[review] Captain America: Sam Wilson tome 4

Après les volumes 1, 2, 3, je continue mon marathon Captain America qui me mène vers Secret Empire par le dernier tome de la fantastique série Captain America : Sam Wilson publiée par Panini en mars.

Un résumé pour la route

Sam_Wilson_4_1Nick Spencer (All-New Avengers, The Fix) est l’unique scénariste de cette série mais il pilote également la série parallèle Steve Rogers. Les dessinateurs sont assez nombreux : Paul Renaud (Uncanny X-Men, Black Panther), Daniel Acuña (Uncanny Avengers, Black Widow), Angel Unzueta (The Flash, Titans) et Sean Izaakes (Champions) et Joe Bennett (La résurrection du Phénix, Nightwing). Ce volume rassemble les épisodes 19-24 de Captain America : Sam Wilson publié aux États-Unis par Marvel en 2017 et en France par Panini Comics en mars 2019.

Sam Wilson, le Faucon, est sidekick de Steve Rogers qui l’a choisi comme le nouveau Captain America après son vieillissement rapide. Mais Sam ne lutte pas seul car il est accompagné par Misty Knight, D-Man et Joaquim Torres, un nouveau Faucon. Cependant, ce symbole fait violemment polémique de la part des conservateurs de droite mais aussi pour sa communauté qui le trouve trop tendre avec les injustices. Rage, un super-héros plus radical s’est d’ailleurs vertement expliqué avec Sam. Par confusion, Rage est arrêté par une milice privée les Americops et Sam pour l’aider vient de diffuser l’image de son tabassage par cette milice.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Sam est de plus en plus amer car malgré la diffusion de la vidéo, Rage est condamné. Même en prison, le débat se poursuit entre ces deux représentants des Afro-Américains – on peut penser aux différences entre Martin Luther King et Malcolm X. Rage refuse toute aide et soutient l’émeute pour faire réagir le monde.

La vérité est le problème essentiel de ce volume. Sam pensait que le citoyen peut la trouver si on lui montre mais il comprend que « le truc avec la vérité c’est que chacun a la sienne. » Les éditorialistes néo-conservateurs transforment la vérité et élaborent des fake news. Le héros a espéré que la justice trouve la vérité mais dans le premier épisode, Sam décrit les errements de la justice – le juge a une réputation sévère mais cela signifie qu’il condamne plus souvent uniquement pour sa réputation ; le jury est à majorité blanc contrairement à la population ; le procureur est hargneux pour plaire aux médias ; l’avocat commis d’office est dépassé. Déçu, Sam mène l’enquête et prouve par son succès qu’un héros isolé peut agir… mais c’est trop tard. Dans ces procès médiatiques, la justice est un spectacle car de la Maison blanche aux habitants des ghettos tout le monde suit l’énoncé de la sentence. On voit alors l’impact d’une injustice – un jeune incendie une banque et une émeute naît. Spencer se place clairement du côté des révoltés car une manifestation pacifique – malgré quelques débordements – est réprimée par le gaz.

La situation de Rage est un moyen pour Spencer d’évoquer la situation des prisons privatisées. Dans cette prison spécialement conçue pour super-humains, le jeune ado se trouve menacé par les vilains et la milice privée. L’inéluctable arrive avec le tabassage de Rage. Sam craque à l’hôpital et pleure. J’adore ce héros qui devient si fragile.  La justice et la vérité ne s’imposant pas, le ton devient très amer. Sam n’y croit plus mais il doit tout de même parler en public pour empêcher l’émeute. Il ment aux autres et se renie pour la concorde publique. Ce dernier volume est le récit de l’échec d’un rêve. Il ne reste à Sam plus que sa foi. Loin de prêcher la soumission, son frère pasteur prêche devant ses fidèles pour la solidarité de la résistance – il parle de la colère juste incarnée par Rage  contre laquelle on a voulu le faire tomber.

