place du point de vue de Roy dont la voix off rythme l’histoire et évoque son propre parcours. Admirateur des gangsters dans sa jeunesse, Roy a vécu une prise d’otage étant jeune. Il a vite compris que, pour contourner la loi, il valait mieux finalement être officiellement de son côté montrant ainsi que les plus pourris ne sont pas forcément là où on les attend et qu’il vaut mieux se draper dans les oripeaux de la loi pour perpétrer ses méfaits. On peut ainsi dévaliser une maison de retraite avec un masque et revenir procéder à l’enquête muni de son insigne sans ciller et narguer les témoins du braquage.

The Fix est pour Spencer et Lieber l’occasion de dénoncer la société contemporaine dans laquelle nous évoluons. Qu’est-ce qui distingue un flic ripou d’un directeur de maison de retraite qui se fait du fric sur des pensionnaires dont il ne s’occupe pas ? Que vaut un producteur de cinéma obsédé par la coke et le sexe, qui promet la célébrité et la fortune à des mecs désespérés tout en les arnaquant ? Spencer montre notamment les nombreux changements induits par la puissance d’internet et des réseaux sociaux qui ont transformé la société toute entière. Même les braqueurs lambda sont totalement dépassés par les cybercriminels. Le culte de l’apparence a envahi toutes les strates de la société y compris les plus grands psychopathes qui, en public, se montrent attentifs aux questions environnementales tout en arrosant leurs victimes d’essence par ailleurs.

Le cynisme de Roy va jusqu’à faire accuser un innocent pour pouvoir lui piquer son boulot. La cupidité de Roy lui fait oublier toute notion d’humanité et le pousse à sacrifier un bon père de famille qui aide des œuvres caritatives. Mais Spencer nous interroge directement : les gens les plus sympathiques et vertueux en apparence sont-ils finalement si parfaits ? Le besoin irrépressible de se présenter comme quelqu’un de bien cache-t-il toujours une part de noirceur ?  On n’échappe pas non plus à la dénonciation du monde du show business composé de junkies déboussolés et de stars qui mènent une double vie pour éviter de décevoir un public formaté.

the-fix_1_2Le monde dépeint par Spencer et Lieber est triste et sans grand espoir. Il y a pourtant un vrai héros dans cette histoire : Bretzel, mais ce héros est un chien. C’est le seul exemple de droiture de toute la bande. Il ne supporte pas les malfrats et il est réputé incorruptible, c’est pourquoi sa vie est en danger. Spencer va donc organiser une rencontre improbable mais réussie entre Mac et Bretzel. Ce duo inattendu devient un des points forts du titre, Mac et Bretzel tentant de s’apprivoiser l’un l’autre au grand dam de la femme de Mac, un personnage tout aussi égoïste et détestable que les autres. L’attention du lecteur se détourne quelque peu de Roy qui est tout aussi horripilant qu’au début du récit.

Graphiquement, Steve Lieber présente un style relativement simple en apparence avec peu de décors, son attention se concentrant sur l’action et l’émotion exprimée par les personnages. il parsème son récit de petites touches d’humour qu’il faut chercher un peu partout dans les cases. Le récit alterne les pages denses en texte et en action et des cases muettes qui mettent en valeur l’action.

Alors, convaincus ?

The Fix est un titre provocateur qui ne laissera pas indifférent. On peut le détester dès les premières lignes et le trouver grossier, outrancier et de mauvais goût ou au contraire se régaler devant cette parodie qui met le doigt où ça fait mal avec un humour corrosif et une critique sociale bien sentie. Le rythme est soutenu et on a hâte de savoir comment le duo Mac / Bretzel va fonctionner.

La review du tome 2 est à lire sur Top Comics.

Sonia D.

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