[review] Infamous Iron Man 2

Attiré par le dessinateur Alex Maleev, dont j’aime le style brut, je me suis procuré ces aventures d’un docteur Fatalis cherchant à se racheter.

Un résumé pour la route

Infamous_Iron_Man_1Ces six épisodes sont scénarisés par Brian M. Bendis (Daredevil, Ultimate Spider-Man) et dessinés par Alex Maleev (Daredevil, Moon Knight) alors que les couleurs sont de Matt Hollingsworth. J’ai apprécié la stabilité de l’équipe créative pour une fois par rapport aux autres séries Marvel. Ces épisodes 7 à12 d’Infamous Iron Man sont sortis en 2016 chez Marvel et en mai 2019 chez Panini.

Infamous Iron Man marque un changement radical pour le docteur Fatalis. Ennemi juré des 4 Fantastiques, il a été métamorphosé par Reed Richards à la fin du crossover Secret Wars. Il est devenu un homme posé. Admirant Iron Man, supposé mort, il décide de le remplacer mais, entre l’idée et la réalité, il y a une grande différence. Dans les épisodes précédents, Fatalis a poursuivi ses anciens alliés mais il est lui-même chassé par le S.H.I.E.L.D., doit s’opposer à plusieurs reprises à Ben Grimm et se retrouve même face à sa mère Cynthia von Fatalis supposée morte.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Cette série fait partie de la volonté de Marvel de renouveler profondément ses personnages comme Thor et Captain America. Les femmes sont très présentes par sa mère, Sharon Carter, Maria Hill du S.H.I.E.L.D., Riri Williams proche de Tony Stark est devenue Ironheart. Les super criminels se réunissent après les attaques de Victor. Ils se sentent démunis car Fatalis possède sa technologie, celle de Stark, la magie noire et, en plus, il connaît leurs secrets. Hood veut en profiter pour les unir mais le nouvel Iron Man les devance par une attaque surprise. Victor veut repartir à zéro. De nombreux personnages n’arrivent pas à croire que le changement soit possible ou souhaitable. Après l’attaque du groupe d’ennemis, le Démolisseur croit que Victor reste impitoyable mais il les a tous épargnés. Bons ou méchant, chacun est surpris des réactions de Victor. Il fait ce qu’on lui dit – il enlève son masque, demande à être frappé, se laisse même arrêter par le S.H.I.E.L.D… Il tombe dans le coma pour être projeté dans une base futuriste où Tony Stark est le Sorcier suprême. A nouveau, une personne prévient Victor de ne plus être Iron Man. Globalement, Bendis refuse d’opposer science, foi, magie, religion mais tout fonctionne ensemble chez Fatalis ou Iron Man. Même si l’idée de départ était intéressante, j’ai cependant trouvé Victor fade pour un tel enjeu – racheter des années de mauvaises actions – comparé par exemple au Docteur Octopus par Dan Slott. Cette série montre une inversion des codes moraux. La mère a abandonné Victor. Plus loin, Reed puis Sharon Carter demandent à Ben – qui travaille au S.H.I.E.L.D. – de tuer Victor.

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Toute l’action se passe autour de confrontations – Ironheart et Victor, Ben et Reed, Victor et Tony, Victor et sa mère… J’ai eu l’impression de lire un feuilleton télévisé avec beaucoup de dialogues qui ralentissent l’action. Victor attend sans le prévenir Ben Grimm chez lui pour discuter. Il avoue que les Richards lui manquent. Leur seul lien vient d’un deuil commun. Ben et Reed Richard discutent de leurs souvenirs de l’université que La Chose partage ensuite avec Victor. Pour les Quatre Fantastiques restants et pour Fatalis, l’héritage questionne. Victor refuse celui de sa mère et préfère endosser celui d’Iron Man. L’héritage suppose une transmission. Dans un flashback, Cynthia von Fatalis demande à son fils de l’aide et lui transmet sa magie. Mais cet héritage suppose de verser le sang et le jeune Victor n’a pu le faire. Il apparaît ensuite comme le sage – ou un vieux con – qui veut transmettre le conseil à Riri de reprendre ses études.

Comme dans Damnation, on comprend cependant que tout est mensonge. Alors que je m’attendais à une série de science-fiction, on se retrouve encore progressivement dans la magie avec la découverte de l’ennemi principal. J’ai été assez déçu par le combat final avec des dialogues faisant référence à Nabila et Kill Bill volume 2.

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Comme Rod Reis dans Damnation, De la Torre dans Shadowman et surtout Bill Sienkiewicz, j’adore le style brut de dessinateur d’Alex Maleev. Le dessin est moins composite que dans Daredevil qui intégrait des effets très variés de matière. Ici, son style est plus simple et classique. J’ai bien aimé sa manière de représenter Riri dans son armure – comme le film Iron Man, son visage dans le noir est entouré d’écrans rose dont les pixels se voient. Elle est saturée d’informations. Dans chaque case, j’ai apprécié les décors épurés – un monde mystique baroque ou une chambre gothique – et les couleurs justes. Les scènes du combat final sont très belles. Cependant, la matière épaisse de son dessin proche de la peinture à l’huile n’est pas adaptée pour les matières métalliques. L’armure de Victor fait boîte de conserve. Les visages et les corps manquent de relief.

Alors, convaincus ?

Même si ce n’est pas ma série préférée chez Marvel actuellement, Infamous Iron Man est un récit distrayant sur un méchant qui endosse un nouveau rôle. On peut simplement regretter que Bendis ne fasse pas confiance à l’image et se sente obligé de tout expliquer par le texte alors que le dessin de Maleev est très expressif.

Thomas S.

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