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L’action n’est pas centrale dans cette série mais, par d’assez longues parties en voix off de Sam ou son frère, le lecteur pénètre l’esprit et les tourments du héros. C’est le cas dans l’épisode 21 où les cases sont doublées de la lettre de démission de Sam – par le texte et l’image récapitule toute sa courte vie. On peut trouver que Sam se plaint parfois trop en voix off mais c’est aussi un touchant moyen pour le lecteur de revoir les images de chaque moment marquant du run. Sam décide de rester fidèle à son idéal et diffuse par internet un message de colère avec une pointe d’espoir à la fin. Il abandonne le costume et donc le symbole trop lourd pour se retrouver et agir librement. Cet acte inspire le jeune qui renonce à son maquillage de Rage pour créer un uniforme inspiré de Sam – The Patriot.

Ce récit se situe avant et pendant Secret Empire. On commence par contradiction à voir le vrai visage intransigeant de Steve Rogers. Il élimine un allié car il s’est enrichi par des spéculations immobilières dans les quartiers nettoyés par les Americops. Rogers utilise ces policiers et montre ainsi l’aspect totalitaire de cette milice. J’ai cependant eu l’impression de manquer des épisodes sur ces nouveaux Avengers avec le crossover.

A partir de l’épisode 22, on découvre les actions de Sam après l’attaque de l’Hydra – il vivait dans un désert avec les oiseaux. C’est en retrouvant la société humaine dans une petite ville qu’il découvre l’ampleur de la dictature. Un comité d’observation de l’Hydra enregistre et enferme tous les gens différents : mutants, personnes avec un superpouvoir, inhumains… La page montrant le visage de toutes les victimes m’a émue. Certains habitants s’accommodent très vite du nouveau régime et oublient très vite la disparition des libertés – le cuisinier d’un relais routier et un client sont favorables au changement pour la sécurité et l’emploi. Une injustice va de nouveau réveiller Sam. Il sauve la gamine inhumaine et reprend la charge de héros en créant une filière de fuite vers le Canada – comme dans l’Europe de la Seconde Guerre mondiale ou les États-Unis dans le roman Le maître du haut château de Philip K. Dick. Sam pense que la guerre est finie et préfère sauver les victimes que se battre pour rien. Pour réussir à organiser sa filière, il marchande avec l’Homme-taupe pour traverser son territoire. Cela donne lieu à une pointe d’humour car il paie en bijoux, en souvenirs sportifs… et en DVD de séries. Le roi des mondes souterrains est énervé qu’Hydra ait fait arrêter Fargo et il épargne Sam et ses compagnons car il a aimé The Leftovers.

Sa relation amoureuse avec Misty est bien construite. Il n’est pas le héros qui conquiert la sidekick mais il est à égalité. Il a même peur de la réaction de Misty quand il abandonne son titre. Mais redevenant un héros, il s’est remis avec elle. Par fatalisme, Sam pense que les États-Unis sont trop pourris pour mériter un héros national. Misty au contraire estime que le pays a encore plus besoin d’un symbole face au traître Steve. C’est le jeune Patriot qui va convaincre Sam. Il lui dit que sa vidéo est la cause de son engagement. Il préférait Rage car il agissait sans s’occuper de ce que disent les autres alors que Sam était obnubilé par son image, par l’image que les autres ont de Cap et donc des États-Unis. Le gamin lui explique que chacun plaque son rêve sur les États-Unis et donc le symbole n’est pas unique, exactement comme la société.

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Les artistes illustrent avec talent le récit de Spencer mais c’est vraiment dommage qu’ils soient si nombreux. On retrouve un style commun avec des couleurs chaudes dans des aplats souvent unies. Les formes sont souvent réalistes mais plus épurées. Presque tous les dessinateurs sont aussi leurs encreurs. Paul Renaud fait même la couleur.

Alors, convaincus ?

Ce volume est la suite des arcs précédents. J’adore le personnage de Sam – héros par sa tendresse, sa compassion et son refus de l’injustice. Même à terre, il se relève et c’est une belle leçon. Bien qu’il ne soit pas aisé de l’aborder seul, Spencer étant le scénariste unique de tout cette bulle, il contrôle entièrement son récit et c’est assez fantastique.

Thomas S.

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