[review] Doctor Strange Legacy tome 2

Pécheurs, repentez-vous à nouveau ! Avec ce deuxième tome de Damnation, je continue ma descente dans l’enfer de Vegas. Cela correspond aussi au second de la relance du Doctor Strange par Donny Cates .

Un résumé pour la route

Doctor_Strange_1Donny Cates (Babyteeth, Redneck) reste au scénario de la série pour ses derniers épisodes. Niko Henrichon (Barnum !, Méta-Baron) est au dessin puis Frazer Irving (All-New Thor, Iron Man) aux dessins et la colorisation ce qui semble être de plus en plus le cas. Ce volume rassemble les épisodes 386 à 390 de Doctor Strange publiés aux États-Unis par Marvel et en France en avril 2019 par Panini Comics.

Strange, vexé d’avoir perdu son titre de sorcier suprême à la place de Loki, a utilisé tous les moyens possibles pour retrouver son titre. Une fois cela fait, il se sent fautif. Il a cherché à se rattraper en ramenant Las Vegas avant sa destruction pendant Secret Empire. Mais cela a aussi fait venir le roi des enfers. Tout semble aller de plus en plus mal pour Stephen Strange.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Comme je viens de le dire, cela ne va pas fort pour le magicien. Même son chien fantôme, Babs, le méprise : « on t’a jamais dit que tu pouvais être obtus, nébuleux et sinistre. » Cates nous présente la vie quotidienne d’un homme en crise. Il se teint les cheveux « pour être présentable » mais surtout pour cacher son âge. Le premier épisode est un récit en voix off par Strange. Il voulait se racheter de ses erreurs récentes mais admet avoir empiré la situation. Cependant, il a honte et pour lecteur qui a lu Damnation I, on sait qu’il élude en partie de ses erreurs. Stephen arbore un visage triste assez pitoyable qui contraste avec Méphisto sûr de sa victoire. Dans l’épisode suivant, le sorcier gît sur le sol en pierre d’un cachot, Stephen est incapable de bouger, pleurant de sa solitude. Il a un sursaut après un message de Wong puis grâce au retour de Cléa. On pense que ce volume va marquer la reconstruction d’un héros mais c’est en fait bien plus triste.

Ce volume est la suite directe de la première partie de Legacy. Comme son nom l’indique, l’objectif était de faire revenir plusieurs héros à leurs origines ce qui me semble le cas de Strange par plusieurs aspects – l’arrogance du médecin, d’anciens ennemis majeurs et même Las Vegas reviennent. Le troisième épisode le prouve car Babs et Strange voyagent dans différentes dimensions mystiques – cela m’a fait penser au run plus ancien de Stan Lee et Steve Ditko. Ils font face à Shuma-Gorath puis Dormammu et croisent Cauchemar. Cette guerre entre ces princes des enfers dans une Nécro-dimension est un moyen d’expliquer le retour des ennemis classiques du sorcier. Mais cette série joue aussi beaucoup plus l’humour contrairement à Black Magick par exemple comme si Cates ne croyait pas à la magie. Méphisto se moque en créant une fausse incantation : « par les points velus de Justin. » L’arrivée de la Sorcière rouge et de Loki n’est pas au goût de Stephen qui est encore en colère contre l’Asgardien mais Wanda sait les mettre au pas : « quand vous aurez fini de comparer vos baguettes, on pourra peut-être y aller. » Cet humour a parfois été compliqué à traduire : hit me devient frappe-moi mais le double-sens en anglais est perdu – donne-moi une carte et tape-moi.

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Ce volume est aussi en lien avec le premier tome de Damnation. Ce n’est pas une suite – tout le récit principal est contenu dans le premier volume – mais ce sont les différentes étapes du crossover vues du côté de Strange. Ces épisodes enrichissent le premier récit sans l’alourdir d’événements inutiles. Dans le premier épisode, le lecteur découvre les quelques minutes précédant l’action de Strange à Las Vegas puis des doubles pages très utiles pour ceux qui n’ont pas lu le premier volume expliquent ce qui s’est passé. On découvre aussi le déroulement précis de la partie de carte entre Stephen et Méphisto. Les deux vont trop loin mais Stephen pense bien faire. Il s’est lancé alors qu’il ne sait pas jouer au Black Jack Soulfire. Il a triché et la carte le dit à toute l’assistance. On sait donc qui a brisé les jambes de Stephen, pourquoi puis comment il a retrouvé les âmes des Avengers. On voit la damnation du côté de Strange qui ne sait pas qu’il est possédé. Après Strange, c’est Babs qui est le narrateur de l’épisode trois car on suit le corps de Stephen que Babs possède. On retrouve le lien entre l’argent et le péché du premier volume car Méphisto a coincé toutes les âmes dans une pièce où les damnés sont condamnés à jouer leur âme mais à perdre éternellement. Le scénariste insère des éléments du crossover tout en poursuivant son récit global de reconstruction des classiques de Strange. C’est bien vu même si je ne partage pas sa vision du sorcier de Marvel. Le dernier épisode de ce volume est aussi celui du départ de Cates qui est symbolisé par l’abandon du cabinet de vétérinaire de Strange.

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J’aime beaucoup le dessin très original de Niko Henrichon. On dirait presque un comics underground. Le dessin final est volontairement inachevé, un peu sale car Henrichon a laissé les traits des esquisses après l’encrage. La colorisation est aussi simple sans effet numérique et avec peu de nuances. Tout cela donne un effet de crayon sur le style que j’aime beaucoup. Le dessinateur donne une version plus animale de Méphisto que Reiss et son trait vif permet une lecture rapide. Une double-page dans le monde nécrotique m’a paru être un hommage aux premières aventures de Bachalo dans Doctor Strange. Dans l’épisode 390, Frazer Irving arrive avec un style radicalement différent mais toujours très intéressant. L’aspect est plus artificiel, plus numérique avec de grands aplats ou de grandes zones de matière. Il organise un contraste très réussi entre un décor vide, neutre et des visages très réalistes. Je trouve que Panini soigne de plus en plus cette collection car on n’a plus seulement les épisodes mais une introduction soignée sur l’origine de Strange et en quoi cela influe sur le scénario actuel, une postface du scénariste qui explique la genèse du premier run et des essais de Rod Reis pour des personnages et des couvertures. Comme toujours, les chapitre sont séparés par les couvertures – ici de Mike Del Mundo.

Alors, convaincus ?

J’ai passé un moment très agréable à cette lecture de ce deuxième tome qui m’a permis de mieux comprendre le crossover Damnation mais je trouve aussi très bien vu de permettre de lire ce volume sans nécessaire suivre tout le crossover. Au fil des pages, on navigue donc entre retour à la version classique du sorcier avant All-New et l’intégration des apports d’Aaron. Même si j’ai passé un bon moment à la lecture du run de Donny Cates, au final, je trouve qu’il n’a pas vraiment su où il voulait aller – à part redonner sa puissance à Strange et créer un sympathique chien fantôme.

Thomas S.

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