[review] Rumble #3 Chair Immortelle

Rumble présente un univers assez atypique qui mélange les codes des séries horrifiques avec un humour détonnant. Après deux tomes remplis de quête intensive et de combats épiques, voici l’ultime volet de ce récit dantesque.

Un résumé pour la route

Rumble_3_1Rumble est un titre scénarisé par John Arcudi et dessiné par James Harren. La couleur est confiée à Dave Stewart. Aux Etats-Unis, la série sort chez Image Comics. Ce volume sorti chez Glénat Comics en 2019 reprend les numéros #11 à 15.

Bobby est désormais face à sa mère sortie du coma de manière inexplicable. Ce retour à la vie aussi brutal qu’inespéré bouleverse profondément le jeune homme et lui redonne espoir. Pendant ce temps, le dieu Rathraq, enfermé dans son corps d’épouvantail, a enfin retrouvé son véritable corps mais, il y a un problème : il est habité par quelqu’un d’autre qui n’a pas l’intention de le lui rendre. Bien au contraire, voilà Rathraq confronté à un véritable dilemme : va-t-il devoir lutter contre son enveloppe corporelle au risque de la détruire et de ne jamais retrouver son aspect d’origine ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Rumble_3_3Ce volume marquant la fin de la série est donc sensé apporter plusieurs réponses attendues et développer certaines intrigues. Le retour de la mère de Bobby ne sera hélas qu’éphémère puisqu’elle meurt aussitôt après avoir discuté avec son fils. Cette scène est assez terrible puisqu’on voit Bobby passer d’un état de joie intense d’avoir retrouvé celle qu’il aime tant à un désespoir profond de la perdre à nouveau. Le lecteur ayant déjà connu l’expérience du deuil se retrouvera sans peine dans les états d’âme du jeune homme : détresse, incompréhension, colère, John Arcudi a très bien dépeint l’état dans lequel se trouve un individu endeuillé. Par contre, j’ai eu le sentiment que les actions de Timah et leurs conséquences n’ont pas été explorées jusqu’au bout malgré le potentiel que cette partie de l’histoire recelait. Arcudi donne une piste sans la creuser réellement, peut-être parce qu’il fallait conclure son récit.

L’histoire se concentre, en effet, sur l’opposition entre Rathraq et Asura, deux entités aussi fières l’une que l’autre qui se complaisent dans des haines ancestrales recuites et alimentées par le démon Cogan, manipulateur de génie qui finit toutefois par se laisser dépasser par ses propres manigances. Comme dans tous les conflits impliquant des entités mystiques, les renversements d’alliance sont légion et on ne sait plus toujours qui tire les ficelles. Le combat principal oppose Rathraq et Asura qui sont finalement deux faces d’un même personnage, deux guerriers farouches, deux êtres surpuissants dont la seule faiblesse semble être leur amour pour leur animal domestique, le chien pour Rathraq et l’hydre – appelée Lerna en toute logique – pour Asura. Ces familiers sont pour les deux entités, les seuls êtres vraiment dignes de confiance face à des démons sournois comme Cogan ou ivres de puissance. J’ai beaucoup aimé cet aspect des deux antagonistes qui, malgré leur surpuissance et leur capacité à massacrer tout ce qui bouge, restent fragiles lorsqu’on touche à leur compagnon.

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Les combats épiques donnent à voir un bestiaire mystique et démoniaque particulièrement développé avec des démons de feu ou des créatures surprenantes, les Esu, qui, là encore auraient mérité un peu plus d’attention.Ces créatures jouent un rôle essentiel mais elles sont finalement assez peu exploitées et c’est un peu dommage.

Graphiquement, ce troisième tome conserve toutes les qualités des précédents y compris sur le plan graphique. James Harren puise ses inspirations dans des sources très diverses comme la mythologie hindou avec ses dieux singes et ses personnages aux bars multiples. L’hydre Lerna est une référence on ne peut plus clair à l’un des sept travaux d’Hercule tandis que certains dessins rappellent des décors aztèques ou incas. On retrouve toujours des similitudes avec le mythe juif du Golem, même si, là encore, cette référence aurait mérité d’être creusée davantage. Le trait d’Harren est vif et l’aspect de certains personnages m’a fait penser au Tony Chu de Rob Guillory et ses monstres sont très réussis tout comme ses scènes de mouvement et de combats.

Alors, convaincus ?

Le dernier tome de Rumble qui clôt cette série plutôt atypique a de réelles qualités : une histoire plutôt captivante et un univers original et très bien restitué sur le plan graphique. L’humour est présent sans exagération et les personnages sont attachants. Le seul problème est que le récit est un peu vite expédié. Beaucoup d’intrigues sont ajoutées, des petites choses sur lesquelles on aurait bien aimé que l’auteur s’attarde. La fin, un peu abrupte, n’est pas illogique mais peut être un peu frustrante. Pour ma part, j’aurais préféré que l’histoire prenne un peu plus son temps. L’édition est soignée avec une multitude de couvertures variantes regroupant des artistes de premier plan aussi divers que Richard Corben ou Skottie Young et un sketchbook commenté.

Sonia D.

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